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9 août 2016 / avec1o

5ème semaine : notion d’histoire…

Ça y est donc, c’est la cinquième semaine. Et cette fois, j’aborde une page sombre de notre histoire, méconnue de la plupart d’entre nous… Retour sur l’histoire du bagne.

Mais avant… le début de semaine démarre sur les chapeaux de roues !!

Lundi 1er août

Toujours off le lundi après midi, je rejoins Marie au Dégrad des Cannes, le port de commerce de Cayenne. Nous embarquons pour l’îlet la Mère, situé à 12,8km du dégrad. Il fait partie des îlets de Rémire (avec l’îlet le Père, le Malingre et les Mamelles). D’après la légende, l’îlet le Père et l’îlet la Mère se promenaient un jour avec leur progéniture au large de la Guyane quand ils furent surpris par un raz de marée qui les poussa sur les côtes et les fit échouer sur les fonds de vase de Rémire. Leurs deux filles (les Mamelles) les suivirent mais leur plus jeune enfant disparut. Leur serviteur, le Malingre, envoyé à sa recherche, s’arrêta non loin, à bout de force. Ce n’est que plus tard que l’enfant perdu toucha les hauts fonds de Guyane et y resta fixé.

Au niveau historique, l’îlet la Mère a été dès 1852 affectée au bagne, pour les déportés politiques et les volontaires. A partir de 1853, elle héberge les récidivistes et les repris de justice soumis aux travaux forcés. En 1860, elle devient destination des invalides et des vieillards, mais suite à une épidémie, le bagne est fermé par l’administration en 1872 et l’île désertée en 1875. Au cours des décennies qui suivront, il y aura des tentatives d’exploitation notamment ostréicole, sur l’île mais le conservatoire du littoral se verra finalement affecter l’îlet en 2005 pour l’accueil du public.

Elle est riche de variétés d’arbres, la forêt est de type secondaire, même si de très beaux spécimens de fromagers ont survécu, notamment le remarquable « siamois ».

Le tour de l’île est rapide, sauf si l’on prend son temps (or, nous l’avions…). Et puis, nous étions en mission secrète pour faire le recensement animal de l’île ! Au total, nous dénombrerons :

  • 4 agoutis
  • 2 chauve-souris
  • 1 tortue
  • 13 rats
  • un nombre incalculable de petits saïmiris (ils sont plus de 200 il paraît)
  • et toujours pas de poissons rouges…

Au retour, le captain nous offrira le Ti punch, et nous fera une lecture des différents oiseaux qui ont trouvé refuge sur la mangrove. Nous les verrons de loin, aux jumelles, mais ils sont tous là, les ibis rouges, les aigrettes neigeuses, les aigrettes bleues et les spatules.

Mais la journée n’est pas finie !!! Parce que demain, c’est l’anniversaire de Maud, et qu’une fête surprise s’organise par anticipation au Café de la Gare. On est lundi, on sait déjà que ce n’est pas sérieux, mais c’est pour Maud, c’est de plus une très belle soirée, pleine de rencontres et de découverte des us locaux (Marie expérimentera le très célèbre « piqué » du carnaval… un grand moment !)

Mercredi 3 août

Je retrouve la plage des Salines pour un footing matinal. Outre le chien prédateur de tortue et son maître imbécile, je croise une « chiée » ou « pétée » de méduses (c’est selon), des membres de l’association Kwata, et surtout… des bébés tortues olivâtres ! Et cette fois, j’immortalise mon émerveillement du matin. Celles ci dissocient les ceintures, contrairement aux Luth. Il est l’heure de se jeter à l’eau !

En soirée, c’est dans le jardin que j’installerai mon salon de massage. C’est Marie cette fois qui en bénéficiera. Je sème mon massage thaï !!!

Jeudi 4 août

Le footing sur le sentier de l’Oyola passera comme une lettre à la poste. La forme ne se prolonge pas dans la journée, la fatigue du début de semaine se fait sentir et pourtant nous profitons d’être ensemble avec Marie pour découvrir le 50’s. Guillaume, pendant ce temps là, travaille. Le soleil a oublié de briller aujourd’hui.

« Tu vis sous l’eau toi, ou quoi ? » sera l’expression de la soirée !

 

Vendredi 5 août

Lever 5h15 pour un lever de soleil sur la plage des Salines. Dieu que nous avons eu raison. Je vous laisse admirer pourquoi… Et puis, en plus, elles étaient au rdv. Parce que c’est elles, évidemment, que nous venions tenter de trouver. Une émergence, une autre, de Luth (qui ne dissocient définitivement pas les ceintures). Nous avons tout le temps de les admirer, le courant les éprouve. Pas à dire, il faut en surmonter des obstacles pour survivre quand on est petite tortue, et dès le départ…

La journée sera longue de 11h, entrecoupées par une séance de natation. Elle se termine par un apéro (parce que c’est vendredi) et des crevettes sauce saté flambées au rhum vieux, accompagnées de riz et de sauce chien… Pas mal!!

Samedi 6 / Dimanche 7 août

Les îles du Salut, un archipel à 14km au large de Kourou.

Et leur histoire…

Notamment celle du bagne, lieu de déportation des condamnés de métropole.

Les îles du Salut sont occupées dès 1852. Dès 1895, chaque île a sa fonction : l’île Royale est le domaine de l’administration et des condamnés de droit commun. On y trouve le sémaphore, l’auberge, l’ancienne carrière, le presbytère et la chapelle, la maison des sœurs, l’hôpital militaire, le phare, le cimetière des enfants, le quartier pénitentiaire, les cellules disciplinaires, le quartier des surveillants et la piscine des bagnards. Les prisonniers politiques sont envoyés à l’île du Diable. Dreyfus y résida quatre ans. L’accès à l’île du diable se faisait uniquement par téléphérique du fait des courants et des requins qui rendaient l’approche en bateau impossible. Tandis que l’île St Joseph abrite les terribles cellules réservées aux récalcitrants de la soumission. Albert Londres va militer pour la fermeture du bagne par ses articles cinglants. Il faut attendre 1946 pour voir se tourner cette page obscure de la justice française. En 1965 le Centre Spatial Guyanais s’installe à Kourou et les îles étant sur la trajectoire des lancements, elles deviennent un lieu stratégique qui doivent être évacuées à chaque tir. Le CNES en acquiert la propriété en 1971.

En Guyane sur près de 68000 transportés de 1852 à 1938, 50000 vont périr, 1400 s’évadent et à peine 300 anciens bagnards s’établissent en Guyane, après la liquidation définitive du bagne en 1948.

Concrètement pour nous, c’est un départ à 6h45 de Rémire pour un embarquement à 7h45 sur Guyavoile à Kourou. A 10h30, nous débarquons sur St Joseph, où nous passons une bonne partie de la journée, entre pique nique, visite, sieste, pause dessin, errances dans les vestiges et bain d’eau de mer (étonnamment bleue par rapport à celle de Cayenne). Nous migrons sur l’île Royale où nous établissons notre campement : nous installons nos hamacs dans les anciens lieux de rétention des bagnards… étrange. Fin de journée tout à fait tranquille au milieu des capucins, petits singes espiègles aux visages si humains, des agoutis, des arras et des perruches, des paons, poules et coqs. Je n’oublie pas les araignées, le milieu est hostile !! Nous dînerons au restaurant, le croupia sera au menu du soir. C’est un poisson, et c’est bon. Avec son accompagnement d’igname et de sauce chien, je sais que je suis en Guyane !

Le dimanche sera sportif d’abord, la nuit ayant été passablement mauvaise du fait de la chaleur et de la promiscuité, le réveil est matinal et j’ai des fourmis dans les jambes. Je fais deux fois le tour de l’île pour me les dégourdir. Nous prenons le petit déjeuner en terrasse, au bord de la piscine des bagnards, et Marie et moi, tandis que Guillaume se repose de sa semaine, assistons à la visite de Mr Colin, incollable sur l’histoire des îles. C’est un monsieur âgé, qu’on sent passionné, passionnant donc, et qui nous racontera en long, large et travers l’historique de l’archipel en près de 2h30 ! L’après midi sera donc tranquille, nous retrouvons le bateau où nous nous baignons, et visiblement, le courant passe avec Gaëtan et Pedro, nos captains, car ils nous garderont à boire l’apéro, après que la vingtaine de touristes aura débarqué à Kourou. Nous sommes un peu privilégiés… Le bateau est sympa, plus tard quand je serai grande, j’expérimenterai la vie sur un catamaran comme le leur !! Il est temps de partir, c’est que demain il y a école et qu’on n’est pas d’ici ! Maud, Désirée et leurs copines partageront un bout de pizza avec nous avant que nous ne sombrions tous dans un profond sommeil réparateur.

C’était un excellent week-end, c’était une très belle semaine…

Ah mince, il semblerait que demain soit un lundi !

Juste avant de vous quitter, le lexique de la 5ème semaine, et un coup de gueule… Parce qu’il semblerait que personne ne lise les articles jusqu’au bout. Personne n’a relevé qu’il n’y en avait pas sur la 4ème semaine! Ca ne servirait donc à rien de passer des heures à écrire…?

Lexique :

Dégrad : Sorte de port fluvial rudimentaire, en Guyane française.

Piqué : Le piqué est un pas de danse des danses traditionnelles pratiquées pendant les soirées touloulous. Cela consiste à « piquer » son partenaire avec son bassin. C’est un peu comme la température au mois d’août… un brin chaud !!

Grafouillé : râpé (se dit d’un genou qui aurait une écorchure…)

CNES : Centre National d’Etudes Spatiales

Chiée / Pétée : grand nombre de … Expression suisse de Belgique

Ça joue : ça le fait, ça marche. C’est aussi du créole suisse. Allez comprendre !

4 commentaires

Laisser un commentaire
  1. Françoise / Août 9 2016 21 h 40 min

    Merci de ces belles decouvertes que nous partageons avec vous ! Bisesss

    • avec1o / Août 10 2016 2 h 38 min

      Merci beaucoup de votre retour, ça me touche et m’encourage à à continuer!…

  2. Christine / Août 12 2016 0 h 00 min

    Magnifiques, Lorette, tes photos, tes commentaires, tes dessins… je retrouve des paysages que j’ai beaucoup aimés et des visages qui me sont chers!
    Le kikiwi est-il toujours au rendez-vous du petit déjeuner? et le colibri?
    Merci pour tout, continue de nous faire rêver, bises.

    • avec1o / Août 12 2016 0 h 29 min

      Toujours, toujours… Ce sont les petits plaisirs du quotidien qui le rendent si agréable… Il y aura un post dessus d’ailleurs dans quelque temps. Il va manquer un visage, il va manquer Marie et Marie va me manquer. On pourra encore en échanger davantage à mon retour, et c’est ça qui est assez génial. Merci de ce message et à très bientôt!!

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