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9 mars 2014 / avec1o

Un trajet inhabituel

Depuis trois semaines j’expérimente les longs trajets en Chine. Ma préférence s’est souvent portée sur le train, moins cher et plus confortable pour les très longs trajets (on peut s’y déplacer à sa guise, du moins en théorie).
Mais faute de train (une vraie galère quand même pour dégoter un billet par ses propres moyens), je me suis coltinée quelques bus.
Celui d’aujourd’hui n’est pas banal. Le but de mon voyage, Lijiang, à 8h de route ou de rail de Kunming. Je n’ai pas réservé et je ne suis les partie très tôt de l’auberge de jeunesse, je voulais aller courir. Qui plus est, j’avais décidé de ne pas prendre le taxi, ce qui réduisait le coût de ma course mais en rallongeait le temps. Arrivée aux alentours de 9h30, je ne m’attendais pas à partir avant 11h sinon 12. Pas manqué, on m’annonce le bus à 11h50. Au moins, il y en a un, donc très bien, j’achète… un peu cher à mon goût, mais j’achète. Je vais employer mes deux heures à me mettre à jour de mon cahier, et puis, quand c’est l’heure, me voici, confiante, à arborer mon ticket, sûre de moi, afin de trouver MON bus. Et là, ça devient ubuesque. On me renvoie d’un bout à l’autre de la station pour que finalement je retrouve mon point de départ, un peu blasée, mais qu’un « officiel » me prenne alors en main, sur de lui. Pas d’autre choix que de lui faire confiance, je le suis, même si le fait qu’il ressorte de la station ne présage rien de bon. Il me présente alors un mini van qui semble être mon futur moyen de locomotion pour me rendre un peu plus au nord du Yunnan. Ça me paraît bien un peu bizarre cette histoire, il y a l’air d’y avoir du trafic de billets dans l’air. En tous les cas, ce n’est pas forcément ce pour quoi j’avais payé, mais finalement, avec un bon siège, un peu d’espace et l’idée qu’on peut aller plus vite qu’un bus, je ne me fais pas prier.
On part à l’heure, finalement je vois peut être le mal partout.
Notre chauffeur va trop vite, vraiment trop, surtout dans les virages. Il débraye dans les descentes, repasse en 5eme quand le régime est trop bas. C’est un nerveux, un peu comme tous les chinois. Il ne sourit pas. Il est livreur à ses (et aux nôtres, accessoirement) heures perdues, n’hésitant pas à sortir de l’autoroute pour ça, il ne s’embarrasse pas de l’air suspicieux des policiers, il va à Lijiang, point barre, il ne fume pas, boit du thé et ne met pas de musique. Ce qui en fait un chauffeur exceptionnel, et de fait, je l’aime bien.
Dans les événements un peu marquant du trajet, on a été témoins d’un accident, ou plutôt d’une séquelle d’accident, avec une voiture en milieu de chaussée bien abîmée, et un gars en dedans l’air hébété mais pas blessé. Personne n’a dit quoique ce soit pour s’arrêter l’aider. Je me suis demandée si le coup de fil du chauffeur tout de suite après était pour prévenir de l’incident.
On a fait des stops aussi.
Le premier, ça devait être un genre de contrôle technique, parce qu’il a mis le van sur un pont. Il nous a aussi laissé le temps et nous soulager, et d’acheter de quoi grignoter. Ils étaient déjà dans le mini bus quand je suis sortie. Je l’ai rejoint en courant. C’est bien la première fois que ça m’arrive. Et pourtant, je le vérifie depuis mon arrivée sur le territoire chinois, ce dernier est ponctuel en matière de transport en commun.
Le deuxième a été un peu plus long, et on nous a offert un plateau repas. Alors là aussi, pour moi c’est une grande première. Certes c’était basique, mais sur une grande assiette à compartiments en métal – du genre qu’on trouve en Inde – j’ai trouvé du riz, du céleri, des petits pois et un mélange de légumes, de piments et de viande. Là encore, tout juste le temps de retourner aux toilettes, et il était temps de partir, sous le regard non aimable des flics qui nous avaient tout au départ contrôle nos papiers d’identité. Pas habituel pour un français, les chinois eux, ont eu l’air de trouver ça on ne peut plus normal (l’attentat de Kunming dont je n’avais pas eu connaissance encore ne devait pas être étranger à la présence policière importante).
On est arrivé avant 18h30, soit une heure et demi avant l’horaire annoncé, sans encombre finalement. Pour couronner le tout, mon chauffeur s’est assuré que j’allais bien trouver ma destination en missionnant un des autres passagers de me prendre en main. C’est ainsi que ce dernier a hélé un taxi, qu’il m’y a fait monter, et qu’il a payé pour la course pour que je sois déposée presque au pied de mon auberge de jeunesse.
Oui, je l’aimais bien mon chauffeur…

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