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29 juillet 2013 / avec1o

THAÏLAND / CAMBODIA 2007 (3)

Il y a deux ans quand nous avons fêté le nouvel an avec Benoist (il y a deux ans !!), nous sommes passés devant. Elle m’avait fort interpelée, je l’avais photographiée, dans le cas où j’aurais eu envie de la dessiner. Sans suite… normal, car sur photo. Pas de ressenti, de sensation, de sensoriel…

2 years later…

Cours de cuisine le matin, sieste réparatrice et carnet en main, pause à ses pieds. Précision, précision…

Des enfants jouent à ma droite, des habitants curieux s’approchent. Je peine sous la complexité du bâtiment. La luminosité baisse, je vais devoir plier bagage.

Pas de doute, vraiment, j’aime cette maison, j’aime son délabrement, elle rayonne, elle vit à travers lui.

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Objectif balade cycliste et croquis.

J’emprunte le circuit du semi marathon.

Arrêt à Bantey Kdey, je sais que je n’ai pas envie d’y passer du temps, alors mon pas est vif. Un attroupement de cambodgien m’attire, ils entourent un japonais qui croque, je m’arrête, forcément ! Echange de politesse, passage en revue de ses précédents dessins, je passe mon chemin : à moi d’agir !

Ta Prohm, tour rapide pour endroit stratégique : première loge devant ce fromager si sollicité. Que de japonais, que de ridicules poses. Pas de rencontre si ce n’est mon japonais du départ, lui aussi à saisir la pierre végétale au crayon.

On me photographie, on photographie le papier maculé, tout va vite, il faut passer à autre chose, à l’instar des us du pays du soleil levant.

Agréable et pourtant intense chaleur pour ce dessin végéto minéral.

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En fin d’après midi…

Après la terrasse des éléphants, avant le Phnom Bakeng… Angkor Wat ! Je ne peux m’empêcher d’en faire le tour, d’abord parce que je suis à la recherche de l’Endroit, et puis parce que je suis dans un des plus temples qui soient.

Ô déception de voir ces bâches vertes l’enlaidir, de ne pouvoir l’ascensionner – la pierre n’est pas sécurisée – de se faire agresser par le trop grand nombre de touristes… là encore japonais.

Alors, là encore, peu, voire pas de rencontre sur ce dessin. Je suis à l’entrée, au soleil, dans ma bulle, hors temps, hors contexte, juste le souci de faire bien,. Des hommes commencent à installer les projecteurs pour le son et lumière, le soleil décline, si je veux assister au coucher du soleil, il est temps que je reprenne mon vélo.

Je ne le verrai pas finalement car j’ai perdu mon pass. Détestable négligence, visites à repenser…

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Le premier soir quand nous sommes arrivés à Siem Reap, nous nous y sommes posés un long moment dans ce parc, Jean François et moi.

Je les avais repérés ces grands arbres, bruyants, malodorants… parce qu’habités de petits vampires qui se montrent à la tombée du jour.

Alors ce jeudi après midi, je suis revenue y trouver l’inspiration. Au fond, le petit temple, à mes côtés, ces balayeurs de feuilles, ces jardiniers au rotovateur éjecteur de grosses fourmis rouges… cette femme et ses trois enfants. Les 2 grands jouent ensemble. Mon cœur sourit et se réchauffe à entendre leurs rires spontanés, vrais, communicatifs… mes lèvres leur répondent, elles sourient. C’est une douce mélodie à mes oreilles, du baume à mon cœur. Ils s’approcheront timidement, en même temps, il y a mieux à faire, alors, après nous être salués et présentés, la petite famille poursuit sa route. Pur bonheur !

Un couple d’anglophone me demandera à quelle heure sortent les chauve souris, je leur répondrai « at six hours », l’homme me demandera de lui montrer sur ma montre. Je me détesterai de ma réponse, je le détesterai de ne pas avoir compris malgré tout.  Ce n’était pas une si grosse erreur !

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Comme l’impression qu’on m’a volé un moment. Je venais de quitter les français quand j’ai entamé ce dessin, entame que je savais de courte durée car je connaissais l’heure du coucher du soleil et que je souhaitais aller courir. Alors, j’ai poursuivi le lendemain, passablement énervée.

De bonnes raisons :

–       réveil à 23h par une horde de cambodgiens irrespectueux, poussage de meubles, franches rigolades et qui durent, et qui durent…

–       réveil à 5h30 par ces mêmes cambodgiens et leur nasillarde musique sur portable

–       après isolement sur la petite terrasse, agression sonore par le vacarme lointain d’une cérémonie religieuse

–       enfin, quand tout redevient calme avec 1h d’avance, le moto taxi qui se pointe, se pose avec sa cigarette à côté de moi en attendant que nous redescendions

Mais c’est que je n’en ai pas envie ! Je veux terminer mon dessin, au calme, de ce bel endroit complètement insolite. C’est si dur à comprendre ? De toute la difficulté de penser occidentalement au Cambodge… de ce choc des cultures, de ces incompréhensions réciproques !

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A peine arrivés que je les ai initiés à la pratique du vélo dans les rues de Phon Penh. Périlleux exercice de style !

Nous nous sommes dirigés vers le musée du génocide, S21, ancien lycée, transformé dans les années 70 en lieu de torture, en prison. Triste histoire cambodgienne.

Je l’avais visité deux fois, deux fois bouleversée, alors j’ai cédé ma place à papa et maman.

Quant à moi, je me suis posée au soleil, au milieu de ces étrangers venus s’informer. Un allemand qui s’approche, on discute, je lui raconte, je me raconte un peu, juste le contexte. Son menton qui tremble, il porte des lunettes mais une larme est apparue sur sa joue. Le regret… regret de ne pas avoir partagé suffisamment avec ses parents, envieux de ce que je peux vivre avec les miens, ému, très ému de tout ça.

Je suis touchée, je ne pensais pas pouvoir déclencher une telle émotion.

Décidément ce lieu est bouleversant.

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Nous venons de nous séparer, eux pour des chutes d’eau, moi pour la rivière.

Le sujet se trouve à l’entrée du port. Peur panique quand le propriétaire monte sur le ponton. Je me renseigne, il ne part pas. Ouf !!!

Un garçon le rejoint, observe un peu longtemps, s’éloigne, revient accompagné d’un copain. Deux petits admirateurs silencieux juste pour moi. Et puis leur copain qui ramène ses vaches. Il vient voir, se pose… d’un seul coup l’un des 2 du début se met à s’agiter, il s’est tourné vers le chemin, les vaches sont en train de se faire la belle ! Course poursuite après le veau qu’il ramène non sans mal.

Nous sommes pliés de rire tous les 3. Quelle histoire !

Finalement, il nous rejoint quand même. Et de 3… !

Klaxon, retour des parents. Je vais donc abréger. Cahier prêt à être fermé. C’est sans compter la demande du dernier de les dessiner. Je ne sais pas dire en cambodgien que je ne sais pas faire les portraits, alors au pied du mur, je m’exécute. Pression qui monte, luminosité qui baisse, soleil qui descend.

Finalement, je ne m’en tirerai pas trop mal, je leur demanderai leurs prénoms, les écrirai, leur offrirai le dessin, les regarderai partir bras dessus bras dessous avec leur trésor, serai heureuse de tout ça, épuisée mais profondément heureuse.

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2 commentaires

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  1. Franck Perrot / Sep 8 2013 19 h 41 min

    Très chouettes croquis.

    • avec1o / Sep 9 2013 8 h 30 min

      Merci, ceci dit la route est longue pour atteindre votre qualité d’exécution…! je vais y travailler. J’ai vraiment beaucoup aimé ce que vous faites, par contre, votre site ne fonctionne plus, c’est officiel!

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