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29 août 2016 / avec1o

8ème semaine : Décollage d’Ariane, prise de hauteur à la Savane Virginie

8ème semaine, bien riche encore ma foi, de bien de choses différentes…

Lundi 22 août

C’est professionnellement que cette journée sera intéressante. Avec l’HAD (Hospitalisation A Domicile), nous travaillons depuis un moment sur la reprise de l’alimentation par voie buccale d’un enfant victime de méningite, nourri par voie naso-gastrique, avec les infirmiers de en charge de le « brancher » (c’est bien le terme utilisé, mais qu’est ce que c’est laid). Je leur avais fait la proposition de se prendre un temps pour parler déglutition, grands principes, guidage à la cuillère. C’est aujourd’hui. Ce que j’ignorais, c’est que le médecin de l’HAD et la chef de service, kiné de formation elle aussi, seraient là. Evidemment que nous évoquons principes de la déglutition, précautions à prendre, positionnement, mais le plus important, je fais sentir, sur Marion, ce que nous faisons vivre à nos petits patients. La situation engendrée est un peu cocasse, inhabituelle en tous les cas pour la plupart et prête à rire. Tout le monde est cependant bien intéressé et c’est chouette. J’adore ces temps plutôt informels, de transmission en confiance. Les infirmiers devant partir, on poursuit l’échange avec le médecin qui me fait ouvertement du rentre dedans. Un SSR (Soins de Suite et de Réadaptation) pédiatrique doit s’ouvrir en octobre. Elle est d’accord pour que je rentre en métropole, mais me propose de commencer à l’automne ! C’est un peu entreprenant de sa part, on se connaît à peine !

La journée se terminera chez l’enfant en question. Cette fois les rôles s’inversent, tandis que je m’occupe d’épaissir le lait, Marion s’installe avec Rahim pour lui donner à manger. Beau moment de transmission, par compagnonnage. J’ai tellement bénéficié d’apport de connaissance sous ce mode que c’est à mon tour de donner. Encore une fois c’est en confiance, et même s’il est 21h quand je rentre (j’essaie de concurrencer Guillaume !), c’était une vraie belle journée.

Mardi 23 août

Fin de journée autour de l’apéro, à Matoury et rencontre entre Hayonnaises !!! Au moins… 25 sinon 30 ans que nous ne nous sommes pas vues. Mais je reconnais le visage, des traits qui n’ont pas changé ! J’avais eu l’adresse et le numéro de Christine par mes parents, toujours proches des siens, j’ai traîné pour la contacter. Mais la fin du séjour approchant, il était temps. Nous discutons entre natives de la Haye Fouassière, évoquons le vignoble nantais (elle sortira même une bouteille de muscadet au cas où (mais je reste au Ti Punch, pas de mélanges… !)), les connexions du passé, mais concluons sur notre goût commun pour la douceur de vivre guyanaise. Un très chouette moment, voyage dans le voyage !

Mercredi 24 août

Ariane décolle ! J’ai lâché l’affaire d’aller à Kourou la regarder s’envoler, pas le courage, trop de fatigue. Et puis, si elle ne partait pas au dernier moment ? Hors de question de faire la route pour rien. Pas que j’apprécie ce mot, mais à si peu de temps du départ, je décide de rentabiliser mon temps. Ça me donne aussi l’opportunité de partager ce moment avec Pablo et Vanessa. On se rend donc place des Amandiers, une « Jeune gueule » (la bière locale) à la main, installés face à la mer, face à Kourou. On va l’attendre, on va même se demander si elle n’est pas partie sans prévenir. On s’informe, et non, le vol a juste été retardé. La nuit était tombée, et Vanessa vient tout juste d’arriver, quand elle m’entend crier de surprise et d’émerveillement devant ce point lumineux, que dis-je cette boule de feu qui jaillit de la mer et éclaire la nuit. Un lever de soleil en accéléré sur fond noir. On ne pouvait vraiment pas la louper, mais on ne le savait pas car, pour Pablo et moi, c’était la première fois ! Elle a poursuivi son chemin dans le ciel, on s’est un peu tordu le cou pour la suivre, on a très clairement vu les boosters se détacher du lanceur, et puis elle est partie. Objectif : mettre en orbite des satellites chargés d’améliorer les outils de télécommunication.

C’était vraiment très beau !

Patricia nous a rejoints pour le dîner, pris aux petits camions de la place des palmistes, les kinés sortaient en force !

Le soleil en pleine nuitAriane 5 vient de partir

Jeudi 25 août

C’est au tour de Damien, l’infirmier, de vivre le guidage à la cuillère. Transmission par la pratique : je lui fais vivre, il me restitue ce qu’il ressenti en me faisant vivre et met en pratique avec Rahim. Encore un retour bien tardif à la maison !

Vendredi 26 août

Et pourtant ça ne m’empêche pas d’aller chasser la tortue de bon matin ! Lever 5h, sur la plage des Salines à 5h30, à la frontale. Des traces de mamans venues pondre mais je croise un bénévole de Kwata qui me dit qu’elles ont venues entre 22h et 3h du matin. Pour sûr, je dormais ! (Note pour plus tard : s’enquérir des horaires de marée la prochaine fois que je m’organise une sortie nocturne spéciale tortue). Par contre, encore un lever de soleil fantastique et deux petites trainardes que nous accompagnons jusqu’à leur jetée à la mer. La première est une Luth, la deuxième, bien plus petite, est une olivâtre. Allez, il faut aller travailler maintenant !

Fin de journée route de Montabo, dans la coloc de Pablo et Patricia. Nous devons préparer le week end. Rencontre d’Olivier, Thimothée et Estelle, les autres colocataires, nous sommes dans la piscine et nous buvons du Ti Punch. En même, c’est vendredi, l’apéro est permis !!! Patri, Carlos et Javi arriveront plus tard, nous commencerons à refaire une partie du monde, une partie seulement, si nous voulons profiter du week end que nous essayons de préparer !

 

Samedi / Dimanche 27 / 28 août

Départ pour la Savane Roche Virginie ! C’est au PK122, direction St Georges, c’est à dire à 122km de Cayenne. Le site est un inselberg (montagne île). Les roches les plus tendres autour du granit ont été érodées laissant émerger de la forêt cet impressionnant promontoire de 138 m d’altitude. Outre une indéniable beauté scénique, cet affleurement rocheux présente une grande richesse floristique dont notamment de nombreuses broméliacées et orchidacées. Une zone de bivouac se situe en lisière de Savane Roche et permet d’y passer la nuit. Marie et Damien m’avaient fait part de la beauté des couchers et levers de soleil. Ca m’avait suffisamment motivée pour réussir à convaincre Pablo, Patri et leurs amis espagnols. Nous voilà partis, et sur la route, surprise, Laure et Félix, rencontrés à Petit Saut, faisant du stop. Nous faisons une mise à jour sur les 20km de voyage commun et reprenons nos chemins propres ! Aux alentours de Régina, le tour cycliste de Guyane. Nous sommes les uniques supporters et offrons un tableau bien insolite aux gens qui gravitent autour de la course. C’est surtout l’heure de déjeuner !

Départ pour une petite randonnée de 1h30 à travers une magnifique forêt, oiseaux sentinelles comme fond sonore. Le spectacle, à l’arrivée, tient toutes ses promesses !

Installation du camp et exploration des alentours. Nous sommes les seuls sur le site. En fait nous serons juste les premiers, nous partagerons l’endroit, tant pis…

Dans le désordre :

  • rencontre avec un phasme (une branche, une feuille, deux yeux… !) qui dissocie les ceintures. Toutes les ceintures me demandent Pablo ? Et les pattes de devant ?… Oui, bah, il dissocie au moins les ceintures arrières ! (une vraie discussion de kinés). Si on s’affranchit de considération d’analyse de la marche, ça danse un phasme quand ça évolue. Etonnant !
  • coucher de soleil à couper le souffle. Ti Punch et pipas pour en profiter davantage…
  • Carlos est aux commandes du barbecue. Le lieu est assez magique pour pique niquer…

Réveil qui oublie de sonner, mais réveil avant le lever du soleil quand même. L’heure est à la contemplation visuelle, à l’enchantement sonore. La brume a envahi la forêt et les singes hurleurs ne cessent de crier. Les oiseaux prennent le relai, puis c’est au tour des cigales. Un véritable concert, nous apprécions, chacun un peu dans nos bulles.

Petit déjeuner en terrasse avec pas loin d’un 240° sur la canopée. Pas si souvent qu’il nous est donné, en Guyane, d’assister à un tel spectacle.

Des dizaines de minuscules grenouilles hyper colorées fuiront devant nous, et nous dérangerons un engoulevent en train de couver. Zut ! Il doit être temps de repartir alors… Direction Régina pour nous rafraîchir dans le fleuve, et nous restaurer d’une soupe asiatique et d’un jus frais de maracuja (je ne veux pas rentrer…). Le village m’apparaît profondément sympathique. Il est petit mais propre, et les maisons créoles sont encore debout, ce qui lui confère un charme certain. Il serait inspirant pour qui aimerait dessiner…! Comme un petit air de Roura. Un jeu de carte espagnol où je perds très largement les 5 parties, un café, apporté par deux jeunes filles aux sourires éclatants, et la découverte d’un couchage d’enfant encore différents plus tard, et il est temps de rentrer.

Mince de mince, je réalise que demain, c’est lundi !

Accessoirement, nous sommes aussi, et surtout, à J-8…

Lexique de la 8ème semaine (celui-ci est dédié à Mr V., mon patient, et jeudi, mon professeur de créole guyanais!) :

  • gran messi : grand merci
  • i chuite : c’est bon
  • mo la : ça va
  • mo yèg : ça va moyen, mais je ne saurais pas dire pourquoi ça ne va pas
  • mo lasse : je suis fatigué
  • mo qua semblant : je fais semblant
  • ça va un peu : ça c’est la réponse la plus fréquente de mes patients. Je le comprends comme un « ça va » entre le « ça va » péchu et le « ça ne va pas ». Un « ça va » sans intonation, plat, qui laisse supposer que, quand même, il y a quelque chose qui ne va pas… Allez comprendre!!!

 

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