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28 août 2019 / avec1o

Actualités artistiques de la rentrée

Bonjour à tous,
Bientôt la rentrée et déjà quelques dates de calées. La première, très prochaine, est l’arts est aux Nefs le week-end des 7 et 8 septembrehttps://www.facebook.com/areonef/. Je présenterai des dessins voyageurs de Madagascar et de Cuba, des planches de Nantes et un projet artistique avec Paul Lyonnaz (www.paullyonnaz.fr) et quelques carnets de voyage à feuilleter.
 
Puis week-end du 11 novembre et atelier carnet de voyage au muséum d’histoire naturelle dans le cadre du festival Nature Nomade. https://naturenomade.fr
Enfin, avec Paul toujours, nous nous produirons à la Tranche s/ Mer le 7 décembre 2019 en duo piano / dessin vidéo projeté.
Espérant vous voir bientôt,
Artistiquement vôtre !
6 mars 2019 / avec1o

Actualité artistique de mars

Une exposition au Bignon dimanche 10 mars 2019, de 10 h à 18h, rue du stade, vous permettra de découvrir tableaux de Madagascar et de Cuba inédits, en plus de mes aquarelles nantaises.

Et puis, le 21 mars, concert de saxophonistes à la salle Vallon de Mauves sur Loire, d’après l’oeuvre originale de Pol qui m’offre la chance d’illustrer en live son univers fantastique de l’île Espère. Plus d’information via le lien https://www.facebook.com/loretteavec1o/notifications/?section=activity_feed&subsection=mention&ref=notif&target_story=S%3A_I578046752220158%3AVK%3A2528587027166111

A très très bientôt

14 octobre 2018 / avec1o

Actualité artistique de l’automne 2018

Dans l’ordre:
– du 26 octobre au 20 novembre, exposition dans le cabinet des curiosités de la géothèque de Nantes de mes carnets et notamment de celui de Madagascar, en exclusivité
– le 26 à 18h30, à la géothèque, « vernissage » et « racontage » de mes carnets autour d’un verre
– le 1er et le 2 novembre, ouverture d’atelier, chez moi (en vue des cadeaux de Noël!), à partir de 18h le 1er, de 14h le 2
– le 11 novembre, dans le cadre du festival Nature Nomade, atelier de carnet de voyage au sein du muséum d’histoire naturelle de Nantes (https://www.facebook.com/events/2240672479500858/)

Allez, n’hésitez plus, vous n’avez que l’embarras… Je vous dis à bientôt à l’occasion de l’une ou l’autre de ces manifestations!

Au plaisir!!

2 avril 2018 / avec1o

Et pour finir…

Malheureusement et c’est la conclusion, après nous avoir annoncé initialement qu’on partirait en retard, le train pour Manakara du 2 décembre 2017 est tout simplement annulé. Je n’attendrai pas le prochain, je n’en ai pas les moyens temporels. Ce trajet restera une belle idée. Une autre fois peut-être…

30 mars 2018 / avec1o

La Micheline de chez Michelin

Micheline

Alors, banc déplacé et là, concentration pour ne pas l’abîmer, elle est tellement jolie. Je la découvre lors de la visite des ateliers pleins de wagons, dont celui qui doit nous emmener à Manakara demain, et d’autres encore en cours de rénovation ou de réparation. Et puis, il y LA Micheline, créée par Michelin. Elle date de la colonisation. 19 places, un bar sur la gauche lorsqu’on entre, des toilettes, des fauteuils en rotin avec des coussins pleins de dentelle, la cabine du conducteur au fond, derrière une cloison de bois, de vitres et de petits rideaux… C’est une coque d’avion qui constitue la structure et qui en assure la légèreté, le système est pneumatique, et surtout elle fonctionne encore (pour des voyages de noce ou encore lors de locations privatives autres). Il en existe 3 dans le monde (une à Tana, une à Paris et une à Fianarantsoa) mais c’est la seule peinte en bleu. La couleur avait été choisie à l’issue d’un concours. Quelle chance incroyable encore une fois d’être ici… C’est vendredi, il y a moins de monde, j’ai toute liberté de mouvement et de dessin et j’en profite. Posée sur mon banc au soleil, on m’apporte un chapeau de paille contre l’insolation. Difficile accommodation des yeux : soleil extérieur versus obscurité du lieu. Les ouvriers sont un peu plus distraits, je suis dans le passage, ils s’arrêtent plus souvent, ce qui leur vaut quelques remontrances. La pluie aura raison de moi, et après avoir cru pouvoir passer entre les gouttes, il faut se rendre à l’évidence, c’est la fin pour aujourd’hui. Je vais saluer tout le monde, chercher en vain Denis, sans qui rien de tout ça n’aurait eu lieu, et donner rendez-vous pour le lendemain. Merci les gars, merci Monsieur le Directeur ! Une très très belle journée de travail (…).

29 mars 2018 / avec1o

La loco Rouge

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Un malgache (Denis, je l’apprendrai plus tard) demande à voir les aquarelles réalisées du matin. Approbation. Ouf ! Je le questionne sur la loco rouge. J’aimerais la dessiner. A priori, elle est en repos cet après-midi, elle a presque fini sa journée et va aller se garer aux entrepôts. Il m’invite à y venir la dessiner. Il ne faut pas me le dire deux fois : sans plus réfléchir, j’accepte. D’autant qu’il fait beau alors je fonce. Après avoir eu peur d’avoir mal compris parce que tout le monde restait à quai, je suis finalement invitée à monter dans la loco. On attendait juste le chauffeur. Ca sent le fuel, ça sent l’homme qui a eu chaud, et ça sent terriblement le privilège de côtoyer ce quotidien des ouvriers de la FCE (encore différent des CFM, les Chemins de Fer Malgaches). La locomotive en question est uniquement de chantier, je réalise ma chance d’être installée dedans, même pour la très courte distance qui nous sépare des ateliers. Pour la croquer je m’assois au pied d’un wagon / bureau d’où sortira le directeur des ateliers. On vient me voir de temps en temps mais globalement, c’est archi tranquille et le soleil brille encore. Le directeur m’a bien demandé un dessin pour eux, mais je me ferais bien la micheline (…).

28 mars 2018 / avec1o

Le container réhabilité  

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Juste un peu plus loin ce container. Lui aussi est vert, lui aussi est rouillé, le métal souffre de l’ambiance chaude et humide qui règne en terre malgache. Je tourne autour, mon but étant d’essayer de choisir mon angle d’attaque. Trouvé ! Je mets bien un peu les pieds dans l’eau boueuse mais finis par poser une fesse au sec pour me mettre au travail. Pas grand monde autour, j’avance bien. Juste un gars, derrière moi, qui assure la garde. On me regarde de loin, on vient de temps en temps vérifier mon avancement. J’apprends d’après un employé que ce container, récemment transformé, servira à l’avenir de bureaux. Il va être lui aussi mis à quai et rejoindra le wagon de 1952. Soit… Fin de dessin et je convoite toujours la locomotive, d’autant qu’elle a refait son apparition. (…)

27 mars 2018 / avec1o

Le wagon de 1952

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Je m’installe et débute un croquis d’un vieux wagon vert et d’une loco rouge. En plus d’être rouge, la loco bouge, mauvaise idée. Je me concentre donc sur le wagon. Il sera sous forme de losange et aquarellé, entre la rouille et le vert de la voiture, la couleur s’impose. On me dit que c’est le premier wagon de voyageurs de la FCE. Il date de 1952. C’est un trophée en fait (ou peut être un musée ??)! Une sorte de wagon d’exposition en gros. Tandis que je croque, sans grande agitation autour de moi, une répétition tout à fait improbable de musique classique au loin se fait entendre. Quel contraste avec les sons ferroviaires de la loco rouge qui n’en finit pas d’aller et venir, déplaçant les wagons au gré de besoins que je ne comprends pas. Le drapeau malagasy flotte et des maisons dominent l’esplanade zébrée de rails. Fin de croquis, l’endroit est hyper agréable pour travailler, alors, je continue. (…)

26 mars 2018 / avec1o

Histoires de train

C’est demain le grand jour. J’adore le train, j’adore les trains. Des mois que j’entends parler de celui de la FCE (Fianarantsoa Côte Est) qui relie Fianarantsoa à Manakara : 17 arrêts, des paysages somptueux qui se déclinent entre les hauts plateaux et le bord de mer, des aplombs à couper le souffle, un voyage à ne manquer sous aucun prétexte ! Alors allons y ! Mais à peine ai-je mis les pieds sur terre malagasy que j’apprends que le dit train est – encore – en panne. Mazette ! Qu’à cela ne tienne, je suis grande princesse et je ferai boucle inverse pour lui laisser le temps de se refaire la cerise.

Alors, à mon retour de la côte ouest, à peine les tongs posées à Fianarantsoa, je m’inquiète de l’état de santé dudit mythique train. On est lundi, il me reste à peine trois semaines sur l’île rouge et déjà je compte les jours qui me séparent de mon retour. A Fianarantsoa, les locaux s’inquiètent aussi car la saison des litchis a démarré et c’est par le train qu’ils sont acheminés sur la côte. Réel enjeu économique local, bien avant d’être une attraction touristique. Pas de départ en milieu de semaine, mais ma logeuse est confiante, compte tenu de la pression agricole, le train devrait partir samedi. Je ne demande qu’à la croire et m’accroche à ses paroles.

Je vais passer la semaine à explorer la beauté des alentours de Fianarantsoa et mon vendredi sera consacré à croquer la gare et ses occupants mécaniques. J’ai décidé de démarrer mon reportage dessin ! J’ai eu confirmation ce matin que le train partait, et maintenant que je le sais, je passe au guichet réserver mon ticket pour demain. Je demande l’autorisation à la femme au guichet d’aller sur le quai en qualité de dessinatrice. Elle accepte. Il est tôt je veux profiter du soleil du matin avant que le ciel ne se couvre de nuages et qu’il ne pleuve : dessiner en extérieur est une activité contrainte, qui ne supporte que les météos clémentes. (…)

7 mars 2018 / avec1o

L’avenue des baobabs de Morondava

Il va falloir jouer serré, ça va me coûter cher cette histoire, surtout que je veux qu’on m’attende. Au départ j’avais pensé y aller en vélo (c’est à une vingtaine de kilomètres au nord de Morondava), mais d’une je suis bien trop tard, de deux il fait une chaleur à fondre, et de trois je suis trop chargée. Bref, sur l’échelle bénéfice / « risque », ce n’est pas la meilleure option.

Du coup, pas de cyclo pousse (trop loin, trop long, trop fatigant), pas de taxi ni de touk touk (trop cher), pas de taxi brousse (pas les moyens d’attendre). Finalement, je suis confiée au copain d’un gars qui s’était mis en tête de m’aider. J’irai en moto !

On s’arrête à la mairie, puis au marché, pour finalement prendre a direction de l’allée des baobabs. Pendant 5 minutes, j’imagine le pire de ce qui pourrait m’arriver sur cette moto, pieds nus, en débardeur et sans casque. Mais rien ne se passe, sinon que je me chope un superbe coup de soleil sur les trajets. Mon chauffeur échange quelques mots d’un mauvais français avec moi. C’est une surprise pour lui me dit-il, de m’emmener. Je n’étais pas au programme de sa journée. Tu m’étonnes…

Au moins, il est prudent, c’est tout ce que je lui demande.

Angle d’action pour mon dessin, je me pose en partie sur une souche. Quelques enfants autour, hyper respectueux. Un joueur de guitare qui chante en plus de jouer. Un papa qui s’occupe d’un bébé qui pleure beaucoup. Une française en mission qui a du l’interrompre faute de sécurité et qui vient voir ce que je fais. Elle me félicite, presque émue quand je lui dis que je suis en train de réaliser un rêve. Le soleil qui cogne, une chaleur accablante. Une main qui fait à peu près ce que je veux… Ils sont magnifiques ces baobabs, inspirants.

Je serai endolorie à la fin de mon premier dessin, un peu rouge aussi. Après avoir saisi l’allée en couleur, j’en habille un de noir et blanc et le couche sur papier. Il émerge différemment, inordinaire, plein d’a(à)venir et de devenir…

Il est 13h30 et malheureusement mon chauffeur est ponctuel… TROP ponctuel !

16 février 2018 / avec1o

Les huttes de Bekopaka

Bekopaka

Nous sommes arrivés dans l’après-midi à l’issue d’une longue matinée qui avait consisté à achever notre aventure en pirogue, prendre possession de nos 4×4, rejoindre Belo sur Tsiribihina et y déjeuner, puis atteindre Bekopaka où nous allions passer deux nuits. Bekopaka est le point de départ de la visite des si attendues Tsingy (en malagasy « marche sur la pointe des pieds » rapport aux aiguilles qui se sont formées dans le calcaire)!

Le camping est hôtel / restaurant aussi. Tandis que l’habitat est de paille et de chaume dans cette partie de Madagascar, les bungalows de l’hôtel (qui ont beau être rustiques) sont en dur. L’après-midi est contemplative et la troupe fatiguée. La plateforme qui sert de restaurant domine la plaine et offrira un merveilleux panorama de fin de journée.

Dessin des bungalows à la chaleur de l’après-midi. Installation dans les tentes, plan d’action des prochains jours avec les 3 chinois et Andréa.

Le dessin se fait au calme et pourtant au loin, un chant d’oiseau étrange… Le coulou paraît-il ?!

14 février 2018 / avec1o

Bungalow de Anakao

Bungalow Anakao

J’avais négocié un bungalow pour 4 auprès d’Eric du « Longo Vezo ». C’était tellement la basse saison que j’avais réussi à nous dégoter un espace privatisé sur la plage pour une somme plus que modique. Nous avons pris la mer dans un petit bateau à moteur, les bateaux de vezo décoraient la mer de leurs voiles multicolores.

On nous pose à l’opposé du village, tout au bout de la plage. Un malgache nous accueille, bungalow 5 places, face à la mer avec… hamac ! Prise de possession des lieux, j’ai une chambre privée, un lit superposé, un espace privatif… Les chinois sont grégaires, ils dormiront tous les trois dans la chambre principale.

Je suis allée explorer le village, manger du poisson, dessiner un bateau, je suis allée nager dans une eau limpide sous un soleil de plomb, me suis faite masser… Et puis, je l’ai croqué ce bungalow, au soleil, seule, assise dans le sable tandis que la mer jouait son plus paisible morceau de va et vient. Cet endroit est des plus apaisants, et tandis que j’achève mon croquis je rehausse de couleurs le hamac si convoité. J’y dormirai trois nuits, j’aurai les étoiles comme compagnes nocturnes (certaines seront filantes), le vent comme fraîche couverture invisible et le son de la mer comme berceuse…

 

8 février 2018 / avec1o

L’hôpital local de Belo Sur Tsiribihna

Hôpital Belo Sur Tsiribihina

L’épopée « descente de la Tsiribihina en pirogue » s’est achevée dans la matinée, et nous avons rejoint la civilisation en début d’après-midi dans le village de Belo.

Mission numéro 1 : me laver.

Mission numéro 2 : laver mon linge.

Mission numéro 3 : explorer le village pour le dessiner.

Il doit être quelque chose comme 16h, je suis dans les temps avant que le jour ne tombe. Pas de banque ni de wifi, mais de l’eau et un petit dèj achetés. Je me poste devant ce qui doit être l’hôpital local. De 1 à 2 badauds, j’atteindrai les 50 en pic d’affluence et pas loin de 200 personnes viendront assister à tour de rôle à ce moment créateur. Je ne suis pas mécontente de moi, l’antenne m’inspire. Ca se mouche, ça me colle, me caresse la cuisse, me pousse parfois, parle trop fort, se met devant (râle parce qu’on se met devant), se moque de mes mots français, me regarde bizarrement… le clap de fin de dessin signe l’éparpillement des curieux.

Je remballe, mon carnet sous le bras. Il va devenir mon bien le plus précieux, il renferme le premier dessin d’une – j’espère –longue série à venir.

19 janvier 2018 / avec1o

Phares malagasy

Phare de l’île Sainte Marie

Il a été construit en 1931 et mesure 18 mètres de haut. Il est indifféremment appelé phare Eiffel ou phare Albrand. Dominant de 78 mètres le niveau de la mer, il fonctionnait autrefois grâce à une lampe à pétrole. Il y aurait possibilité d’accéder à la passerelle par un escalier intérieur en demandant l’autorisation à un gardien, mais voilà…

On m’avait parlé de ce phare, je savais que j’allais aller le croquer. Après m’être délectée des paysages du nord de l’île et du bleu limpide des piscines naturelles, j’ai garé ma petite moto en contrebas de ce phare abandonné. Abandonné, c’est le terme… des constructions fantômes, envahies d’araignées géantes (mon Dieu, qu’elles n’aient pas l’idée de descendre) survivent au pied du bâtiment géant. Comme presque à chaque dessin, je tente de m’approprier le lieu en en faisant le tour. Je m’autorise à pousser la porte qui n’est pas verrouillée, constate l’état de délabrement et de rouille avancé des marches et de l’ensemble du phare en général. Le vent souffle, renforce l’ambiance fantomatique. J’enregistre. Si à un moment j’avais pensé accéder à la passerelle, à ce moment précis j’abandonne. Il serait suicidaire de tenter l’ascension. Marches en dentelle d’acier. Drôle d’endroit construit par les français, totalement laissé à l’abandon, en décrépitude. Le phare est en plein virage, on le voit à peine quand on vient du sud, il domine la route quand on rentre du nord. Quoiqu’il en soit, l’endroit est peu fréquenté, et si un couple de français rencontrés plus tôt s’arrêtera, je serai seule à ma concentration le reste du temps.

Les araignées sont restées sages et en lévitation…

phare de sainte marie

Phare Blevec de l’île aux nattes

 

On m’avait parlé des phares de Madagascar…

Ayant croqué celui de Sainte Marie la veille, je suis allée explorer l’île aux nattes pour y dénicher le phare du Blevec, construit en 1914, qui fait partie des plus anciens phares de Madagascar hérités de la France. En 2011, un rapport précisait que la lumière, alimentée par deux batteries d’automobile, était toujours fonctionnelle malgré sa mauvaise apparence. Question chiffres, il mesure 34 mètres de hauteur, 7 mètres de diamètre. Il est de noir et blanc vêtu sauf… sa petite porte d’entrée, peinte en vert anis. La rouille l’a embelli de nuances d’ocre plus ou moins foncées.

Je pars matinalement de Sainte Marie, traverse l’étroit bras de mer qui la sépare de l’île aux nattes, m’enfonce dans l’île par le sentier principal, et grimpe jusqu’à la maison blanche d’où la vue est grandiose. 360° de vision panoramique, sur la forêt, le lagon, l’eau turquoise et sur sa grande sœur Ste Marie. De là, une employée m’indique le chemin pour le phare. La route n’est pas balisée mais il ne me faut pas très longtemps pour le découvrir au détour d’un virage. Comme la plupart des bâtiments coloniaux, il laisse un sentiment de construction fantôme. J’en fais le tour pour trouver le meilleur angle et m’installe au soleil, en contrebas. Pas le plus facile, mais de mon point de vue, le plus intéressant. Tandis qu’un français, futur résident de l’île, me raconte sa vie, je croque, concentrée, sans me laisser distraire. Le temps m’est comme à chaque fois compté en cette saison des pluies, même si le ciel semble clément.

Il n’y a pas grand monde sur ce dessin, l’endroit est peu fréquenté. Les oiseaux chantent et j’enregistre. J’ai chaud et le soleil dans les yeux. Je le croquerai de l’autre côté, assise sur un rebord de fenêtre abandonnée. Temps hors du temps, no man’s land paisible, propice à la réflexion…

phare du Blevec

23 octobre 2017 / avec1o

Dans 15 jours…

… je repars! Et le monde en tongs aussi!!

27 septembre 2017 / avec1o

MON Voyage A Nantes

Pour ceux qui ne seraient pas nécessairement sur les réseaux sociaux. Pour les autres, c’est un brin redondant… Ces aquarelles ont été présentées lors du vide atelier des Nefs. Encore une fois, c’était un moment merveilleux!

 

17 septembre 2017 / avec1o

L’art est aux Nefs (L’aréonef)

De l’installation au décrochage, tout n’a été que bonheur, partage, échange, rencontre. Merci aux voyageurs, aux acheteurs, aux visiteurs, aux amis et artistes… Et si ce n’était que le début!

14 septembre 2016 / avec1o

9ème et bien la dernière semaine…

Il ne faut pas se mentir, c’était bien la dernière, semaine… Enfin, pour cette fois. Dernières aventures guyanaises donc !

Mardi 30 août

Je travaille encore mais des courtes journées me permettent de m’offrir une sieste en hamac à midi et un footing en soirée au Rorota. Sur le départ, je croise Ingrid journaliste à « Mon Péyi », la nuit tombe et elle m’attendra pour être sûre que je suis bien rentrée. Bel esprit ! Je m’empresse d’aller récupérer mes calories avec mes comparses espagnols. Ça devait être créole, ce sera japonais, la Kaz Mimi étant fermé.

Mercredi 31 août

Il semblerait que ce soit les vacances… ! Youpi !!! Je termine à 14 chez Rahim, transmissions de manœuvres kiné. Pour fêter cette pseudo pause, je vais nager. Je suis perplexe devant sa non fréquentation et interroge à l’accueil. En fait, ils m’attendaient ! Ben oui, cause rentrée scolaire, j’aurai la piscine olympique pour moi toute seule l’espace d’une demi-heure. Après avoir expérimenté MA ligne d’eau, ce sera Ma piscine olympique !! C’est grand, comme baignoire ! Echange de bons procédés, avant de rejoindre les collègues pour un dîner à l’auberge Faledam (j’avais tellement apprécié que j’ai réussi à être convaincante pour y organiser notre dîner de départ), je me rends au cabinet de Madely pour un massage thaï. C’était ses mains d’ostéo qui avaient œuvré auparavant. Dîner départ donc, anniversaire aussi. Nous sommes le 31 août, bon anniversaire Vanessa !

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Jeudi 1er septembre

Nous avions rdv avec Damien à l’IRD pour un footing sur le Montabo, le long de la plage et le Mont Bourda. Nous ferons l’aller, marcherons au retour en optant pour les rochers. La balade est chouette, ce lieu m’était inconnu, la mer est d’huile, la fraicheur encore relative. Une bière s’impose. Détour pour le marché pour commencer les approvisionnements métropolitains. Il était temps que je le dépose, le RAV4 tombe en panne. Courroie d’alternateur… Le gars est cool, forcément, il est prof, 2h de vacances en moins, c’est loin d’être un problème. Pendant ce temps là, j’enrage ! La fin de journée sera faite de formalités de rangement et d’appel. Pas très productive, on verra demain…

Vendredi 2 septembre

Lever 5h pour une tentative de recherche d’émergence aux Salines. On a beau arpenter la plage, il semble que la spontanéité paie davantage que la planification pour ces choses là ! J’enchaîne marché de Cayenne, photographies et dessin de maisons créoles, souvenirs, piscine, casse croute et café à Montlucas (à bientôt les filles…), séance d’ostéo dans les mains magiques de Marina, et coucher de soleil sur les Salines. Mes comparses espagnols déménagent. Nous formons une nouvelle coloc. Je me demande encore pourquoi je pars… !

Samedi / dimanche : le camp canopée

PK21 après le rond point de Kourou, prendre la direction de la montagne des singes jusqu’au dégrad Saramaca. Notre guide Damien nous attend et récolte les bagages. Je fais la rencontre de Christine, Frédéric et Maïté puis de tout un groupe de guyanais de la BNP. Nous sommes 17 au total. Après près de 3h de pirogue, nous prenons possessions de nos chambres. Le lieu d’accueil est une merveilleuse cabane en bois au milieu de la canopée. Nous sommes entourés de vert, littéralement. Lieu magique au beau milieu de la canopée. Les images parlent d’elles mêmes.

Je vais : manger délicieusement bien mais dramatiquement trop pendant deux jours, monter une corde de 36 mètres pour atteindre le toit de la canopée, faire une rando en forêt amazonienne et croiser une ou deux bestioles un peu hostiles, me faire un masque à l’argile bleue en arrivant de notre petite descente en canoë dans le fleuve Kourou, admirer le coucher de soleil à la cime des arbres, descendre une tyrolienne en nocturne avec des lucioles pour anges gardiens, boire l’apéro, dessiner, dormir une dernière fois en hamac, discuter de son enfance guyanaise avec Lucien, me délecter des câlins de Taréys, 4 ans, échanger dessin avec Josiane, parler philosophie avec Lionel…

Excellent, pas moins, même plus, beaucoup plus !

A faire absolument lors de votre passage en Guyane

Je parlerai à peine de lundi, parce que c’est le…

Dernier jour !

Il est passé trop vite, il a été bousculé mais marqué aussi par la présence chère à mon cœur de Pablo et Patricia, qui m’ont chouchoutée toute cette dernière journée. Je croiserai Guillaume à l’aéroport, il a ramené l’avion que je dois prendre au garage ! Une dernière bière ensemble et au revoir jolie Guyane. A bientôt…

Et pour tout dire, plus d’une semaine déjà est passée…

Difficile retour, je procrastinate, même pour le blog, c’est moche ! Je le mets en veille encore une fois, jusqu’à ce qu’une nouvelle aventure se présente. On ne sait pas, affaire à suivre !

J’ai chargé en photos, impossible de faire le tri, je me suis offerte une overdose, parce que c’était trop trop bon… Je vous laisse apprécier !

2 septembre 2016 / avec1o

MES « Délices de Guyane »…

Les détails délicieux du quotidien :

  • ouvrir le volet et trouver soleil et chaleur
  • petit déjeuner en présence du colibri
  • prendre ma douche dehors, sur la terrasse, après mes footings
  • conduire fenêtres ouvertes, cheveux au vent, le soir en rentrant alors que la nuit est tombée et que l’air s’est un peu adouci
  • travailler pieds nus, vivre quasiment pieds nus
  • me laver dans une crique, un lac, sous une cascade
  • aller courir de bonne heure le matin, vivre le lever du soleil sur la plage des Salines ou les sentiers de l’Oyola et du Rorota
  • arpenter les allées des marchés et m’étonner de ce qu’on y vend, acheter et goûter des choses que je ne connais pas
  • manger des maracujas frais au petit déjeuner
  • être seule dans ma ligne d’eau à la piscine olympique, nager dehors, au soleil (voire être seule dans MA piscine olympique…)
  • pouvoir observer perruches, singes, iguanes, gros lézards verts, tortues, serpents… dans ma vie de tous les jours, au quotidien presque
  • me rendre en domicile du côté de l’IRD et admirer cet endroit qui me fait tant penser à la côte de granit rose, me dire qu’il faut que j’aille absolument me poser là bas avant mon départ
  • me perdre en pensées en écoutant le bruit de la nature
  • conduire à la guyanaise, avec toutes les règles de métropole, mais aussi l’interprétation qu’y en faite ici : me faufiler rapidement, griller les stops, oublier ma ceinture, laisser passer facilement, accepter l’attente aux bouchons, me garer n’importe comment, remercier facilement d’un pouce qu’on lève ou d’un sourire, ne jamais klaxonner
  • être témoin d’une émergence
  • vivre en tongs, en débardeur et en short – presque – tout le temps
  • travailler à Montlucas
  • être étonnée souvent
  • poser le regard, toujours émerveillé sur la beauté des maisons créoles
  • être dans la forêt et sur la plage au milieu de la ville
  • être dans Cayenne, et découvrir des lieux, avoir envie de revenir pour me les approprier
  • rencontrer souvent, me sentir en voyage
  • apprendre des plantes qui soignent, des arbres et de leur cohabitation, de la faune, tous les jours, par les patients qui m’expliquent des choses qui font partie de leurs évidences
  • les sourires, les bonjours faciles
  • me promener sur la plage, me moquer des crabes, des oiseaux ciseaux, des huîtriers pie
  • écouter la musique fort dans la voiture et chanter en même temps en partant en week end
  • avoir le dessin facile
  • surprendre un agouti en courant
  • et encore, et encore…

Ce ne sont que de petites choses, des détails, insignifiants presque, des futilités ?… Non, une qualité de vie !

30 août 2016 / avec1o

J ‘aime mon métier (2) : dans l’intimité du soin

Deux raisons m’amènent à rédiger cet article… La première, c’est ma réflexion vis à vis du toucher, la seconde, ce sont les patients que je vois à domicile.

Masseur kinésithérapeute, c’est être thérapeute par le mouvement. C’est aussi et surtout, toucher l’autre, en l’occurrence notre patient, quel qu’il soit, sans distinction aucune et de la même façon (c’est dans notre décret de compétences). Mais je me rends compte, et on me l’a fait remarquer plusieurs fois, que je touche l’autre, facilement, même s’il n’est pas mon patient. Je mets les mains, la pose et plus parfois, quand je connais un peu la personne. Mais de manière presque systématique en tout cas, je poserai ma main sur l’épaule quand il s’agira de dire bonjour en embrassant mon interlocuteur. Je suis une tactile dit-on, une kinesthésique plus largement (c’est mon diagnostic.. mais ce n’est pas une maladie !). J’avais rencontré Anthony, à Chabon en Isère en 2006 (merci Maud), un kiné qui proposait une initiation au massage thaï. Il fait partie des rencontres marquantes dans ma vie et pourtant je ne l’ai vu que sur ce temps de stage (« on ne connaît pas l’impact de nos actes … »). Il insistait sur le fait que notre toucher dans le massage était notre moyen de communiquer avec la personne que nous avions sous nos mains. Il pouvait être timide, agressif, léger… Bref, de ça, j’ai retenu que la main parlait, et quand je transmets, quand je chausse ma casquette de formatrice, j’enseigne que la main parle, et que ce que nous mettons dans le toucher véhicule un message et que tant qu’à faire, autant que ce message soit plein de bienveillance à l’égard de nos patients.

Nous avons beau être latins, nous sommes des pudiques, et contrairement à d’autres cultures, toucher est souvent connoté. Les thaïlandais, par exemple, ont développé une culture du toucher que je n’ai pas rencontrée ailleurs. Les cours de massage thaï étaient un pur bonheur. 7h par jour, j’étais soit celle qui touchait, soit celle qui l’était, touchée. Etre touchée… ça peut vouloir dire autre chose aussi.

Alors, voilà, en tant que praticienne, tactile et aimant toucher, je me pose parfois la question de comment les patients ressentent mes soins, et la façon dont ils sont touchés. Sont-ils touchés ?… Un film « Je vous souhaite d’être follement aimé », parlant de la recherche d’identité d’une kiné, la montrait en train de travailler. Des images sans son, de mobilisations du corps par ses mains, muées par son corps. Notre corps est aussi un outil de travail, et nous nous mettons corporellement en jeu lors de nos soins. Il y a de la proximité dans nos soins, de l’intimité certainement. Et pourtant, nous sommes professionnels, avec un recul nécessaire de thérapeute, une distance raisonnable. Je crois que l’on nomme cela de l’empathie.

Je m’étonne très souvent de ce que livrent très rapidement les patients sous nos mains. Parfois, première séance et dépôt des fardeaux de leur vie. Nous ne nous connaissons pas, et ils livrent d’eux, de leur intimité, des aspects de leur vie si personnels. Est ce le pouvoir du toucher, d’être « pris en main »? (Note pour plus tard : être attentive à toutes nos expressions courantes et leur attribuer leur réelle signification !). Plus jeune, je ne savais que faire de ce que les patients livraient, je crois qu’avec l’âge et l’expérience, c’est quelque chose que je gère beaucoup mieux. Mais on ne nous prépare pas, définitivement pas, en école, à prendre conscience des effets et du pouvoir du toucher.

Depuis presque deux mois, sur un tiers de mon temps pratiquement, je rentre dans l’intimité du domicile de mes patients. Même en métropole, des réflexions naissent de mes tournées. J’allais voir en région roannaise des patients âgés, isolés, et me disaient que n’importe qui, animé de mauvaises intentions, aurait pu nuire à ces personnes vulnérables. Je rentrais juste en m’annonçant d’un « bonjour » joyeux, le sourire aux lèvres, poussant la porte ouverte. Et souvent, j’étais attendue, parce que seule visite de l’après midi, sinon de la journée.

Je m’annonce toujours d’une volée de « bonjour » lors de mes domiciles, et j’arbore toujours mon sourire. Les portes sont ouvertes ici aussi, et il n’y a qu’à les pousser. Pour certaines, je détiens la clef, pour d’autres, on me la jette du balcon, et enfin, pour Me K., du premier étage, elle me descend un petit panier avec sa clef dedans. En repartant je referme le portail, et la replace dans ce même panier, qui remonte jusqu’à sa propriétaire. Sur un sourire nous nous quittons, nous souhaitant bonne journée, jusqu’à la prochaine fois.

Et entre temps, entre cette entrée et sortie du domicile, il y a le temps du soin, chez eux. Je me disais ce matin en massant Mr D. (qui s’est autorisé à s’endormir sous mes mains !) que j’avais de la tendresse pour mes patients. Je crois que ce sentiment naît surtout à domicile, parce que nous nous rendons chez des personnes les plus vulnérables, celles qui ne peuvent pas venir à nous. Nous en parlions avec un ami hier soir, de cette intrusion au domicile. Nous rentrons dans la vie des gens. Nous avons accès aux photos sur les murs, à l’ordre ou au désordre, au plus propre comme au plus sale, au salon, la chambre, la cuisine ou la salle de bain pour nous laver les mains. Parfois un bout de terrasse ou de jardin qui fait l’affaire quand il s’agit de rééducation à la marche… En Guyane, une partie de mon apprentissage de la culture et des us et coutumes guyanais tient au fait que je réalise des soins au domicile de mes patients. Cela m’a entre autre, permis de quadriller Cayenne et de me l’approprier au niveau de la circulation, de découvrir des merveilles de maisons tellement bien placées ou au contraire, de pénétrer dans des quartiers réputés chauds où il ne fait pas bon traîner, presque en totale sécurité car je suis légitimisée par ma position de soignante.

J’entre dans la vie de gens que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas.

Quelques remarques, réflexions, anecdotes de ces derniers mois pendant mes domiciles…

  • ça commence toujours un peu de la même façon, je m’annonce d’un « bonjour » de bonne humeur, même de loin, même si je ne me suis pas donnée à voir, même si mon patient n’est pas en mesure de comprendre ce bonjour, et qu’il est seul chez lui
  • il existe un vrai décalage entre notre nécessité d’être à l’heure (et la pression que nous nous mettons sur la route pour ne pas nous mettre en retard), et le calme posé dont on doit faire preuve quand on s’annonce et qu’on soigne, rappelons que nos patients à domicile ne sont pas les plus vaillants, la mise en route est parfois très très très lente… Schizophrénie kinésithérapique !
  • on se déchausse à l’entrée des maisons, le domicile est un monde sans tongs (le cabinet aussi d’ailleurs… du plaisir de travailler pieds nus !)
  • chez tous ou presque, on se lave les mains au liquide vaisselle, et on se les essuie à l’essuie tout, pas celui qu’on connaît, mais le gros, le rouleau industriel. Ils en possèdent tous. Pas de serviette, de torchon, ou si peu
  • chez Me T. pas de ventilateur, et les jalousies sont cachées derrière un rideau. Je transpire à grosses gouttes sur cette femme qui ne s‘en rend heureusement pas compte, merci Alzheimer
  • chez J. ou Mr R. au contraire, c’est un froid polaire de climatisation qui nous assaille en rentrant dans la chambre. J’adore la maison de ce dernier. Elle donne sur la plage Montabo, c’est une grande maison type maison de bord de mer de Vendée, du genre maison familiale immense, toute ouverte et ventilée. Ce qui est le plus étonnant, vraiment, dans cette maison, c’est la présence d’une cheminée. Mon Dieu, mais pour quoi faire ? J’aime certainement beaucoup cette maison totalement décalée parce qu’elle me ramène à des choses connues, des codes de métropole
  • et puis, il y a les intermédiaires, les ambiances que je préfère, les maisons ventilées, pleine de courant d’air auquel se rajoute la brise du ventilateur. Ce sont en général des maisons où j’aime aller, je sais que mon corps ne souffrira pas
  • une autre raison de craindre (c’est encore du créole roannais) les domiciles, ce sont nos conditions de travail. Pas de lit réglable en hauteur, pas d’accès, pas de matériel de transfert, un travail de retournement et une nécessité de se contorsionner, sur un matelas de bébé trop petit, pour J.! Être kiné au domicile, c’est être aussi souple dans sa tête que dans son corps : interdiction d’être psychorigide mais au contraire, faire preuve de qualités d’adaptation !
  • Me P. et Me U. sont particulièrement généreuses et soucieuses de me nourrir (ce qu’elles ne savent pas, c’est que j’ai déjà pris 3kg depuis mon arrivée ici !). Ainsi ai-je droit tantôt à du couac (semoule de manioc), des piments, des papayes, citrons verts, maracujas, oranges quand ce n’est pas déjà un plat préparé dans un Tupperware. Et Me U. de préciser « tu n’es pas là pour longtemps, il faut te gâter »
  • c’est un autre détail, qui vaut tant pour le domicile que pour le cabinet. Les guyanais ont le tutoiement facile, ça donne quelque chose d’assez familier. Je n’y arrive pas très bien, et pourtant dans le principe, l’idée me plaît bien
  • comme le tutoiement, mes patientes ont le déshabillage facile. Ainsi toutes les femmes que je masse à domicile tombent le tee shirt, et le soutien sans complexe. Il m’est même arrivé deux ou trois fois de trouver E., l’aidante de Me T. torse nu, une serviette autour de la taille et des trucs en préparation dans les cheveux, à l’heure pourtant prévue de ma visite. Elle ne se couvrait d’ailleurs pas à mon arrivée. Pani poblem !
  • la télé, l’opium du peuple, est une personne à part entière dans la maison. Tantôt des émissions de cuisine (ce sont les moins pires), le tour de France, plus récemment le tour de Guyane, des challenges type télé réalité, des feuilletons indiens bollywood, des feuilletons français vieux de 20 ans… Merci Guyane première ! Mr T., qui a vécu en métropole plusieurs dizaines d’années, dans sa maison insalubre selon nos critères européens, s’informe sur Arte. Il est rare (au mieux le son est baissé à mon arrivée) qu’on lui coupe la parole à elle, à cette télé que je me refuse d’avoir depuis plus de 15 ans. La radio prend parfois le relai. Dans tous les cas, selon le pourcentage de mots créoles dans le vocabulaire de mes patients, je vous assure que gérer une conversation au milieu de ce tintamarre (les patients sont âgés et plutôt malentendants…) relève d’une acrobatique concentration !
  • avec l’HAD, j’ai eu à faire de me rendre au domicile de 2 enfants. Ces rencontres, ces moments sont particulièrement forts. Parce que ça touche aux enfants,  j’y attache donc plus d’importance. Qui plus est, tout le temps, j’y suis attendue. Je ne suis pas une visite comme parfois, je suis un soin jugé nécessaire par les familles qui investissent davantage la rééducation. Cela a donné lieu à de beaux échanges, avec les parents, entre soignants aussi. C’est une mobilisation en équipe qui me plaît, qui donne du sens au soin. Les familles vivent dans des maisons qualifiées d’ « habitat illégal ». Des constructions en bois et en tôle dans des quartiers chauds de Cayenne. Et si je me l’étais déjà dit, il y a de l’humanitaire à faire en France…

Je m’arrête là même si je pourrais m’étendre davantage… Un autre article (seulement « Si Dieu veut » (formule chère à mes patients quand je leur donne le jour de ma prochaine visite)) devrait conclure ce chapitre de « J’aime mon métier ». J’insiste un peu lourdement, mais c’est un fait. Et même si j’en ai douté un moment, même si je ne voulais plus l’exercer il y a 5 ans, même si j’ambitionne peut être de ré orienter ma pratique, je réalise ici, en Guyane, à quel point j’aime mon métier.

29 août 2016 / avec1o

8ème semaine : Décollage d’Ariane, prise de hauteur à la Savane Virginie

8ème semaine, bien riche encore ma foi, de bien de choses différentes…

Lundi 22 août

C’est professionnellement que cette journée sera intéressante. Avec l’HAD (Hospitalisation A Domicile), nous travaillons depuis un moment sur la reprise de l’alimentation par voie buccale d’un enfant victime de méningite, nourri par voie naso-gastrique, avec les infirmiers de en charge de le « brancher » (c’est bien le terme utilisé, mais qu’est ce que c’est laid). Je leur avais fait la proposition de se prendre un temps pour parler déglutition, grands principes, guidage à la cuillère. C’est aujourd’hui. Ce que j’ignorais, c’est que le médecin de l’HAD et la chef de service, kiné de formation elle aussi, seraient là. Evidemment que nous évoquons principes de la déglutition, précautions à prendre, positionnement, mais le plus important, je fais sentir, sur Marion, ce que nous faisons vivre à nos petits patients. La situation engendrée est un peu cocasse, inhabituelle en tous les cas pour la plupart et prête à rire. Tout le monde est cependant bien intéressé et c’est chouette. J’adore ces temps plutôt informels, de transmission en confiance. Les infirmiers devant partir, on poursuit l’échange avec le médecin qui me fait ouvertement du rentre dedans. Un SSR (Soins de Suite et de Réadaptation) pédiatrique doit s’ouvrir en octobre. Elle est d’accord pour que je rentre en métropole, mais me propose de commencer à l’automne ! C’est un peu entreprenant de sa part, on se connaît à peine !

La journée se terminera chez l’enfant en question. Cette fois les rôles s’inversent, tandis que je m’occupe d’épaissir le lait, Marion s’installe avec Rahim pour lui donner à manger. Beau moment de transmission, par compagnonnage. J’ai tellement bénéficié d’apport de connaissance sous ce mode que c’est à mon tour de donner. Encore une fois c’est en confiance, et même s’il est 21h quand je rentre (j’essaie de concurrencer Guillaume !), c’était une vraie belle journée.

Mardi 23 août

Fin de journée autour de l’apéro, à Matoury et rencontre entre Hayonnaises !!! Au moins… 25 sinon 30 ans que nous ne nous sommes pas vues. Mais je reconnais le visage, des traits qui n’ont pas changé ! J’avais eu l’adresse et le numéro de Christine par mes parents, toujours proches des siens, j’ai traîné pour la contacter. Mais la fin du séjour approchant, il était temps. Nous discutons entre natives de la Haye Fouassière, évoquons le vignoble nantais (elle sortira même une bouteille de muscadet au cas où (mais je reste au Ti Punch, pas de mélanges… !)), les connexions du passé, mais concluons sur notre goût commun pour la douceur de vivre guyanaise. Un très chouette moment, voyage dans le voyage !

Mercredi 24 août

Ariane décolle ! J’ai lâché l’affaire d’aller à Kourou la regarder s’envoler, pas le courage, trop de fatigue. Et puis, si elle ne partait pas au dernier moment ? Hors de question de faire la route pour rien. Pas que j’apprécie ce mot, mais à si peu de temps du départ, je décide de rentabiliser mon temps. Ça me donne aussi l’opportunité de partager ce moment avec Pablo et Vanessa. On se rend donc place des Amandiers, une « Jeune gueule » (la bière locale) à la main, installés face à la mer, face à Kourou. On va l’attendre, on va même se demander si elle n’est pas partie sans prévenir. On s’informe, et non, le vol a juste été retardé. La nuit était tombée, et Vanessa vient tout juste d’arriver, quand elle m’entend crier de surprise et d’émerveillement devant ce point lumineux, que dis-je cette boule de feu qui jaillit de la mer et éclaire la nuit. Un lever de soleil en accéléré sur fond noir. On ne pouvait vraiment pas la louper, mais on ne le savait pas car, pour Pablo et moi, c’était la première fois ! Elle a poursuivi son chemin dans le ciel, on s’est un peu tordu le cou pour la suivre, on a très clairement vu les boosters se détacher du lanceur, et puis elle est partie. Objectif : mettre en orbite des satellites chargés d’améliorer les outils de télécommunication.

C’était vraiment très beau !

Patricia nous a rejoints pour le dîner, pris aux petits camions de la place des palmistes, les kinés sortaient en force !

Le soleil en pleine nuitAriane 5 vient de partir

Jeudi 25 août

C’est au tour de Damien, l’infirmier, de vivre le guidage à la cuillère. Transmission par la pratique : je lui fais vivre, il me restitue ce qu’il ressenti en me faisant vivre et met en pratique avec Rahim. Encore un retour bien tardif à la maison !

Vendredi 26 août

Et pourtant ça ne m’empêche pas d’aller chasser la tortue de bon matin ! Lever 5h, sur la plage des Salines à 5h30, à la frontale. Des traces de mamans venues pondre mais je croise un bénévole de Kwata qui me dit qu’elles ont venues entre 22h et 3h du matin. Pour sûr, je dormais ! (Note pour plus tard : s’enquérir des horaires de marée la prochaine fois que je m’organise une sortie nocturne spéciale tortue). Par contre, encore un lever de soleil fantastique et deux petites trainardes que nous accompagnons jusqu’à leur jetée à la mer. La première est une Luth, la deuxième, bien plus petite, est une olivâtre. Allez, il faut aller travailler maintenant !

Fin de journée route de Montabo, dans la coloc de Pablo et Patricia. Nous devons préparer le week end. Rencontre d’Olivier, Thimothée et Estelle, les autres colocataires, nous sommes dans la piscine et nous buvons du Ti Punch. En même, c’est vendredi, l’apéro est permis !!! Patri, Carlos et Javi arriveront plus tard, nous commencerons à refaire une partie du monde, une partie seulement, si nous voulons profiter du week end que nous essayons de préparer !

 

Samedi / Dimanche 27 / 28 août

Départ pour la Savane Roche Virginie ! C’est au PK122, direction St Georges, c’est à dire à 122km de Cayenne. Le site est un inselberg (montagne île). Les roches les plus tendres autour du granit ont été érodées laissant émerger de la forêt cet impressionnant promontoire de 138 m d’altitude. Outre une indéniable beauté scénique, cet affleurement rocheux présente une grande richesse floristique dont notamment de nombreuses broméliacées et orchidacées. Une zone de bivouac se situe en lisière de Savane Roche et permet d’y passer la nuit. Marie et Damien m’avaient fait part de la beauté des couchers et levers de soleil. Ca m’avait suffisamment motivée pour réussir à convaincre Pablo, Patri et leurs amis espagnols. Nous voilà partis, et sur la route, surprise, Laure et Félix, rencontrés à Petit Saut, faisant du stop. Nous faisons une mise à jour sur les 20km de voyage commun et reprenons nos chemins propres ! Aux alentours de Régina, le tour cycliste de Guyane. Nous sommes les uniques supporters et offrons un tableau bien insolite aux gens qui gravitent autour de la course. C’est surtout l’heure de déjeuner !

Départ pour une petite randonnée de 1h30 à travers une magnifique forêt, oiseaux sentinelles comme fond sonore. Le spectacle, à l’arrivée, tient toutes ses promesses !

Installation du camp et exploration des alentours. Nous sommes les seuls sur le site. En fait nous serons juste les premiers, nous partagerons l’endroit, tant pis…

Dans le désordre :

  • rencontre avec un phasme (une branche, une feuille, deux yeux… !) qui dissocie les ceintures. Toutes les ceintures me demandent Pablo ? Et les pattes de devant ?… Oui, bah, il dissocie au moins les ceintures arrières ! (une vraie discussion de kinés). Si on s’affranchit de considération d’analyse de la marche, ça danse un phasme quand ça évolue. Etonnant !
  • coucher de soleil à couper le souffle. Ti Punch et pipas pour en profiter davantage…
  • Carlos est aux commandes du barbecue. Le lieu est assez magique pour pique niquer…

Réveil qui oublie de sonner, mais réveil avant le lever du soleil quand même. L’heure est à la contemplation visuelle, à l’enchantement sonore. La brume a envahi la forêt et les singes hurleurs ne cessent de crier. Les oiseaux prennent le relai, puis c’est au tour des cigales. Un véritable concert, nous apprécions, chacun un peu dans nos bulles.

Petit déjeuner en terrasse avec pas loin d’un 240° sur la canopée. Pas si souvent qu’il nous est donné, en Guyane, d’assister à un tel spectacle.

Des dizaines de minuscules grenouilles hyper colorées fuiront devant nous, et nous dérangerons un engoulevent en train de couver. Zut ! Il doit être temps de repartir alors… Direction Régina pour nous rafraîchir dans le fleuve, et nous restaurer d’une soupe asiatique et d’un jus frais de maracuja (je ne veux pas rentrer…). Le village m’apparaît profondément sympathique. Il est petit mais propre, et les maisons créoles sont encore debout, ce qui lui confère un charme certain. Il serait inspirant pour qui aimerait dessiner…! Comme un petit air de Roura. Un jeu de carte espagnol où je perds très largement les 5 parties, un café, apporté par deux jeunes filles aux sourires éclatants, et la découverte d’un couchage d’enfant encore différents plus tard, et il est temps de rentrer.

Mince de mince, je réalise que demain, c’est lundi !

Accessoirement, nous sommes aussi, et surtout, à J-8…

Lexique de la 8ème semaine (celui-ci est dédié à Mr V., mon patient, et jeudi, mon professeur de créole guyanais!) :

  • gran messi : grand merci
  • i chuite : c’est bon
  • mo la : ça va
  • mo yèg : ça va moyen, mais je ne saurais pas dire pourquoi ça ne va pas
  • mo lasse : je suis fatigué
  • mo qua semblant : je fais semblant
  • ça va un peu : ça c’est la réponse la plus fréquente de mes patients. Je le comprends comme un « ça va » entre le « ça va » péchu et le « ça ne va pas ». Un « ça va » sans intonation, plat, qui laisse supposer que, quand même, il y a quelque chose qui ne va pas… Allez comprendre!!!

 

23 août 2016 / avec1o

7ème semaine

7ème et avant avant dernière semaine. C’est une peu triste écrit comme ça…

Alors je recommence : 7ème semaine !!! Et il en reste encore 2, c’est une vraie bonne nouvelle !

Cette 7ème semaine est courte, ceci étant du au lundi férié du 15 août. Et vous le constaterez, elle est aussi moins dense que les précédentes. Il faut dire que le rythme était jusque là soutenu et que la fin approchant, il serait bon de lever le pied si je ne veux pas revenir sur les rotules.

Mardi 18 août

Changement de remplacement et rencontre de mes nouveaux patients. Mon quotidien professionnel sera, pour les 15 prochains jours, de domiciles le matin et de rdv au cabinet l’après-midi. Comme à leurs habitudes, les patients seront accueillants et bienveillants à l’égard de cette nouvelle remplaçante qui a pourtant la tête encore dans la forêt d’arbres morts…

Mercredi 17 août

Visite du Centre Spatial Guyanais. Pas très motivée pour y aller… A cela plusieurs raisons :

  • la fatigue, certainement la plus valable. Je suis persuadée que je ferais mieux de rester à Cayenne dormir sur mon après midi off que de courir à Kourou assister à une visite qui va durer plus de trois heures
  • la route… Bizarrement, je trouve dans le contexte que c’est une perte de temps que de passer 2h sur la route, alors que tant de choses sont en stand by et que je manque de temps pour les finaliser
  • j’ai encore la tête dans le week-end à Petit Saut avec des amoureux de la nature, et que le contraste risque d’être violent (ça se confirmera, l’intelligence, le respect, le souci de la nature n’étant pas ce qui caractérise le plus mes compagnons de visite, pour la plupart rattachés au ministère de la défense, en mission dans le coin…)

Mais parce que :

  • je suis en Guyane et que si cette région du monde est française, c’est peut être en partie, voire surtout parce qu’elle est bien située pour cette activité de lancement
  • je n’aurai pas l’occasion d’y aller les prochaines semaines
  • je suis sûre que je serai contente au final, qu’il suffit juste que je me pousse un peu…

… mon RAV4 de circonstance et moi prenons la route sitôt les domiciles terminés pour le CSG, ou Centre Spatial Guyanais qui regroupe l’ESA (l’agence spatiale européenne), ARIANESPACE et le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales). Je suis plus logorrhéique quand il s’agit de parler nature, rencontres ou d’insolites. Désolée donc pour les fans de technologie moderne, je ne restituerai que peu de choses de cette visite. Sinon qu’elle a lieu sur trois heures, qu’elle est gratuite, mais qu’il faut réserver, présenter pattes blanches (passeport ou pièce d’identité nationale) et ne pas posséder d’objets tranchants et que vous êtes trimbalés en bus climatisé de place en place. Je crois que j’ai dormi une bonne partie du temps pendant le trajet. Je me rappelle tout de même avoir mis les pieds dans la salle Jupiter, où sera donné l’ordre final de lancement des lanceurs Ariane 5, Soyuz ou Vega. Ariane 5 est un programme de l’agence spatiale européenne qui en a confié la maîtrise au CNES. Elle a une capacité d’emport de 10 tonnes. Ce qui est loin d’être le cas de Vega, qui est conçu mettre en orbite des charges utiles allant jusqu’à 1,5 tonnes. Enfin, Soyuz, le lanceur russe est un lanceur moyen capable d’emporter 3,5 tonnes. La situation géographique de la Guyane, au niveau de l’Equateur, en fait un point stratégique pour le lancement, l’ouverture sur l’Atlantique est également favorisant.

Nous ne pouvions nous approcher du pas de tir d’Ariane car le mercredi 24, un lanceur s’envolera de Kourou. Le carburant étant déjà sur place et pour des raisons évidentes de sécurité, nous ne pouvions le visiter. Nous nous sommes donc approchés de celui de Soyuz. Il me faudrait un post entier pour parler de cette visite, mais bizarrement, je n’en ai pas envie. Sans doute n’étais je pas dans le meilleur état d’esprit du monde ! C’est ainsi, et j’assume ! Quelques images.

Juste pour info, il est plus que jamais question d’Ariane 6 et les entreprises sont sollicitées sur le sol guyanais pour en assurer la logistique. C’est visiblement un événement qui mobilise fort. On perçoit évidemment tous les enjeux financiers sous jacents.

Enfin, je vais avoir la chance d’assister au lancement d’Ariane 5 le 24 août, si celui-ci n’est pas retardé. Ca avait été le cas lors du dernier vol, pour des raisons techniques d’abord, puis des raisons météorologiques. Suspens donc…

Jeudi 18 août

Réveil après une nuit de plus de 10h… Dur ! (Je n’avais plus de piles en rentrant de Kourou (c’est un comble quand même avec toute cette énergie environnante)).

Le soir, j’arrive à débaucher Guillaume avant 21h ! Bien envie de passer un dernier moment avec lui avant qu’il ne me quitte. Nous dînerons à l’Auberge des Plages, des reflets de lueurs de lune plein la soir de pleine lunemer…

Vendredi 19 août

Aéroport Félix Eboué, 3ème ! Mais cette fois-ci, c’est moi toute seule qui dépose le paquet… Je vais assurer la garde de la maison pour plus de 2 semaines, nous nous croiserons à mon départ, sur son vol retour. Je n’aime pas, mais vraiment pas ce moment. Une coloc sans colocataire, ça n’est pas une coloc d’abord !

Tu as intérêt à prendre soin de toi et à te reposer en métropole, sinon, je piège ta maison pour ton retour !!!

Heureusement, Pablo et Patricia ont répondu à mon invitation à dîner et nous nous régalons autour de produits locaux, dont la glace coco et gingembre, un petit délice. Ça fait bien plaisir de les revoir ! Nous referons le monde une bonne partie de la soirée et du début de nuit…

Samedi 20 août

Je n’y mets pas du mien ok… Mais il n’y a que le weekend que je peux m’offrir un footing long ! Alors, munie d’une tendinite d’Achille à gauche et de 5h de sommeil, je parcours l’Oyola et le Rorota pour 2h à peine. Le reste de la journée sera poussif, entre JO, cartes postales, marché, achats on ne peut plus indispensables…

Souvenirs personnels

Mais elle se terminera résolument positive à l’issue de la messe à la cathédrale et d’une séance de rédaction d’article…

Dimanche 21 août

Saut dans la piscine olympique de bon matin. Il y a du monde !! On est 3 dans MA ligne… Je file à l’IME de l’APAJH assurer deux kinés respiratoires et je rejoins Pablo, Patricia et Afhid, un coach surfer, pour aller randonner du côté du sentier de la Mirande. 5 km je crois, que nous parcourons en 2h, accès compris.

Il fait chaud et nous ambitionnons nous rafraîchir à l’océan (attention, pas la mer, hein les roannais !!!). C’était sans compter que je m’étais laissée enfermer ma voiture sur le parking de Super U, et que surtout, la mer était au moins à 32°C !! Bref, fin de journée comme le reste du weekend, plutôt désorganisée et pas très fructueuse… Je retourne pour une deuxième kiné respi à l’IME, piétonne que je suis jusqu’au lendemain matin. Ça y est, je suis en week-end !

Ah, mince, en fait, demain, c’est lundi…

Lexique de la 6ème semaine, et un lexique « santé » cette fois :

Chibichou : de ce que j’en comprends, ce sont des champignons aux orteils…

Dengue, Malaria (ou paludisme), Zika, Chikungunya : 4 maladies transmises par les moustiques et attrapables en Guyane, aux conséquences plus ou moins embêtantes. J’avais ramené la fièvre typhoïde d’Asie, que vais je ramener de Guyane ?…

Leishmaniose : c’en est une autre, pas tout à fait le même genre… Perso, je vote complètement contre !

21 août 2016 / avec1o

Messes à la cathédrale de Cayenne

Il est évident que je te dédis cet article, Gilles…

La Cathédrale de Cayenne est un bâtiment remarquable, jaune clair, assez peu découpé, finalement d’architecture assez simple. Elle est plus qu’adaptée au climat guyanais, pas de fenêtre hermétique, mais des jalousies. Et les vitraux sont articulés. Une première pour moi qui ne suis pas allée souvent à l’église catholique dans mes déambulations asiatiques. Elle est claire d’intérieur, pas nécessairement richement ornée. Simplement belle. Un chemin de croix assez classique, mais un Christ qui s’offre un écrin fantaisiste de petites ampoules bleues. Me reviennent en mémoire toutes les niches on ne peut plus kitch qui entourent la Paya Shwedagon de Yangon, au Myanmar… Une idée du beau qui n’est pas la même pour tout le monde, tout simplement ! Un autre détail, que vous remarquerez peut être sur les photos : les ventilateurs… Comme un bruit de fond, un ronron familier des pays chauds, pour un brassage d’air tiède, un souffle, une bise, une caresse sur la peau. Les plus réchauffés ont pris, en plus, la précaution d’apporter leur éventail. Pour les autres, la feuille de chants fera office d’agitateur le temps de l’office !

Voilà donc le bâtiment décrit. Il me faut préciser enfin que les portes, toutes les portes, resteront ouvertes tout le temps de la messe. Comme une invitation à entrer, quelque soit l’heure à laquelle on arrive. Vous me direz, il est plus facile de s’autoriser ces portes béantes en milieu chaud, on ne connaît que trop bien l’air glacial de nos parvis d’églises métropolitaines et la nécessité d’en clore les portes. N’empêche que le sentiment d’accueil s’en ressent et que c’est bien agréable de se sentir bienvenu en cette cathédrale de Cayenne.

J’ai plurialisé « messes » dans mon titre, et à raison, puisque la première fois que j’y suis allée, c’était un dimanche matin, avec les collègues de Guillaume, et Marie, sa sœur. La seconde, c’était ce soir, en solo, tout le monde étant reparti en métropole, Guillaume compris.

J’ai souvent fréquenté les églises. J’ai rarement assisté aux offices à l’étranger, les codes et cultures m’étaient trop éloignés, et quand je l’ai fait, c’est que j’avais eu la chance d’y avoir été introduite. La Guyane étant un département français, j’avais une représentation plus nette de ce que pouvait être une messe. Mais finalement, je ne m’attendais pas exactement à ce que nous avons vécu ce dimanche matin du 23 juillet…

Le prêtre a longuement parlé de la notion de fraternité (nous étions à 9 jours des attentats de Nice, 3 jours avant que le prêtre de Saint Etienne du Rouvray ne soit assassiné). Il a repris le Notre Père, rappelant que tout y était inscrit, tout y était dit. Nous l’avons chanté plus tard, version Notre Père du Burkina Faso. Je pouvais au moins me joindre aux personnes présentes pour le chanter, parce que pour le reste, nous avons véritablement assisté à un concert de Gospel, à nous en donner des frissons, à nous faire venir les larmes aux yeux. La messe a duré 2h le dimanche, ce soir, nous avons eu une version courte, seulement 1h30. Il y avait moins de monde. On sent que la messe qui compte, c’est celle du dimanche !

Foule de petits détails remarquables :

  • dans son sermon, le prêtre alterne français et créole guyanais, notamment quand il a des messages forts à faire passer. C’est très drôle, dans le sens où il insiste vraiment, accentuant encore davantage par un ton presque prédicateur, mais totalement incompréhensible pour nous !
  • au moment du partage du geste de paix, il a cette phrase mémorable qu’il répétera 2 ou 3 fois autoritairement « Ne vous déplacez pas !! ». On imagine fort bien que pour aller donner la paix du Christ au voisin, à la cousine, à l’ami… ça peut devenir un franc bazar au sein de l’église et qu’il a du le vivre plusieurs fois pour s’assurer désormais une telle prévention ! C’est que le guyanais n’est pas toujours forcément rangé dans sa façon de faire !
  • un homme, visiblement drogué, pas très endimanché vestimentairement ni très conventionnel dans sa façon d’être dans une église, la traversera en jurant, en faisant de grands gestes provocants et ressortira aussi vite qu’il sera rentré. On s’est dit qu’il devait être coutumier des lieux et du moment, car personne n’a fait cas de son intervention. Les portes étaient ouvertes, l’église est un lieu pour tous. Mais c’est un fait, Cayenne regorge malheureusement d’hommes qui se sont perdus dans le crack et qui ne sont que des ombres d’hommes plus ou moins agressifs. Cela réserve parfois des surprises, qui n’avait d’en être une que pour nous
  • la communion avait elle aussi quelque chose d’atypique. L’hostie, avant d’être introduite en bouche, est trempée dans le calice. Ça lui donne un petit goût de vin, tout à fait hors de nos normes en métropole, du moins n’avais-je jamais vécu cela avant
  • les « asseyez-vous » ou « levez-vous » sont assez directifs. Là encore, on sent que le prêtre se fait un devoir de contrôler ses ouailles, qui doivent se permettre des fantaisies parfois, ce serait bien le genre localement !
  • à la fin de la messe, le prêtre nous a demandés, justement, de nous asseoir. Ceci pour écouter les annonces. Et là, outre les dates d’événements habituels, sont annoncés les prochains mariages, les noms des futurs mariés, leur date et lieu de mariage. Et là, l’annonceur de dire « Toute personne qui connaîtrait une raison de provoquer une annulation de ce mariage est prié d’en informer le prêtre en se présentant au presbytère ». J’avais l’impression d’être dans un film américain. Là encore, jamais je n’avais entendu cela
  • et j’oublie certainement plein de choses encore…

La messe s’est conclue sur un chant magnifique, ils étaient 10 dans le chœur à danser et taper dans leurs mains. A la toute fin, ils se sont tournés vers la statue du Christ pour lui chanter sa louange. Je ne veux convertir personne, là n’est pas la question, mais nous avons vécu et partagé toutes les 4 un moment fort, et l’on sentait une foi profonde de la part des gens qui assistaient à la messe. Et leur façon de l’exprimer est belle, parce que vivante ! C’est vraiment ce que nous retiendrons de ces deux heures, il y a de la vie et de la joie dans la façon de célébrer la messe, et ça fait tellement de bien !

A vadrouiller depuis un mois et demi, à réaliser des soins à domiciles et rentrer dans l’intimité des maisons de mes patients, j’ai pu constaté que le foi ne se vit pas qu’à l’église, pour voir sur les murs affichés des tableaux à la gloire de Dieu, ou reprenant sa parole. Et ce soir, une voiture publicitaire attendait au feu devant moi. Je vous laisse prendre connaissance du détail du message en question. Là encore, pas complètement habituel par chez nous ! Je me rendais à l’église, il n’y a pas de hasard!

 

17 août 2016 / avec1o

(Magnifique fin de) 6ème semaine : notion de géographie

Je vous emmène cette semaine encore un peu plus à l’ouest que le week-end précédent, au barrage de Petit Saut, entre Kourou et Sinnamary.

Mais ça, c’était en fin de semaine… Retour sur le début de cette 6ème semaine guyanaise.

Lundi 8 août

Et départ de Marie…

Dernière semaine que je ne travaille pas les lundis après midis. Je profite de ce moment de pause pour rejoindre Marie à la maison pour déjeuner (il est déjà 14h30…) J’ai un peu traîné sur mon dernier domicile, mais surtout le RAV4 à fait des siennes et la vitre conducteur est restée bloquée en bas. Résultat : la voiture est maintenant sécurisée mais je ne peux plus me délecter du plaisir d’être cheveux au vent le soir. Il va falloir user de la clim, la loose !. On avait parlé shopping de fin de voyage, et puis en fait, la flemme… Ce sera jacuzzi et goûter avec les suissesses qui nous quittent elles aussi bientôt. Paquetage final, et Guillaume et moi allons porter notre colis à Félix Eboué. Ça faisait un peu plus de deux semaines que Marie était arrivée… Ça passe décidément bien trop vite ! Tu vas me manquer…!

Jacuzzi du lundi après midi

 

Mardi 9 août

Ces choses-là marchent en général en série, et ça semble se confirmer… On en avait parlé et je concrétise ! Ce soir, ce sera massage thaï, pour Marie, mais l’autre, ma collègue ! Fin de journée tardive pour toutes les deux, mais ça ne nous arrête pas, et c’est au sol, comme d’habitude, que j’opère. Nous poursuivons la soirée à l’auberge Faledam, un excellent restaurant vietnamien, réservé par Marie. Le dîner se passe dans une ancienne maison d’habitation rénovée avec patio ventilé. Le cadre est non seulement très beau, mais plutôt apaisant, ce que nous mangeons est exquis. La soirée est définitivement asiatique !

A l'auberge du Faledan

 

Mercredi 10 août

Bonne fête Laurent !!

La journée de travail se termine tôt, mais sitôt le dernier patient libéré, j’enchaîne avec la visite des domiciles de Marie avec elle, puisqu’à partir du 16 août, c’est à son tour de partir en vacances, et je change donc de remplacement. Nous allons saluer ces patients, elle me présente à eux, et tente de ne pas me perdre complètement en me faisant faire sa tournée. Dans les petits insolites de la soirée, ce couple de perruches vertes qui traverseront devant nous, ces deux singes qui joueront aux funambules sur les câbles électriques et une cueillette de maracuja dans le jardin… Pas tout à fait la métropole quand même !!

La fatigue s’accumule, et le courage me manquerait presque alors qu’il s’agit de passer une dernière soirée avec Maud et Désirée, avant leur départ pour le Brésil. Nous la passons à l’Oasis, sur la plage des Salines, dont la spécialité est la crevette. La promenade digestive à la recherche de tortues est infructueuse, mais dans un sens, c’est tant mieux, il est déjà bien trop tard et j’ai encore à faire en rentrant. C’est ça de se mettre très en retard dans le travail !

Crevettes de l'oasis

 

Jeudi 11 août

Heureusement, je commence en milieu de matinée… ! J’en profite pour m’offrir un footing d’1h15 sur le Rorota, et pour découvrir le marché de Rémire Montjoly. Je fais le plein de fruits, de légumes et de poisson local. La journée de travail est en elle même plutôt légère, mais la soirée sera chargée. Il s’agit d’écrire des transmissions à Vanessa, et de rédiger les courriers de prise en charge avant de passer la main. La nuit sera – encore – bien trop courte.

Vendredi 12 août

Je pense que je vais attendre ça toute la journée, à chaque fois que je souhaiterai « bonne continuation » à mes patients je m’en rapprocherai ! Ce soir, c’est mon tour, j’ai rdv avec Madelie, l’ostéo du cabinet. Ce soir, je me mets dans ses mains ! Mon Dieu que ce sera bon. La carcasse n’est apparemment pas en trop mauvais état, mais ça ne pourra que me faire du bien. J’y reste un peu plus d’heure, à tel point que Guillaume est déjà rentré à mon retour. Bière de début de week end au Fiftie’s et soirée JO sur ordinateur tandis que je prépare mon sac pour le lendemain. Les petits français gagneront contre le Venezuela et Manaudou ne décrochera que l’argent au 50 mètres…

Week end du 13 au 15 août

Bon anniversaire Antoine!

C’est Guillaume qui m’en a parlé, c’est encore lui qui m’a donné les coordonnées de Pierre (www.naturedeguyane.com), et c’est avec lui que je devais aller passer 3 jours sur le lac de Petit Saut (Mais il me fera faux bond le fourbe!).

Le lac n’est que la conséquence de la création du barrage de Petit Saut, barrage français situé entre les communes de Sinamary et de Sainte Élie. Construit il y a une vingtaine d’années, il offre un paysage tout à fait étonnant d’arbres morts, ensevelis par les eaux, émergeant du lac. Ça a été et continue d’être une catastrophe écologique et je vous invite à lire sur les conséquences de cette construction, et sur la communication qui en a été faite. Pierre Gutierrez propose des sorties naturalistes de 2 à 5 jours sur le lac, et les trois jours de week end de l’assomption se prêtaient volontiers à cette belle sortie.

Départ de Cayenne à 6h30, Jean Claude Ameisen puis Guillaume Galien en voix de fond, direction Kourou. La nuit avait été plus que courte, mais un café et ça repart…, pour rejoindre le lieu de rdv à l’entrée de la route du barrage. L’accès n’est pas autorisé, nous devons être accompagnés. Rencontre de mes compagnons de route pour les trois jours à venir : Louis et Rodrigue, jeunes aventuriers, étudiants en vacances, Stéphane et ses garçons Max et Lucas, les lyonnais d’Oullins aux congés denses et variés, Laure et Félix, MGEN ( !!) venus tâter le terrain d’une éventuelle installation guyanaise, Aurélie et Kévin, en tournée finale après avoir résidé 4 ans à Cayenne, et Pierre, LE guide !

Route tortueuse pour accéder au dégrad, et nous mettons la pirogue à l’eau. Les touques sont remplies, les voitures garées, la pirogue chargée, les masses humaines réparties… et c’est le départ. Le spectacle est immédiat, et si nous papotons bien un peu entre voisins, je ne perds pas une miette de l’environnement. J’avais eu un aperçu dans la BD Le Manuel de la Jungle de Nicoby, Joub et Copin, mais voir en vrai, de ses yeux, c’est tellement mieux. A l’arrivée, prise de possession des lieux, installation du campement, déjeuner et quartier libre (qui se transformera en sieste, sans que je ne m’aperçoive de rien… le réveil est rude, j’ai du dormir trop longtemps ! Fatiguée ?… Si peu).

Et à partir de là, le week end va être organisé autour de sorties naturalistes, observation de la faune, de la flore un peu, de sorties en pirogue, carnet de croquis, ponchos, jumelles et appareils photos dans les mains. Malheureusement, et de manière malheureusement consensuelle, ces deux derniers vont nous faire faute à des moments clefs de sortie, buses que nous sommes (je reste dans la thématique ornithologique, même si j’ai souvent pensé que traiter quelqu’un de « buse » était plutôt un compliment compte tenu de l’élégance de la bestiole en question).

Alors voilà, je ne détaillerai pas trois jours, impossible, trop de choses, et puis, il faut que vous voyiez par vous même, mais quelques temps forts…

  • Nos sorties nocturnes et particulièrement la première. Sans appareil pour immortaliser cet instant, nous ferons la rencontre d’un puma. Pierre qui chuchote, qui coupe le moteur, et qui guide l’observation… Puis le voilà ! Il est clair, nous observe curieusement, autant que nous avons les yeux braqués sur lui. Pas inquiet plus que ça le garçon. Il va prendre le temps de rester, baillera (c’est là qu’on se rend compte que le chat posté devant nous est gros !!) et c’est « patte patte » (« tranquille » en roannais) que ce puma d’une cinquantaine de kilos nous tournera le dos et s’en ira vaquer à ses activités nocturnes ! Quelle chance incroyable et rare… Le reste sera forcément moins extraordinaire, mais nous aurons la chance de voir trois jolis caïmans gris sur les deux sorties, deux serpents (des boas d’Amazonie), un engoulevent géant, des araignées (des mygales, tapinauchenius plumipes à ce qu’il paraît).

Et pendant ce temps-là, des lucioles clignotent (A380, sors de là !) et la lune rayonne !

  • La pêche à l’aymara : c’est Max, Louis et Laure qui se collent à la pêche des appâts, la carpe normalement. Finalement, ce sera deux pacoussines et une carpe. Nous allons poser les trappes en soirée, des sortes de cannes à pêches sans cannes, avec bouchons et hameçons de bouchers, et les récupérons en matinée. Et là, surprise, deux ayamaras se sont faits prendre au piège, sur les 8 trappes posées !!! Pierre en relâche un, nous en aurions trop de deux, et le deuxième n’est pas blessé. Par contre, le premier terminera boucané, sur le grill, fumé à cuisson lente, et nous nous en délecterons lundi midi avant de prendre la route retour. Un pur délice !
  • Les petits déjeuners sur l’eau, les lumières du matin, la baignade au milieu des arbres morts, qui dure une éternité et qui donne des envies d’évasion (il n’y a plus de limite… ), les cris des singes hurleurs du matin, les arbres cathédrales, les ballets des aras rouges, la chaleur qui augmente imperceptiblement… Le premier matin, nous ferons un affût, nous irons guetter les loutres géantes à la sortie de leurs terriers. Et elles seront au rdv ! Là, ce sont les jumelles que nous avons oubliées. Je confirme, nous ne sommes pas parfaits !
  • Tous les moments que nous passerons sur l’eau à contempler les perroquets verts poudrés, les aras chloroptères, les araçaris grigri, les perroquets amazones, le pic ouentou, l’urubu à tête jaune, le toucan Ariel, le toucan à bec rouge, l’oiseau serpent ou aninga, le singe attelle, le singe hurleur, le héron cocoï, les martins pêcheurs, le faucon des chauve souris, le milan, le saki à face pâle, le piaye écureuil, un morpho, le toui para, les chauve souris… pas vraiment de photos pour illustrer (cliquez sur la première photo pour les avoir en diaporama), je n’ai pas l’appareil pour, mais quelques silhouettes. Et en sus, des liens pour les sons qui nous accompagnés pendant ces 3 jours (singe hurleur https://www.youtube.com/watch?v=cQ-xq6RhaSg et oiseau sentinelle https://www.youtube.com/watch?v=p4Iq-jyv_zU).

     

  • Allez, et parce qu’il faut conclure, nos petits instants du quotidien, dans nos hamacs, notre salle de bain géante ou piscine olympique XXL, au gré d’un voyage aux toilettes, au décours d’un moment de pause, d’une balade en forêt à trouver des feuilles oignons (ou clusias en scientifique), à se questionner sur bacamapa ou pas bacamapa ?, à s’imaginer dans un film d’animation de Hayao Miazaki version « Le château dans le ciel en Amazonie ».

Bref, vous l’aurez compris, quand il a fallu rentrer, je n’avais pas envie, mais alors pas envie du tout. Rentrer à Cayenne c’était quitter ce lieu sauvage, retrouver le monde, et reprendre le travail… Le seul point positif, c’est que le lendemain, nous étions mardi…

Lexique de la 6ème semaine : il n’y en a pas, volontairement cette fois. Suffisamment de nouveaux mots à retenir dans tout ce vocabulaire ornithologique amazonien !

Mais deux liens, et une incitation à ce que vous alliez chercher davantage encore. Très belle semaine à vous !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Petit-Saut)

http://raoni.com/actualites-858.php

12 août 2016 / avec1o

J’aime mon métier

J’aime mon métier…

En fin de première, il a fallu choisir une orientation professionnelle. Ce que j’aimais à l’époque, c’était le basket, dessiner mes profs et légender mes dessins de commentaires stupides, être le plus souvent possible entourée de garçons, Annabelle, ma meilleure amie, les vacances, prendre le train pour aller au lycée, le « mec du train »… Mais je n’avais pas en tête qu’il me faudrait travailler. La vie était bien trop insouciante pour ça !

Alors certainement parce que, grandissant trop vite et ne me tenant pas très droite, j’ai eu à faire d’avoir des séances de kiné quand j’avais 12 ans, que le corps humain me fascinait, que je voulais travailler avec mes mains mais faire des études courtes, à un moment, au CIO, ils m’ont dit que le métier qui correspondait le mieux à tout ça était « masseur kinésithérapeute ». Je n’avais pas trop d’idée sur ce que ça représentait à l’époque…

N’empêche que depuis juin 1999, c’est le métier que j’exerce.

En 17 ans d’exercice, le sentier est sinueux, mais riche et varié !

Après ces années passées à vivre mon métier, être kiné, pour moi, c’est :

  • rencontrer des gens, et souvent des gens formidables, parce que formidablement différents et riches d’apprentissage
  • la possibilité d’être mobile donc, et pas forcément engagée pour des années au même endroit (être remplaçante, c’est répondre à une annonce par mail, et être embauchée par retour de mail. Ca perturbe un peu au départ, mais finalement on s’y fait très vite. A tel point que quand il s’agit pour une raison absurde de rédiger un CV, nous ne savons plus faire !)
  • l’assurance de travailler tout le temps, partout, quand on veut donc
  • pouvoir travailler à l’autre bout du monde, et dans les DOM TOM, sous un format connu de notre système de métropole, sous le soleil et parfois même entourée d’eaux limpides caribéennes (à moins qu’on n’opte pour Mayotte, la Nouvelle Calédonie et leur lagons, ou pour la Réunion, sa randonnée et sa plongée…)
  • être dans le contact, dans la relation, dans le toucher (on est même payés pour ça !)
  • et beaucoup plus trivialement, pouvoir gagner de l’argent rapidement, en plus d’avoir une reconnaissance sociale… C’est con, je vous l’accorde, mais quand on parle de délit de faciès, à l’inverse il existe des délits positifs de statut professionnel, et apparemment, avouer « je suis kiné », ça en jette (bien plus que de dire que je suis en reprise d’étude, je confirme !!! (et souvent, depuis que j’ai repris mes études et qu’on me demande ce que je fais, assez rapidement, je balance ma phrase magique « je suis kiné de formation », pour que les gens soient tout de suite rassurés. Ouf, ça y est, je n’ai plus à me justifier !!)). C’est complètement nul, mais c’est un fait… Je ne pense pas en abuser, car même si je suis kiné et que j’aime mon métier, qu’il me va bien, et que nous nous sommes bien trouvés, je suis tellement d’autres choses !

Etre masseur kinésithérapeute ces 17 dernières années m’a permis :

  • d’aller en Equateur et d’y travailler
  • de me rendre utile au Cambodge et de découvrir ce fabuleux pays
  • d’apprendre le massage thaï et d’aller étudier en Thaïlande
  • de transmettre sur mes convictions de bienveillance à l’égard des patients à forte dépendance motrice
  • de rencontrer Annaïg, amie dans la lutte, mais pas que, Lalie, ma soeur de coeur, et toutes mes collègues et amies avec qui nous partageons le langage kinesthésique, langage du corps, inné pour nous alors que tellement étranger à certains
  • de connaître des expériences fortes dans l’accompagnement de familles d’enfants handicapés
  • de jouer à la poupée avec des tas d’enfants qui allaient plutôt bien, en toute légitimité
  • de reprendre mes études et de mettre un pied dans la recherche
  • de séduire (parfois… !)
  • de voyager souvent, et loin
  • d’explorer la banlieue parisienne !
  • de m’occuper de sportifs de haut niveau
  • et, plus récemment, de découvrir la Guyane. Et c’est loin d’être anodin… Si même, c’était un tournant pour la suite… ?

En résumé, j’aime mon métier de kiné

Je ne remercierai jamais assez mes parents de m’avoir aidée à le devenir.

J’ai toujours dit que je ne serai pas kiné toute ma vie. C’est une ineptie, car bel et bien, à l’arrière d’un chevalet, les pinceaux à la main, au tableau en train de transmettre, ou derrière un ordi en train d’analyser des données de labo, je serai toujours kiné, parce que c’est un peu dans mes gènes, ça me constitue, et quelle que soit la direction professionnelle que je choisirai, je serai et j’aimerai être tout ce que j’ai décrit plus haut.

Puisqu’il s’agit de voyage, je ne manquerai pas de vous raconter dans un prochain article tout l’insolite qu’il y a en plus à être kiné en Guyane, et toutes les raisons supplémentaires pour lesquelles… J’AIME MON METIER

9 août 2016 / avec1o

5ème semaine : notion d’histoire…

Ça y est donc, c’est la cinquième semaine. Et cette fois, j’aborde une page sombre de notre histoire, méconnue de la plupart d’entre nous… Retour sur l’histoire du bagne.

Mais avant… le début de semaine démarre sur les chapeaux de roues !!

Lundi 1er août

Toujours off le lundi après midi, je rejoins Marie au Dégrad des Cannes, le port de commerce de Cayenne. Nous embarquons pour l’îlet la Mère, situé à 12,8km du dégrad. Il fait partie des îlets de Rémire (avec l’îlet le Père, le Malingre et les Mamelles). D’après la légende, l’îlet le Père et l’îlet la Mère se promenaient un jour avec leur progéniture au large de la Guyane quand ils furent surpris par un raz de marée qui les poussa sur les côtes et les fit échouer sur les fonds de vase de Rémire. Leurs deux filles (les Mamelles) les suivirent mais leur plus jeune enfant disparut. Leur serviteur, le Malingre, envoyé à sa recherche, s’arrêta non loin, à bout de force. Ce n’est que plus tard que l’enfant perdu toucha les hauts fonds de Guyane et y resta fixé.

Au niveau historique, l’îlet la Mère a été dès 1852 affectée au bagne, pour les déportés politiques et les volontaires. A partir de 1853, elle héberge les récidivistes et les repris de justice soumis aux travaux forcés. En 1860, elle devient destination des invalides et des vieillards, mais suite à une épidémie, le bagne est fermé par l’administration en 1872 et l’île désertée en 1875. Au cours des décennies qui suivront, il y aura des tentatives d’exploitation notamment ostréicole, sur l’île mais le conservatoire du littoral se verra finalement affecter l’îlet en 2005 pour l’accueil du public.

Elle est riche de variétés d’arbres, la forêt est de type secondaire, même si de très beaux spécimens de fromagers ont survécu, notamment le remarquable « siamois ».

Le tour de l’île est rapide, sauf si l’on prend son temps (or, nous l’avions…). Et puis, nous étions en mission secrète pour faire le recensement animal de l’île ! Au total, nous dénombrerons :

  • 4 agoutis
  • 2 chauve-souris
  • 1 tortue
  • 13 rats
  • un nombre incalculable de petits saïmiris (ils sont plus de 200 il paraît)
  • et toujours pas de poissons rouges…

Au retour, le captain nous offrira le Ti punch, et nous fera une lecture des différents oiseaux qui ont trouvé refuge sur la mangrove. Nous les verrons de loin, aux jumelles, mais ils sont tous là, les ibis rouges, les aigrettes neigeuses, les aigrettes bleues et les spatules.

Mais la journée n’est pas finie !!! Parce que demain, c’est l’anniversaire de Maud, et qu’une fête surprise s’organise par anticipation au Café de la Gare. On est lundi, on sait déjà que ce n’est pas sérieux, mais c’est pour Maud, c’est de plus une très belle soirée, pleine de rencontres et de découverte des us locaux (Marie expérimentera le très célèbre « piqué » du carnaval… un grand moment !)

Mercredi 3 août

Je retrouve la plage des Salines pour un footing matinal. Outre le chien prédateur de tortue et son maître imbécile, je croise une « chiée » ou « pétée » de méduses (c’est selon), des membres de l’association Kwata, et surtout… des bébés tortues olivâtres ! Et cette fois, j’immortalise mon émerveillement du matin. Celles ci dissocient les ceintures, contrairement aux Luth. Il est l’heure de se jeter à l’eau !

En soirée, c’est dans le jardin que j’installerai mon salon de massage. C’est Marie cette fois qui en bénéficiera. Je sème mon massage thaï !!!

Jeudi 4 août

Le footing sur le sentier de l’Oyola passera comme une lettre à la poste. La forme ne se prolonge pas dans la journée, la fatigue du début de semaine se fait sentir et pourtant nous profitons d’être ensemble avec Marie pour découvrir le 50’s. Guillaume, pendant ce temps là, travaille. Le soleil a oublié de briller aujourd’hui.

« Tu vis sous l’eau toi, ou quoi ? » sera l’expression de la soirée !

 

Vendredi 5 août

Lever 5h15 pour un lever de soleil sur la plage des Salines. Dieu que nous avons eu raison. Je vous laisse admirer pourquoi… Et puis, en plus, elles étaient au rdv. Parce que c’est elles, évidemment, que nous venions tenter de trouver. Une émergence, une autre, de Luth (qui ne dissocient définitivement pas les ceintures). Nous avons tout le temps de les admirer, le courant les éprouve. Pas à dire, il faut en surmonter des obstacles pour survivre quand on est petite tortue, et dès le départ…

La journée sera longue de 11h, entrecoupées par une séance de natation. Elle se termine par un apéro (parce que c’est vendredi) et des crevettes sauce saté flambées au rhum vieux, accompagnées de riz et de sauce chien… Pas mal!!

Samedi 6 / Dimanche 7 août

Les îles du Salut, un archipel à 14km au large de Kourou.

Et leur histoire…

Notamment celle du bagne, lieu de déportation des condamnés de métropole.

Les îles du Salut sont occupées dès 1852. Dès 1895, chaque île a sa fonction : l’île Royale est le domaine de l’administration et des condamnés de droit commun. On y trouve le sémaphore, l’auberge, l’ancienne carrière, le presbytère et la chapelle, la maison des sœurs, l’hôpital militaire, le phare, le cimetière des enfants, le quartier pénitentiaire, les cellules disciplinaires, le quartier des surveillants et la piscine des bagnards. Les prisonniers politiques sont envoyés à l’île du Diable. Dreyfus y résida quatre ans. L’accès à l’île du diable se faisait uniquement par téléphérique du fait des courants et des requins qui rendaient l’approche en bateau impossible. Tandis que l’île St Joseph abrite les terribles cellules réservées aux récalcitrants de la soumission. Albert Londres va militer pour la fermeture du bagne par ses articles cinglants. Il faut attendre 1946 pour voir se tourner cette page obscure de la justice française. En 1965 le Centre Spatial Guyanais s’installe à Kourou et les îles étant sur la trajectoire des lancements, elles deviennent un lieu stratégique qui doivent être évacuées à chaque tir. Le CNES en acquiert la propriété en 1971.

En Guyane sur près de 68000 transportés de 1852 à 1938, 50000 vont périr, 1400 s’évadent et à peine 300 anciens bagnards s’établissent en Guyane, après la liquidation définitive du bagne en 1948.

Concrètement pour nous, c’est un départ à 6h45 de Rémire pour un embarquement à 7h45 sur Guyavoile à Kourou. A 10h30, nous débarquons sur St Joseph, où nous passons une bonne partie de la journée, entre pique nique, visite, sieste, pause dessin, errances dans les vestiges et bain d’eau de mer (étonnamment bleue par rapport à celle de Cayenne). Nous migrons sur l’île Royale où nous établissons notre campement : nous installons nos hamacs dans les anciens lieux de rétention des bagnards… étrange. Fin de journée tout à fait tranquille au milieu des capucins, petits singes espiègles aux visages si humains, des agoutis, des arras et des perruches, des paons, poules et coqs. Je n’oublie pas les araignées, le milieu est hostile !! Nous dînerons au restaurant, le croupia sera au menu du soir. C’est un poisson, et c’est bon. Avec son accompagnement d’igname et de sauce chien, je sais que je suis en Guyane !

Le dimanche sera sportif d’abord, la nuit ayant été passablement mauvaise du fait de la chaleur et de la promiscuité, le réveil est matinal et j’ai des fourmis dans les jambes. Je fais deux fois le tour de l’île pour me les dégourdir. Nous prenons le petit déjeuner en terrasse, au bord de la piscine des bagnards, et Marie et moi, tandis que Guillaume se repose de sa semaine, assistons à la visite de Mr Colin, incollable sur l’histoire des îles. C’est un monsieur âgé, qu’on sent passionné, passionnant donc, et qui nous racontera en long, large et travers l’historique de l’archipel en près de 2h30 ! L’après midi sera donc tranquille, nous retrouvons le bateau où nous nous baignons, et visiblement, le courant passe avec Gaëtan et Pedro, nos captains, car ils nous garderont à boire l’apéro, après que la vingtaine de touristes aura débarqué à Kourou. Nous sommes un peu privilégiés… Le bateau est sympa, plus tard quand je serai grande, j’expérimenterai la vie sur un catamaran comme le leur !! Il est temps de partir, c’est que demain il y a école et qu’on n’est pas d’ici ! Maud, Désirée et leurs copines partageront un bout de pizza avec nous avant que nous ne sombrions tous dans un profond sommeil réparateur.

C’était un excellent week-end, c’était une très belle semaine…

Ah mince, il semblerait que demain soit un lundi !

Juste avant de vous quitter, le lexique de la 5ème semaine, et un coup de gueule… Parce qu’il semblerait que personne ne lise les articles jusqu’au bout. Personne n’a relevé qu’il n’y en avait pas sur la 4ème semaine! Ca ne servirait donc à rien de passer des heures à écrire…?

Lexique :

Dégrad : Sorte de port fluvial rudimentaire, en Guyane française.

Piqué : Le piqué est un pas de danse des danses traditionnelles pratiquées pendant les soirées touloulous. Cela consiste à « piquer » son partenaire avec son bassin. C’est un peu comme la température au mois d’août… un brin chaud !!

Grafouillé : râpé (se dit d’un genou qui aurait une écorchure…)

CNES : Centre National d’Etudes Spatiales

Chiée / Pétée : grand nombre de … Expression suisse de Belgique

Ça joue : ça le fait, ça marche. C’est aussi du créole suisse. Allez comprendre !

3 août 2016 / avec1o

Intermède… de tongs

Un peu de culture générale…

Intermède (petit Larousse) : Événement qui interrompt le cours, le développement de quelque chose
Tong (Wikipédia) : La tong, tongo ou nu-pied, aussi appelée gougoune au Québec ou simplement sandale, slache en Belgique francophone mais plus particulièrement à Bruxelles, ou encore savate (savates deux doigts) ou claquette dans la France d’Outre Mer, est une chaussure formée d’une semelle sur laquelle sont fixées deux brides en Y dont la lanière verticale (le « bâton » sur lequel repose le Y), fixée sur la semelle, sépare le gros orteil du reste des orteils du pied. Cette caractéristique distingue les tongs de ce qui en France métropolitaine et autres régions francophones est appelé des « claquettes », le mot utilisé dans certaines îles ou archipels francophones, comme la Nouvelle-Calédonie, pour désigner les tongs.

Parfois appelée péjorativement « string des pieds », la tong est une chaussure estivale et ludique dans les contrées occidentales ; elle est portée de façon quotidienne par les deux sexes sous les tropiques.

Le mot « tong » vient de l’anglais « thong » (« lanière »).

 

1 août 2016 / avec1o

4ème semaine… option nature

 

 4ème semaine… Ca y est, un mois que je suis là, je vais aborder le deuxième avec déjà la grande envie de revenir.

Mais pour l’heure, revenons ensemble sur les faits marquants de cette semaine.

Lundi 25 juillet 2016

Je profite de la présence de Marie pour explorer le Rorota en marchant. Il paraît qu’on y observe de la faune remarquable. Trop occupée à éviter l’entorse quand j’y vais courir, je n’ai jamais vraiment pris le temps de lever les yeux pour chercher les animaux qui se cachent à la cime des arbres. Sitôt ma tournée de domiciles achevée, nous longeons la route des plages jusqu’au Fort Diamant, qui sera le point de départ de notre randonnée estimée à 8,6km. Nous abordons les difficultés en traversant un jardin —– et une jolie bambouseraie. Ca grimpe assez rapidement et la chaleur n’aide pas forcément à trouver le rythme. Nous croiserons un spécimen étrange, spécialiste en matière de camouflage, presque invisible sur son tronc, et de belles toiles d’araignées. Le sentier de 1,7km entre Fort Diamant et la boucle de 5,2km du Rorota est moins fréquenté, et les cheveux d’ange sont légion sur le sentier. En fin d’après-midi, les randonneurs et coureurs sont nombreux, nous traversons des passages de troncs coupés, nous longeons des rivières, passons un pont, sommes entourées de vert (le rouge et le vert sont complémentaires…). Mais celui que nous cherchons tarde à se montrer. Il se niche au sommet des arbres canons. Il est grand mangeur de feuilles, est spécialiste lui aussi en matière de camouflage, il n’a absolument pas le poil soyeux, et le film Zootopie l’a stigmatisé à jamais (https://www.youtube.com/watch?v=H5TQ-uDqDrU). Il s’agit bien sûr du mouton paresseux. Marie a l’art de les dénicher. Nous en verrons 3, dont un nous fera le plaisir de bouger (si, si, ça arrive !!) en descendant le long de son tronc. Nous apprendrons que mouton paresseux ne se traduit pas lazy sheep en anglais, mais plutôt sloth et enfin, j’en aurai vu de mes yeux ! Merci Marie !! Nous redescendrons un brin accompagnée par l’obscurité (le jour tombe vite en Guyane, ce qui nous permettra de surprendre une compagnie de Capucin dans la bambouseraie de départ. Just on time !!

Mercredi 27 juillet 2016

Journée de travail qui commence par un footing sur la plage qui me fâche fort (mais je ne reviendrais pas dessus) mais qui se termine par un massage Thaï. Au détour d’une conversation sur le voyage avec un patient, j’aborde mes allers retours en Thaïlande et les formations suivies là-bas. La curiosité l’emporte et j’ai le plaisir de faire découvrir à mon patient ce massage. Pas tout à fait banal un massage thaï réalisé par une française sur le sol guyanais. Mais il est adopté ! Je devrais penser à monter une affaire ici… !

Jeudi 28 juillet 2016

Invitation lancée à Maud et Désirée pour venir prendre l’apéro à la Colline et aller embêter les tortues. Nous avions une bouteille de rouge à partager, gagnée sur l’écolodge de Jal Voyages lors de notre sortie dans les marais de Kaw, après avoir été les plus brillantes au jeu des noms d’oiseaux. Du coup, c’est ce soir ! Et pour compléter la soirée, armées de nos frontales et de bières, nous arpentons la plage à la recherche des tortues pondeuses. Un groupe éclairé nous indiquera la présence d’une tortue olivâtre. Elle a rempli sa mission et s’en retourne à l’eau. Elle n’est pas très grosse, mais c’est toujours impressionnant. Le groupe se disperse et nous savons déjà que nous ne nous contenterons pas de cette maigre rencontre. Il est environ 23h et nous savons que potentiellement, d’autres seront au rdv. Il nous faudra marcher environ 20 minutes de plus pour apercevoir une Olivâtre toujours, ascensionner la plage. Chouette ! Nous assisterons à toute la cérémonie. Elle creusera son trou, nous arrosera de sable, avec une précision d’horloger, que ne laissent pas présager ses pattes préhistoriques, aura un moment de répit (la ponte) puis entamera une espèce de danse statique pour tasser le sable après avoir recouvert le nid, là encore avec une dextérité à couper le souffle. Nous l’avons surnommée Gaïa, déesse de la terre. Nous sommes les seules privilégiées, nous l’avons pour nous toutes seules. Cela durera presque une heure. Au moment de repartir à la mer, des membres de l’association Kwata (http://www.kwata.net/) lui injecteront une puce électronique. Ils longent la plage toutes les nuits, les baguent pour suivre leur évolution, nous confirment qu’elles sont en danger d’extinction, particulièrement les Luth. Ils font vite. Apparemment cette nuit, c’est tout calme. Si j’en avais vu tant de traces l’autre matin, c’est qu’elles sortent en bande, un esprit grégaire qui les protège des prédateurs. Il est 1h quand j’éteins mes yeux. Ils risquent de piquer demain…

Vendredi 29 juillet 2016

Fin de semaine, et fin de journée au musée de la Franconie, où je rejoins Guillaume et Marie. Il est ouvert au public ce soir, en nocturne. C’est une occasion d’en connaître un peu plus sur la faune, l’histoire, l’art guyanais. Le musée est vieillot, l’exposition un peu fouillie, mais le cadre est splendide. Superbe maison créole ouverte, en teintes de bleus. Un brin d’esprit colonial, toute ouverte, avec de grandes pales de ventilateurs aux plafonds. Nous finirons sur la place des palmistes à croquer nos sandwich achetés Chez Momo, l’asiatique. Les petits camions de junk food sont de sortie, nous rentrons dans le week-end.

Week-end des 30/31 juillet 2016

Sentier du Molokoï avec Marie. « Le sentier Molokoï est un sentier de randonnée pédestre qui propose un itinéraire de 18km traversant des forêts primaires et secondaires, talwegs, criques, bas-fonds humides et chaos rocheux. A mi-parcours, des carbets refuges et une zone de carbet bivouac pour carbets-baches permettent d’effectuer la randonnée en deux étapes er de passer la nuit en forêt ». Ca fait un moment que ça nous trotte dans la tête. On avait un peu anticipé dans la semaine, et après être passée par un magasin de ravitaillement, nous prenons la route vers l’auberge des Orpailleurs, à une heure de Rémire, point de départ de cette randonnée de 18km en forêt, que nous projetons de faire sur deux jours, avec une nuit à passer en carbet.

Il sera 11h18 quand nous prendrons le départ après avoir déposé notre voiture et sa clef aux propriétaires de l’auberge. Nous sommes assez rapidement mises dans le bain (au sens propre, il ne servira à rien d’essayer d’éviter de mettre les pieds dans l’eau ou la boue !). Il fait bien chaud sous les arbres, bien humide aussi. Rando en milieu tropical en fait ! Arrêt pique nique, et nous traversons plusieurs types de forêts. Nous entendons bien quelques oiseaux, sans arriver pour autant à leur mettre de noms dessus. Nous croisons aussi quelques habitants pourtant camouflés. Juste assez pour se dire que nous en sommes entourées ! la fin d’après-midi est plus dure. Nous avons eu la malchance de tomber sur le panneau PK7 (qui nous indique le 7ème km parcouru) et nous cherchons du coup les autres. Le 9ème tarde à apparaître. Peu après, nous croisons une piste, la piste boulanger, qui permet d’accéder au sentier plus facilement et de secourir les randonneurs en cas de besoin. Parce que quand même, même s’il est balisé et aménagé, le sentier reste sport et hostile. Il ne sera pas question de se faire mal… A 17h et des brouettes nous croisons deux hommes qui nous confirment qu’il reste un peu de place dans les carbets pour poser nos hamacs. Ouf, nous ne dormirons pas à la belle étoile, mais dans le carbet cuisine, au dessus des tables. Il faudra juste les tendre davantage. A PK11, nous entendons enfin du bruit, signe que nous sommes arrivées. Les deux carbets sont pleins, nous monterons donc en effet nos hamacs dans le carbet cuisine. Nous commençons par cela, histoire de s’en affranchir. Puis douche dans la salle de bain collective, la rivière, pause croquis, bilan de la journée, papotage avec nos voisins, Elisabeth et Pierre, le géologue, Flavien et Quentin, et dîner de salade de riz. La pluie tombera dans la nuit, ce sera une grande première pour moi, première fois en hamac, première fois en carbet, première fois en hamac moustiquaire. Il ne faudra pas penser à la mygale qui dort sous la tôle du carbet, au fait que des animaux peuvent venir nous visiter, ou que je peux tomber de mon couchage…

Et bien, rien de tout ça… ! Une bonne nuit même. Petit déjeuner, pliage de campement, strap de cheville… (on n’est pas mal entourées, les trois carbets recensent un médecin, une infirmière et deux kinés. Question soins, ça devrait aller) et c’est reparti. Il nous tarde un peu d’être à Cacao, où nous rejoint Guillaume. D’autant qu’en plus de la cheville, il y a maintenant le genou. Une bête histoire d’inattention qui rend les descentes pénibles. Ca n’empêche pas de profiter d’un cadre assez enchanteur, même si la pluie a décidé d’être dense et transperçante sur la fin de la rando. Arrivée au village Hmong, nous serons sales, odorantes et lasses, mais assez fières de l’avoir fait. Nous n’attendrons pas Guillaume pour nous restaurer d’amuse gueule asiatiques, et l’accompagnerons sur la soupe vietnamienne. Il y aura encore le planeur bleu, un musée de papillons et autres bestioles guyanaises (dont les mygales…) et puis, il faudra faire la route jusqu’à l’auberge des orpailleurs pour récupérer la voiture. Un café et ça repart, mais pas pour longtemps… Le début de semaine approche bien trop vite !

Si l’on fait le bilan de ces deux jours, ça donne :

  • 2 serpents
  • 2 grenouilles
  • des oiseaux en pagaille, comme un sifflement, une scie circulaire ou une fraise de dentiste
  • 1 écrevisse
  • des chablis
  • des rivières de boue à traverser
  • des lucioles
  • de bruyants crapauds
  • des chauve souris
  • une mygale
  • des lézards, dont un, un peu balaise…
  • et des arbres à gogo, des plantes épiphytes, des arbres remarquables, la terre rouge de latérite
  • une cheville en vrac, un genou contusionné, un lavage de chaussures et de sacs au jet d’eau, une grosse tournée de linge
  • plus de 9 litres d’eau
  • 9 heures de rando en cumul
  • et j’en oublie, forcément !

Et, comme d’habitude :

Zut, demain c’est lundi !!

Bonne semaine (en images de ce bilan…)

28 juillet 2016 / avec1o

Je suis fâchée…

Je suis fâchée…

Footing ce matin sur la plage des Salines. Il était de bonne heure, j’étais partie sur les coups des 6h20, j’avais travail à 7h45, et le temps de détranspirer…

Bref, il y avait eu de l’animation sur la plage cette nuit, que dis-je, cette fin de nuit, puisque les traces allaient jusqu’à l’océan ou presque… ces traces donc, il y en avait des dizaines. Des dizaines de petits tracteurs miniatures. Pas besoin d’être grand détective pour savoir que des Olivâtres, des tortues olivâtres, viennent de se remettre à l’eau après avoir laborieusement ascensionné la plage, creusé et libéré leur cinquantaine de futures petites tortues encore bien au chaud dans leur fragile coquille.

Au bout de la plage, la trace était plus large, c’était une Luth, pas de doute. Zut… Encore loupé. Il ne faut pas traîner si on veut en croiser, on arrive en fin de saison de ponte des Luth, et à ce que Pablo m’a confirmé mardi au travail, après en avoir croisé deux samedi soir, c’est réellement impressionnant. De vraies forces de la nature pour parcourir les mètres qui séparent l’océan du sable sec. Il faut bien se rappeler qu’elle ne pèse pas moins de 500Kg. Belle performance !! Il faudra se lever encore plus tôt, venir sans runnings et accessoirement avec une frontale et peut être même un appareil photo.

Bref (bis), outre ces jolies traces, encore une fois, j’assiste au miracle d’une éclosion d’un nid de petites Olivâtres. De loin, on dirait des cafards, pas forcément des plus ragoutants. Mais de près ce sont bel et bien de jolies tortues miniatures qui se jettent à l’eau. Trop chou ! On est quelques uns à assister au spectacle. Un guyanais observateur me fait remarquer qu’elles ont interrompu ma course. Et oui, il y a des priorités !

Bref (ter), encore une fois, un cadeau du matin, encore une sacrée bonne raison d’être matinale, et d’être bien ici.

Je préviens un couple avec un chien sur le fait que des tortues fraichement émergées luttent pour survivre et qu’il serait de bon ton qu’ils neutralisent leur quatre pattes avant qu’il ne fasse des dégâts. C’était sans avoir remarqué cet homme à lunettes, plus que bien portant, faisant sa promenade matinale avec son sale cabot. J’entends un « non, pas ça ». J’aperçois une petite forme noire derrière le chien en question qui repart en courant. Je me dirige vers feue la tortue.

Parce que la tortue est morte…

J’interpelle ce connard de propriétaire de chien, désespérée « Elle est morte !… ». Il se retourne. « Mais non, il l’a à peine touchée ». Mais si connard, elle est morte, elle a des traces de morsure sur le corps, des traces rouges, elle ne bouge plus… D’assez nombreux symptômes pour affirmer qu’elle est morte. Celle là ne prendra pas la mer… Il n’y a donc pas assez de prédateurs sauvages ? Faut il donc que ce gros plein de soupe s’autorise à prendre la vie d’une petite miraculée ? Je l’insulte, lui dis que c’est la pleine période des émergences, qu’il a une laisse pour son chien, qu’elle serve au moins à quelque chose !

« Vilain » fera office d’engueulade. Je rage !

Je ne comprends vraiment pas. Ce n’est pas comme si on ne le savait pas, qu’elles étaient peu, protégées, et qu’il fallait en prendre soin. Qui est il donc pour déconsidérer l’importance de chacune de ces si fragiles tortues ?

Je suis fâchée, disais-je donc.

Fâchée à mon niveau, c’est à dire incapable de lui crier ma haine, mais des larmes dans le cœur et la voix. Je ne comprends pas…

Guillaume et Marie, à leur réveil, seront mes oreilles, recueils de ma colère.

Une nouvelle fois je hais les chiens, mais davantage encore leurs maîtres…

25 juillet 2016 / avec1o

3ème semaine

3ème semaine…

Comme ça passe !! Vous avez pu constater que je ne me contenterai pas de posts hebdomadaires… Mais je me permettrai de glisser quelques articles sur des points forts de mon séjour guyanais.

Mais pour l’heure, voici ce qui s’est passé cette semaine :

Lundi 18 juillet 

Une belle journée bien remplie… Le lundi matin, je travaille, mais que le matin ! Sauf que ce lundi avait de particulier que je rencontrais la responsable de l’Hospitalisation A Domicile, pour commencer la prise en charge d’un petit bonhomme. Ici aussi, je commence à développer le réseau. Le taux de natalité guyanais explose et le nombre de professionnels spécialisés en pédiatrie est ridicule. Elles ont bien entendu que mon expertise était dans le domaine de la neuropédiatrie. Je risque d’être sollicitée, pour sûr.

Quelques coups de téléphone et mails professionnels et je rejoins Thierry pour une sortie en canoë, sur la plage Montabo. Nous faisons le tour des 3 îlets, nous sommes à la recherche de dauphins (nous échouerons…), puis nous revenons à la pointe de Montabo, accoster et déranger l’aigrette qui pêche le poisson piégé par la marée. Belle fin d’après midi, pour un effort relatif. Nous sommes deux seuls en mer, comme un petit sentiment de liberté !! Je repars avec une carambole du jardin ( !!!). Il y a aussi des mangues pas loin, et des bébés chats qui se laissent volontiers caresser (note pour la rentrée, adopter un bébé chat pour me tenir compagnie dans mon nouvel appartement).

Mardi 19 juillet 

La journée commence par un footing sur l’Oyola. J’avais vraiment eu de la chance le premier jour, de rencontrer des bestioles ! Journée ordinaire de travail, qui se termine à Coco Soda avec le harem professionnel de Guillaume autour de la table. Jeune Gueule (c’est la bière locale), accras et frites maison feront office de dîner, je rentre par anticipation. La cerise sur le gâteau sera l’émergence de petites tortues Luth, mais je vous en ai déjà parlé il me semble…

Mercredi 20 juillet

En domicile le matin, je retrouve le cabinet pour une courte après midi de travail. Un patient a annulé, je saute donc dans la piscine olympique (j’ai fini par prendre une carte, ce sera plus raisonnable…). Rentrée à la maison, je cuisine crudités pour Guillaume et ses collègues, agrémentées de gâteaux apéro et de Ti Punch. Les glaces Coco et mangue donneront une note sucrée à notre dîner, ça ressemble aux vacances quand même. Mais je commence à être sacrément fatiguée… !

Jeudi 21 juillet

Je pars de bonne heure courir sur la plage des Salines, la mer est haute et un groupe s’est formé. Cette fois, c’est une olivâtre, la petite éclaireuse, qui peine à redémarrer pour rejoindre l’océan. C’est un cadeau du matin, merci la nature…

J’ai inversé les rôles cette fois, ce sera cabinet le matin, domiciles l’après midi, le dernier s’achevant chez un enfant envoyé par l’HAD justement, microcéphale et bien gêné dans sa motricité. Question environnement, il faut faire preuve sacrément d’adaptations… c’est le domicile, en Guyane, sous la chaleur, chez une famille brésilienne, la maison est petite, au fond d’un portail en tôle. Mais c’est du pur bonheur de revenir à une pratique pédiatrique. Plus tard, quand je serai grande, je re-travaillerai avec les enfants !!

Par contre, c’est un brin énergivore… et je n’ai plus de piles quand je rentre. Je ferai l’impasse de sortie, je file au lit.

Vendredi 22 juillet

Belle journée de travail, avec une pause piscine entre midi et deux, seule dans ma ligne les 2/3 du temps. Un patient est passé, m’offrir un cadeau de fin de prise en charge, trop mignon… Marie est arrivée youhouhou !!! Guillaume a déposé son colis de sœur chez lui. Je la récupère et nous allons tous dîner dans un resto vietnamien. Banh Xéo pour tout le monde et longue discussion avec le proprio sur les spécialités locales vietnamiennes. En peu de temps je repars là-bas, et je revis mentalement notre périple asiatique avec Virginie.

Samedi 23 juillet

Lever matinal pour footing long. 1h50 cette fois, je double le Rorota, mais je suis cuite en rentrant. Petit déjeuner avec Marie en terrasse. On n’est pas archi productives du matin… elle vient d’arriver en même temps, et puis c’est le week-end, et puis on n’est surtout pas obligées. Finalement, on se rendra en agence de voyages, on ira boire un café au bar des Palmistes, au marché, y faire nos courses, y manger une soupe vietnamienne (je vous parlerai des ethnies en Guyane dans un post futur). Nous croisons Thierry, Damien, infirmier à l’HAD, Pablo et Patricia, avec qui nous déjeunons… Bref, le monde est tout petit. Après-midi courses, puis plage pour aller finalement dîner à la Petite Maison, manger de la loubine, un poisson d’ici, hyper fin, mais la fatigue est vraiment trop prégnante, je deviens de mauvaise humeur. Si, si ça arrive !

Dimanche 24 juillet

Réveil de bonne heure pour aller assister à la messe de 8h, à la cathédrale de Cayenne (ce sera l’objet d’un post très prochain…). Une très belle idée, un très beau moment, partagé à 4 filles, Guillaume étant resté dormir. Petit déjeuner tardif et je me désolidarise du groupe pour aller nager dans MA ligne d’eau (je sais, je vais commencer à être pénible…), et commencer un dessin qui finira aquarellé. Que du bonheur de retrouver le crayon !!! On se rejoint pour visiter le zoo de Montsinéry, à une trentaine de minutes de Cayenne. Espèces guyanaises en tout genre, des reptiles (on voit un peu mieux les caïmans qu’à Kaw !) aux oiseaux de toutes les couleurs, en passant par les singes espiègles. Certes ils sont en cage, mais le zoo est arboré, il y a même un « parcours aventure » style acrobranche, il fait presque frais, et on a l’impression d’être en pleine forêt. Ca doit sûrement être moins drôle pour les animaux qui vivent habituellement dans des millions d’hectares de forêts et de rivières comme maison… C’est un zoo quoi…

Fin de journée à la Colline. Zut, demain, c’est lundi !

 

Lexique de la semaine :

  • « je suis là » ou « mo la » version créole : je vais bien (sous entendu parce que si je suis là, c’est que ça va)
  • « mo ka cha pé » ou « mo ka pâti » (c’est du créole s’il y a besoin de préciser…) : je pars
  • pomme de liane : c’est un fruit qui ressemble au maracuja
  • poisson gros yeux : Marie est LA championne pour les repérer
  • pomdeter (cf photos plus haut, au marché)
  • graine de tonnerre : une graine qui s’utilise pour les bijoux, à chercher et trouver sur la plage
  • plantes épiphytes : Les épiphytes (du grec έπί « sur », φυτόν « végétal »; littéralement « à la surface d’un végétal ») sont des plantes qui poussent en se servant d’autres plantes comme support. Il ne s’agit pas de plantes parasites car elles ne prélèvent rien au détriment de leur hôte. Ce type de plantes est particulièrement bien représenté chez les broméliacées (cf post sur Kaw)
  • la picolette : petit oiseau baladé dans des cages, entrainé à siffler pour participer ensuite à des tournois. Un oiseau domestique, en cage. Plus il chante bien et varié, plus il coûte cher. Mais cher !!
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