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13 mars 2014 / avec1o

Passage de frontière

Ou comment passer sa vie dans les transports en commun…
Arrivée le matin d’une nuit de bus à Kunming, un billet m’attendait pour un trajet Kunming / Vientiane en bus de nuit, initialement annoncé de 30h.
Notes personnelles:
voyager en bus est une histoire d’hommes en Chine. Voyager tout court?
Je suis la seule blanche dans le bus, regardée de travers, pour changer
Pourquoi se raclent-ils la gorge et crachent ils constamment?
Pourquoi fument-ils DANS le bus, même quand ce dernier est à l’arrêt?
On n’imagine pas l’odeur qu’il y règne au petit matin
Couchettes individuelles ou doubles. Je remercie l’auberge de jeunesse d’avoir booké pour une couchette individuelle
Leurs couchettes ressemblent (même si heureusement je n’ai jamais expérimenté) à des barquettes de sauvetage sur les pistes de ski, en à peine plus larges, c’est dire!
Juste eu le temps d’être à l’heure pour l’attraper, avec une vraie montée d’adrénaline à son bord, en réalisant que j’étais partie un peu légère en ne me renseignant ni sur l’obtention du visa laotien (était il possible de le faire faire à la frontière, ou fallait il anticiper?), ni sur le cours du kip, sa monnaie et les possibilités de retrait une fois dans le pays. Bref, une reine de l’organisation!!!
Ça ne servait de toutes façons plus à rien de se faire du mouron puisqu’il était bien trop tard pour y penser.
Première nuit sans encombre, partis à 18h15 ce 8 mars, la nuit tombe rapidement et mis à part les quelques arrêts qui ressemblent à du trafic de marchandises pour passer la frontière et celui du dîner, nos chauffeurs nous mèneront efficacement à l’aube à la frontière coté chinois. Il faut attendre 5h30 / 6h du matin pour re sentir l’odeur de cigarette dans le bus, et entendre parler fort. Ils ont l’air d’avoir décidé que si eux étaient réveillés, il en allait de même pour les autres!
Sur le parking, ça sent la ville frontalière à plein nez, on nous propose de changer nos yuans pour des sommes dérisoires, les écriteaux sont en double écriture, c’est moche, ça manque de vie. Et c’est maintenant que je vais savoir si je reste en Chine ou si l’on me donne le droit d’être laotienne…
Des américains sont eux aussi au poste frontière et me rassurent, les visas sont faits sur place, nous n’aurons qu’à attendre. 5h, ce sera l’attente finale dans ce détestable endroit, finalement pas mieux coté laotien que chinois. Et c’est là que j’ai commencé à réaliser que jamais nous ne pourrions être à minuit à Vientiane…
C’était l’heure du repas, on me l’a fait comprendre, alors je n’ai pas laissé passer parce que je ne savais pas quand serait la prochaine pause. Et puis, je me suis mise à dessiner, et c’est à ce moment que mes co voyageurs m’ont regardée d’un autre œil… Je n’étais plus la curieuse grande blanche qui ne parle pas chinois, j’étais la grand blanche qui ne parle pas chinois mais qui dessine, écrit, découpe, colle… Drôle d’espèce, mais finalement attachante apparemment, par qu’ils ont commencé à me regarder différemment, m’offrant même, par deux fois, des gâteaux. Privilégiée que j’étais!
Bon, mais ça ne résolvait pas notre durée de transport… Un des chinois avait visiblement caché son jeu et s’est livré en me parlant anglais. J’ai sauté sur l’occasion en lui demandant à quelle heure nous étions supposés arriver… 7h, c’est bien ce que je craignais! Ça voulait dire deux choses:
la première c’est que j’allais passer une troisième nuit consécutive à dormir dans un bus
la deuxième c’est que j’avais fait un excès de zèle en réservant une nuit dans un back packer à Vientiane…
Qu’à cela ne tienne, je me suis résignée, que pouvais je donc faire, et ai tenté de me reposer du mieux que j’ai pu. Les autoroutes de Chine s’étaient transformées en lacets creusés de nids de poules et la chaleur moite collait à la peau…
Enfin, après 37h de bus, je pouvais me congratuler d’un « welcome to Vientiane! ».

  1. Jorge / Mar 14 2014 5 h 34 min

    Coucou Lorette…
    Ah… cette jolie phrase :

     » j’étais la grand blanche qui ne parle pas chinois mais qui dessine  »

    Depuis le temps des hommes dans les cavernes… Quelqu’un qui dessin reste respecté et respectable. Je n’y comprends rien comme d’hab mais c’est comme ça !

    C’est quand même beau cela non ?

    Prudence… Sagesse… N’oublie pas que tout passe par le regard, et c’est là qu’on peut lire ce que tu as dans ton cœur…

    Gros bisous de notre bonne vieille France où les transports en commun deviennent indispensables…

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