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17 août 2016 / avec1o

(Magnifique fin de) 6ème semaine : notion de géographie

Je vous emmène cette semaine encore un peu plus à l’ouest que le week-end précédent, au barrage de Petit Saut, entre Kourou et Sinnamary.

Mais ça, c’était en fin de semaine… Retour sur le début de cette 6ème semaine guyanaise.

Lundi 8 août

Et départ de Marie…

Dernière semaine que je ne travaille pas les lundis après midis. Je profite de ce moment de pause pour rejoindre Marie à la maison pour déjeuner (il est déjà 14h30…) J’ai un peu traîné sur mon dernier domicile, mais surtout le RAV4 à fait des siennes et la vitre conducteur est restée bloquée en bas. Résultat : la voiture est maintenant sécurisée mais je ne peux plus me délecter du plaisir d’être cheveux au vent le soir. Il va falloir user de la clim, la loose !. On avait parlé shopping de fin de voyage, et puis en fait, la flemme… Ce sera jacuzzi et goûter avec les suissesses qui nous quittent elles aussi bientôt. Paquetage final, et Guillaume et moi allons porter notre colis à Félix Eboué. Ça faisait un peu plus de deux semaines que Marie était arrivée… Ça passe décidément bien trop vite ! Tu vas me manquer…!

Jacuzzi du lundi après midi

 

Mardi 9 août

Ces choses-là marchent en général en série, et ça semble se confirmer… On en avait parlé et je concrétise ! Ce soir, ce sera massage thaï, pour Marie, mais l’autre, ma collègue ! Fin de journée tardive pour toutes les deux, mais ça ne nous arrête pas, et c’est au sol, comme d’habitude, que j’opère. Nous poursuivons la soirée à l’auberge Faledam, un excellent restaurant vietnamien, réservé par Marie. Le dîner se passe dans une ancienne maison d’habitation rénovée avec patio ventilé. Le cadre est non seulement très beau, mais plutôt apaisant, ce que nous mangeons est exquis. La soirée est définitivement asiatique !

A l'auberge du Faledan

 

Mercredi 10 août

Bonne fête Laurent !!

La journée de travail se termine tôt, mais sitôt le dernier patient libéré, j’enchaîne avec la visite des domiciles de Marie avec elle, puisqu’à partir du 16 août, c’est à son tour de partir en vacances, et je change donc de remplacement. Nous allons saluer ces patients, elle me présente à eux, et tente de ne pas me perdre complètement en me faisant faire sa tournée. Dans les petits insolites de la soirée, ce couple de perruches vertes qui traverseront devant nous, ces deux singes qui joueront aux funambules sur les câbles électriques et une cueillette de maracuja dans le jardin… Pas tout à fait la métropole quand même !!

La fatigue s’accumule, et le courage me manquerait presque alors qu’il s’agit de passer une dernière soirée avec Maud et Désirée, avant leur départ pour le Brésil. Nous la passons à l’Oasis, sur la plage des Salines, dont la spécialité est la crevette. La promenade digestive à la recherche de tortues est infructueuse, mais dans un sens, c’est tant mieux, il est déjà bien trop tard et j’ai encore à faire en rentrant. C’est ça de se mettre très en retard dans le travail !

Crevettes de l'oasis

 

Jeudi 11 août

Heureusement, je commence en milieu de matinée… ! J’en profite pour m’offrir un footing d’1h15 sur le Rorota, et pour découvrir le marché de Rémire Montjoly. Je fais le plein de fruits, de légumes et de poisson local. La journée de travail est en elle même plutôt légère, mais la soirée sera chargée. Il s’agit d’écrire des transmissions à Vanessa, et de rédiger les courriers de prise en charge avant de passer la main. La nuit sera – encore – bien trop courte.

Vendredi 12 août

Je pense que je vais attendre ça toute la journée, à chaque fois que je souhaiterai « bonne continuation » à mes patients je m’en rapprocherai ! Ce soir, c’est mon tour, j’ai rdv avec Madelie, l’ostéo du cabinet. Ce soir, je me mets dans ses mains ! Mon Dieu que ce sera bon. La carcasse n’est apparemment pas en trop mauvais état, mais ça ne pourra que me faire du bien. J’y reste un peu plus d’heure, à tel point que Guillaume est déjà rentré à mon retour. Bière de début de week end au Fiftie’s et soirée JO sur ordinateur tandis que je prépare mon sac pour le lendemain. Les petits français gagneront contre le Venezuela et Manaudou ne décrochera que l’argent au 50 mètres…

Week end du 13 au 15 août

Bon anniversaire Antoine!

C’est Guillaume qui m’en a parlé, c’est encore lui qui m’a donné les coordonnées de Pierre (www.naturedeguyane.com), et c’est avec lui que je devais aller passer 3 jours sur le lac de Petit Saut (Mais il me fera faux bond le fourbe!).

Le lac n’est que la conséquence de la création du barrage de Petit Saut, barrage français situé entre les communes de Sinamary et de Sainte Élie. Construit il y a une vingtaine d’années, il offre un paysage tout à fait étonnant d’arbres morts, ensevelis par les eaux, émergeant du lac. Ça a été et continue d’être une catastrophe écologique et je vous invite à lire sur les conséquences de cette construction, et sur la communication qui en a été faite. Pierre Gutierrez propose des sorties naturalistes de 2 à 5 jours sur le lac, et les trois jours de week end de l’assomption se prêtaient volontiers à cette belle sortie.

Départ de Cayenne à 6h30, Jean Claude Ameisen puis Guillaume Galien en voix de fond, direction Kourou. La nuit avait été plus que courte, mais un café et ça repart…, pour rejoindre le lieu de rdv à l’entrée de la route du barrage. L’accès n’est pas autorisé, nous devons être accompagnés. Rencontre de mes compagnons de route pour les trois jours à venir : Louis et Rodrigue, jeunes aventuriers, étudiants en vacances, Stéphane et ses garçons Max et Lucas, les lyonnais d’Oullins aux congés denses et variés, Laure et Félix, MGEN ( !!) venus tâter le terrain d’une éventuelle installation guyanaise, Aurélie et Kévin, en tournée finale après avoir résidé 4 ans à Cayenne, et Pierre, LE guide !

Route tortueuse pour accéder au dégrad, et nous mettons la pirogue à l’eau. Les touques sont remplies, les voitures garées, la pirogue chargée, les masses humaines réparties… et c’est le départ. Le spectacle est immédiat, et si nous papotons bien un peu entre voisins, je ne perds pas une miette de l’environnement. J’avais eu un aperçu dans la BD Le Manuel de la Jungle de Nicoby, Joub et Copin, mais voir en vrai, de ses yeux, c’est tellement mieux. A l’arrivée, prise de possession des lieux, installation du campement, déjeuner et quartier libre (qui se transformera en sieste, sans que je ne m’aperçoive de rien… le réveil est rude, j’ai du dormir trop longtemps ! Fatiguée ?… Si peu).

Et à partir de là, le week end va être organisé autour de sorties naturalistes, observation de la faune, de la flore un peu, de sorties en pirogue, carnet de croquis, ponchos, jumelles et appareils photos dans les mains. Malheureusement, et de manière malheureusement consensuelle, ces deux derniers vont nous faire faute à des moments clefs de sortie, buses que nous sommes (je reste dans la thématique ornithologique, même si j’ai souvent pensé que traiter quelqu’un de « buse » était plutôt un compliment compte tenu de l’élégance de la bestiole en question).

Alors voilà, je ne détaillerai pas trois jours, impossible, trop de choses, et puis, il faut que vous voyiez par vous même, mais quelques temps forts…

  • Nos sorties nocturnes et particulièrement la première. Sans appareil pour immortaliser cet instant, nous ferons la rencontre d’un puma. Pierre qui chuchote, qui coupe le moteur, et qui guide l’observation… Puis le voilà ! Il est clair, nous observe curieusement, autant que nous avons les yeux braqués sur lui. Pas inquiet plus que ça le garçon. Il va prendre le temps de rester, baillera (c’est là qu’on se rend compte que le chat posté devant nous est gros !!) et c’est « patte patte » (« tranquille » en roannais) que ce puma d’une cinquantaine de kilos nous tournera le dos et s’en ira vaquer à ses activités nocturnes ! Quelle chance incroyable et rare… Le reste sera forcément moins extraordinaire, mais nous aurons la chance de voir trois jolis caïmans gris sur les deux sorties, deux serpents (des boas d’Amazonie), un engoulevent géant, des araignées (des mygales, tapinauchenius plumipes à ce qu’il paraît).

Et pendant ce temps-là, des lucioles clignotent (A380, sors de là !) et la lune rayonne !

  • La pêche à l’aymara : c’est Max, Louis et Laure qui se collent à la pêche des appâts, la carpe normalement. Finalement, ce sera deux pacoussines et une carpe. Nous allons poser les trappes en soirée, des sortes de cannes à pêches sans cannes, avec bouchons et hameçons de bouchers, et les récupérons en matinée. Et là, surprise, deux ayamaras se sont faits prendre au piège, sur les 8 trappes posées !!! Pierre en relâche un, nous en aurions trop de deux, et le deuxième n’est pas blessé. Par contre, le premier terminera boucané, sur le grill, fumé à cuisson lente, et nous nous en délecterons lundi midi avant de prendre la route retour. Un pur délice !
  • Les petits déjeuners sur l’eau, les lumières du matin, la baignade au milieu des arbres morts, qui dure une éternité et qui donne des envies d’évasion (il n’y a plus de limite… ), les cris des singes hurleurs du matin, les arbres cathédrales, les ballets des aras rouges, la chaleur qui augmente imperceptiblement… Le premier matin, nous ferons un affût, nous irons guetter les loutres géantes à la sortie de leurs terriers. Et elles seront au rdv ! Là, ce sont les jumelles que nous avons oubliées. Je confirme, nous ne sommes pas parfaits !
  • Tous les moments que nous passerons sur l’eau à contempler les perroquets verts poudrés, les aras chloroptères, les araçaris grigri, les perroquets amazones, le pic ouentou, l’urubu à tête jaune, le toucan Ariel, le toucan à bec rouge, l’oiseau serpent ou aninga, le singe attelle, le singe hurleur, le héron cocoï, les martins pêcheurs, le faucon des chauve souris, le milan, le saki à face pâle, le piaye écureuil, un morpho, le toui para, les chauve souris… pas vraiment de photos pour illustrer (cliquez sur la première photo pour les avoir en diaporama), je n’ai pas l’appareil pour, mais quelques silhouettes. Et en sus, des liens pour les sons qui nous accompagnés pendant ces 3 jours (singe hurleur https://www.youtube.com/watch?v=cQ-xq6RhaSg et oiseau sentinelle https://www.youtube.com/watch?v=p4Iq-jyv_zU).

     

  • Allez, et parce qu’il faut conclure, nos petits instants du quotidien, dans nos hamacs, notre salle de bain géante ou piscine olympique XXL, au gré d’un voyage aux toilettes, au décours d’un moment de pause, d’une balade en forêt à trouver des feuilles oignons (ou clusias en scientifique), à se questionner sur bacamapa ou pas bacamapa ?, à s’imaginer dans un film d’animation de Hayao Miazaki version « Le château dans le ciel en Amazonie ».

Bref, vous l’aurez compris, quand il a fallu rentrer, je n’avais pas envie, mais alors pas envie du tout. Rentrer à Cayenne c’était quitter ce lieu sauvage, retrouver le monde, et reprendre le travail… Le seul point positif, c’est que le lendemain, nous étions mardi…

Lexique de la 6ème semaine : il n’y en a pas, volontairement cette fois. Suffisamment de nouveaux mots à retenir dans tout ce vocabulaire ornithologique amazonien !

Mais deux liens, et une incitation à ce que vous alliez chercher davantage encore. Très belle semaine à vous !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Petit-Saut)

http://raoni.com/actualites-858.php

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