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8 juin 2013 / avec1o

MYANMAR 2009 suite et fin…

La Paya Shwedagon, ou la plus belle des pagodes birmanes ! 

la schwedagonPar une belle fin de journée nous accédons à la pagode par la façade est. Maisons coloniales, musique de presseurs de jus de canne, jeux de ballons, marchands de temples, lente ascension pieuse, gris gris, amulettes bouddhas miniatures, encens…

En haut des marches, tiroir caisse du gouvernement. Au choix 5$ ou 6500 Kyatts (le change n’est pas très avantageux ici !). On me pare d’un châle rose (j’ai les épaules dénudées), soit ! + un post it attestant du paiement de l’obole.

Le guide à la main, mon autre guide à côté de moi. Tellement incroyable, impressionnante par sa taille, la richesse de sa parure, l’ambiance qu’elle dégage, sa présence. Je voudrais la vivre seule. Premier tour d’approche, elle le mérite. Deuxième tour en solo. Alors 2 ou 3 qui m’abordent. Moyennant 1 ou 2$, ils sont prêts à satisfaire toute ma curiosité. Je décline autant de fois qu’on me le propose. Les bouddhas sont inondés (pour mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs…), les mèches enflammées, les pèlerins agenouillés… Ça brille de partout, en vrai ou en faux, en rouge, en vert ou en doré, en électrique ou en solaire…

Longue pause aquarelle face à l’esplanade des prières, dos à l’expo photos qui illustre l’incommensurable trésor de pierres, d’or et de diamants qui dort au sommet de la Schwedagon. Contemplation sur variation de lumière, en déclinaison des rayons solaires.

Les groupes vont, viennent, s’éloignent, parlent fort, français, japonais, allemands, anglais, immortalisent photographiquement, s’arrêtent vaguement, contemplent furtivement, questionnent, s’émerveillent.

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Lent bal humain, chorégraphie silencieuse, magie.

La couleur « bleu nuit » prend doucement tout son sens.

On rentrera à la nuit tombée. A pied puisque nous en avons 2, des étoiles plein les yeux.

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Le dessin… et ce qu’il autorise 

Forcément je manque de discrétion, avec mon sac bouddhiste et son contenu : cette année un bloc de papier de bambou 48×36 et un petit carnet de croquis aquarellable format carré, l’un comme fidèle et quotidien compagnon, l’autre pour les plus grandes occasions, pour les instants et lieux choisis.

C’est le petit qui ouvre le bal – des transports – matières qui inspirent, foule de supports, d’informations visuelles. Plus difficile de promener le grand, et puis tout s’enchaîne très vite entre 8h et 16h, et puis cette fichue envie d’aller voir, sentir, rencontrer… et puis, et puis… le soleil qui ne se lève qu’à 6h et se couche dès 18h…, bref, journées trop courtes !2

Au départ c’est toujours un peu la même chose, il faut se faire violence pour s’arrêter et contempler, la main est timide, l’outil est vierge, il faut l’étrenner. Alors c’est sur le petit que je me fais la main, tout doucement, lentement…. Il tient dans mon sac à main, il me suit donc partout :

–       rencontre de cet illustrateur pour livres d’enfants, en plein air au rythme du tou tou you tou sur lequel se déhanche sa femme, et échange de croquis9

–       regroupement d’enfants, en plein soleil, tout étonnés de ce pinceau à réserve d’eau devant le golden rockP1020884

–       fierté de Tan, notre guide, d’apporter sa contribution graphique au dessin du monastère par  sa belle écriture birmane

–       rétrospective de mon périple à chaque dessin et rencontre… récit en images

–       hilarité générale lors des croquis de visages

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–       rencontre de Zaw Zaw, peintre de Bagan et don de moines en soutanes rouges

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P1030679

–       participation étrangère à la collecte de matériaux étoffant mon carnet

–       maigre contribution perso à dénoncer la dictature birmane…

Mais l’ambition est double de ramener de grandes planches, qui seront à encadrer. Là encore, grâce à elles :

–       échanges d’art dans le parc, à Bangkok

–       rencontre d’enfants à Wat Po

–       aux petits soins à l’ombre des palmes d’un tea shop sur le retour de Kaïkhtiyo

–       respect des moines au temple des fenêtres ovales

–       curiosité d’enfants en pleine sérénité dégagée par le pont d’Ubeinamarapura

–       invitation à boire le thé au temple chinois de Pyin oo Lwin

–       rencontre de Saliha et Philippe sur le pont du bateau entre Mandalay et Bagan

–       thé birman et jeu de dominos devant ce bateau échoué

–       isolement relatif devant cette jetée au bout de la plage

–       générosité du confort d’une chaise en plastique pour le croquis de l’éolienne en fin de journée…

Et puis, tout le reste… l’essai de la couleur (ça y est, je m’y mets !), la collecte de trésors de papier, le respect à la vue de ce sac orange et du bloc qui l’habite (are you an artist ?), la poursuite du rêve en contrée française, le travail collectif de mise en page, les rencontres à venir lorsqu’il s’agira de les montrer, l’envie de toujours progresser…

en trek à inle

Le massage. 

En 2006, en rentrant de mes 6 mois passé au Cambodge, clairement pour Maud, m’offrir un stage de massage thaï me permettait de garder la tête en Asie. Elle ne savait pas à quel point elle allait être à l’origine d’une grande passion.

A l’issue de ces deux jours, il fallait que j’en sache plus. Alors cela a mis du temps à germer, parce qu’aussi, d’autres priorités masquaient ce besoin. Mais dès que repartir fut de nouveau une évidence, me former au massage thaï traditionnel le devint tout autant.

J’ai commencé par le Old Medecin Hospital de Chiang Maï, car je ne voulais pas rester dans la capitale Thaïlandaise pendant deux semaines. Et puis au retour, pas vraiment les moyens d’exercer, en tous les cas, pas dans les mains ce massage, pas non plus tout à fait le courage de mes opinions en proposant un massage tellement différent de celui que l’on connaissait… Alors au compte goutte et puis finalement en stand by.P1020575

Ce fut de nouveau l’excuse de ce dernier voyage. Par contre plus court, autre école, autre ville. Ce serait l’école phare de la ThaÏlande : le Wat Po de Bangkok.3

Que de la pratique, avec un enchaînement parfaitement rodé et une motivation sans limite… Les gestes s’enchaînent, le mouvement est fluide, l’esprit mémorise… on me dit number one. J’ai tout simplement envie de revenir avec, pour de bon, pour le faire partager.

Et puis, quitter la Thaïlande, c’est aussi quitter le massage, un peu résignée alors, en tous les cas pour les quatre semaines à venir. Ce que je ne savais pas c’est qu’il existait le massage birman !

Je l’ai touché du doigt au Lac Inle, on se l’est offert à Hispaw après deux jours de trek, les uns à la queue leu leu, à domicile de l’exiguïté de notre chambre de guest house, mais trop soft, not strong enough. Qu’à cela ne tienne, les échos que j’avais de ces massage au Myanmar était tellement différents, que peut être nous n’étions tout juste pas tombés sur la bonne personne… Et puis malade à Bagan, alors massage free par Daniel, tout à fait sans prétention, juste celle de prendre soin de moi. Une merveille sur mon corps las, je me serais volontiers endormie sous des mains qui exerçaient des mouvements mémorisés de massages reçus. Alors massage retour, thaï  pour de vrai celui là, avec nécessaires révisions avant de la prodiguer. Et puis comme une évidence dans l’enchaînement. Je l’ai !

Je le vérifierai encore par deux fois, auprès de Saliha, pour son anniversaire, et auprès de Xavier juste avant de repartir pour Yangon. Bien décidée à pratiquer dès mon retour donc !chaungta beach45

Le dernier pour la route en contrée asiatique est tout à fait capricieux, car il m’amène à sortir de l’aéroport pour quelques heures seulement pour recevoir un massage presque douloureux mais tellement bon, de la part d’une thaïlandaise, travaillant à l’étage d’un pauvre salon de massage, juste sous la fraîcheur relative d’un ventilateur, à la signalétique d’un panneau rose entre une banque ATM et un marchand de poudre de perlin pin pin et de figurines de bouddha… non vraiment je ne pouvais rien vivre de meilleur !

P1030810

Le massage… comme fil conducteur ?

lac inle

Habitudes birmanes 

« Mingalaba », chantant comme bonjour, n’est ce pas ? C’est comme ça qu’on a été accueilli sur le sol birman, un grand sourire tout rouge, plein de la couleur de la noix de bétel, qui tache et jonche le sol, craché par ses adeptes masticateurs.

P1020876Le visage enduit de poudre de thanaka (pour se protéger du soleil et en guise de maquillage), arborant le traditionnel longyi (sorte de jupe à nouer à la ceinture, aussi bien porté par les hommes que par les femmes), le birman se reconnaît entre tous.

P1020919Si vous ne manquez pas de curiosité vous testerez le mohinga du matin, ou sorte de salade de pâtes du petit déjeuner, et vous irez vous désaltérer au tea shop du coin, boire l’institutionnel chines tea, à côté des birmans qui jouent aux cartes en fumant le sheerot, cigare ô combien minutieusement roulé par les dextres mains des jeunes birmanes.

23Vous n’échapperez pas aux écrans de télé et au plus modeste match de la ligue anglaise. Le birman est profondément fan de foot : « you’re French ? » « yes I am » »do you know Zidane ?”, ben oui, forcément… et de décliner… Malula, Trézeguet, Henri…

Au moment de sortir vos (sans valeur) kyatts pour payer, « cézubé » sera plus qu’adéquat, avant de saluer par « tata » en partant.

Le tableau est loin d’être complet si je n’évoque pas les feuilles d’or, les clochettes, les bougies, les pèlerinages, les incantations, les défilés de moines aux robes pourpres et aux pieds nus… la ferveur birmane !P1020497

Et puis leurs sourires (est ce vraiment une coutume ?, là encore ça relève de l’institution !), leur gentillesse, leur bienveillance…

Et leurs coupures d’électricité !!!!!!

Tableau non exhaustif de ce que possède de particulier ce contrasté Myanmar haut en couleur !

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Les rencontres, de la difficulté de communiquer (parfois !…)

C’est un voyage touristique. Je suis donc amenée à en rencontrer, forcément…

En Thaïlande, quelques brèves rencontres : Steeve, le canadien.qui.cherche.une.chambre, Jean Louis, le français, qui s’étonne de me voir voyager seule, If, Wally, Aline…collègues de massage, Fabien, le marseillais dont l’avion a failli rester au sol pour 5cm de neige !

C’est au Myanmar qu’elles revêtiront un aspect tout particulier. Pas facile de communiquer en anglais sur le départ. J’essaie pourtant de me lancer avec ces banlieusards londoniens en lune de miel sur la route du rocher d’or. Puis dans le bus de nuit vers Inle… c’est étrange, elle est métisse, il ressemblerait bien à un français, mais ils parlent espagnol entre eux, et très bien anglais avec les birmans. Je perce rapidement leur secret, Paulina est mexicaine, Jean Baptiste, bordelais, ils vivaient à Londres, en honey moon eux aussi. Le mélange de langues est intéressant, compréhensible aussi…

Les anglophones ne font vraiment aucun effort, tout leur est du pour les comprendre, pour exemple cette américaine à Hispaw (je décroche, complètement larguée, je rentre dans ma bulle…).

Les allemands sont incroyablement performants en anglais, et très accessibles dans leur accent. Ainsi, je croiserai la route de Bettina et Henning, compagnons de barque d’Inle, de Philipe, au sourire ravageur et à l’accent détestablement américain, photographe professionnel, qui vit à Hong Kong, et de ce couple en tour d’Asie à vélo, de 1,95m pour lui, 1,85m pour elle, impressionnants d’enthousiasme et de bonheur à transmettre.

Dans les rencontres exotiques, un couple de slovène à Mandalay, Jödish, un suédois en mission d’éducation à Yangon, en vacances à Chaungtha, et deux jeunes filles russes enseignant leur langue à des militaires birmans en projet d’aller apprendre l’art de la guerre en Russie.

Dans les rencontres fortes, Daniel, le.suisse.allemand, sur le quai de la gare à Pyin Oo Lwin, tranquille compagnon de trek (plein d’humour) à Hispaw, bienveillant prenant en soin de mon ventre malade à Bagan, Phil, le.hollandais, troisième de notre petite bande, pâle, très pâle compagnon d’infortune à Bagan, Saliha, la.parisienne.de.st.étienne, de qui nous fêterons l’anniversaire face à la mer, à coup de rhum et de whisky coca, Isabelle, la jurassienne, à côté de laquelle je ne passerai que 3h à Mingun mais dont je me dirai « il faut absolument qu’on se revoie en France ! », Xavier, l’épicurien grenoblois, à qui le monde appartient depuis un an…

Sans oublier Lionel qui m’embarquera pour aller visiter des grottes à la tombée de la nuit, Paul, le Hollandais, à la maladresse charmante, Helmut, terriblement attentionné, Steeve, le gigantesque canadien…

Bien longtemps qu’un voyage ne m’avait pas donné l’opportunité de croiser de si nombreux destins. Dire que certains me mettaient en garde contre la solitude en voyage, ou projetaient, pire, un ennui certain sur ces 5 semaines… c’est mal connaître la richesse d’un voyage en solo, c’est mal me connaître tout simplement…

Dans l’ordre d’apparition : Xavier à Chaungta, Philippe à Bagan et Daniel à Hispaw…

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