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14 mai 2013 / avec1o

INDIA 2011

le quotidien

le quotidien

Etre…

Se mettre …

… en mode voyage. Je me suis surprise plusieurs fois à utiliser ces mots, beaucoup par la négation parce que trop de choses ne me permettaient pas vraiment de m’y mettre justement.

J’ai cherché définir mes congés. Je ne suis pas sûre d’y parvenir, même personnellement. Clairement ce sont des vacances, mais tout aussi clairement, pour moi en tout cas, je ne pars pas en vacances mais en voyage. Les congés payés ne suffisent pas à eux seuls à définir ce que je vais en faire comme étant des vacances. Bon, alors je pars en voyage, même si le temps imparti est court, je pars voyager. Ceci implique une espèce de conditionnement psychologique et je crois que ces dernières semaines de travail, ces jours de vacances accordés aux amis, ce week end parisien, n’ont pas permis de projection mentale de ce bref intermède indien. Alors je me retrouve la boule au ventre. Stress de l’inconnu ? De la non maîtrise ? Certainement, mais en même temps, comme une volonté presque exprimée de ne rien faire pour être en mesure de contrôler, et donc, de diminuer cette appréhension naissante. Se laisser porter, ne pas se laisser le choix.

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où je ne suis pas assez couverte...

où je ne suis pas assez couverte..

où il suffit juste de rester accroupi...

où il suffit juste de rester accroupi…

carnet de voyage inde 1

13 juillet. Les bains publics de Vashisht : au cœur d’un temple, avec séparation hommes et femmes.

quand l'appareil photos n'est pas permis<<

quand l’appareil photos n’est pas permis

Nul besoin de pagne, de paréo ou autre vêtement couvrant. Par contre la culotte est de rigueur et les photographies interdites. 5 à 6 femmes occupent les lieux, un garçon – en toute impunité compte tenu de son âge – s’amuse à glisser le long de la pierre rendue glissante par le savon.

On distingue trois parties :

1/ les contours du bassin : pas la place vraiment d’y tenir à 2. On y dépose ses vêtements et autres effets. On s’y assoit, on s’asperge, on s’étire, on s’y déshabille et rhabille. Des brots sont à disposition.

2/ le bain : il est difficile d’y rentrer directement, l’eau y est chaude. On dépasse de beaucoup les 40°C. Elle y est plus ou moins claire (ou trouble, c’est selon). Traces de particules en surface. Je ne suis absolument pas sûre qu’ils prélèvent régulièrement des échantillons pour les analyses. L’odeur y est forte, un peu pourrie, genre témoignant de la présence de dioxyde de souffre.

3/ le lieu où l’on se lave : après ces entrées en matière, il est temps de s’y laver. Quatre robinets qui dégueulent leur eau chaude – aux vertus multiples – en permanence. Un petit rebord bien utile pour y poser savon et shampooing. Au choix : de l’utilisation du brot pour se mouiller les cheveux, ou de savantes contorsions pour passer la tête sous un robinet trop bas… Maintenant, dé-transpirer avant de se rhabiller.

Etonnant de noter la conservation des vieilles femmes pourtant marquée au visage par le climat et la vie extérieure.

Non, les indiennes ne possèdent pas de lingerie affriolante.

A partir de quel âge les enfants mâles n’ont ils plus l’autorisation d’entrer dans ce lieu si confidentiel ?

Quels effets a donc cette eau ?

Que fait la chaine thermale du soleil ?

elles sont des dizaines à vaciller...

14 juillet.

–       Avez vous déjà vu un papillon aux ailes clignotantes ?

–       Avez vous déjà goûté du fromage de yak ? Bu du tchaï ?

–       Etes vous déjà passé derrière une cascade sans vous mouiller ?

–       Avez vous déjà testé le vin de pomme ? Le charas ? Au shilow ?

–       Connaissez vous le goût du cinnamonroll ?

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Cascade, Old Manali, Hadimba temple, Manali, Vashisht… tel fut l’itinéraire de la journée. Traversée de la rivière sur pont de bois, champs de riz, de pommes, de marijuana, d’hortensias, de chèvrefeuille, de datura. On aurait l’impression que tout pousse ici !!!!

Bonne fête nationale !!!!

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Les rencontres de Leh

1/  Une soirée qui commence mal, des refus et des réponses négatives à longueur de cette question : « would you have a room avaliable ? » et puis une insistance particulière à sonner à l’oasis guest house, et la proposition de 2 musulmans de nous céder la chambre d’un troisième pour la nuit. Seule contrainte pour cette chambre gratuite : attendre une demi heure. Il est 1h10, on n’est plus à 30 minutes près. Sauf que nous pourrons enfin nous allonger à 2h30, nourris de pain beurre et de tchaï par ces indiens du Cachemire plus qu’accueillants que nous recroiserons tous les jours devant leur boutique de bijoux. Instants réconciliateurs de cette arrivée difficile dans la capitale ladakkhie.

chorteins par dizaines...

chorteins par dizaines…contrôle final par l'armée

nuances de marrons d'ocre et de chaux blanche

nuances de marrons d’ocre et de chaux blanche grâce à elle notre épopée

2/  Premier jours à Leh et premiers momos. La salle est pleine. Nous sommes invités à nous joindre à la table de Martin, anglais, et d’Amit, indien, tous deux poètes, organisateurs de journées de lecture. Très beau moment littéraire, presque doux dans ce qu’il dégage. Echange de coordonnées, nous re rencontrerons rapidement Amit lors d’un petit déjeuner, et serons invités à cette fameuse journée justement. Manque de temps nous n’honorerons pas cette invitation mais de cette rencontre je garderai un vrai charmant souvenir.

3/  Enfin, cette chouette famille chez laquelle nous atterrissons au matin de cette fameuse nuit de squat. Ça sent bon l’encens chez cette famille là, le patriarche est un fervent pratiquant, sa femme (fille ?) très avenante, aux petits soins. Nous avons une chambre spacieuse, salle de bain séparée, pour la modique somme de 300 roupies. Il y a un autel, vrai petit temps bouddhiste. Soirée momos au mouton le soir de notre première virée en moto. Les enfants, les cousins, la famille éloignée est présente. Nous buvons allègrement du thé tibétain au beurre de yak. Grand moment d’humilité !

il regarde la télé, absorbé

il regarde la télé, absorbé

La Border Road Organization

–       Are you going to a party ? Why are you driving so dirty ? BRO

–       Drive, don’t fly. BRO

–       Peep peep, don’t sleep ! BRO

–       Whisky drinking, risky driving. BRO

–       Speed and safety never meet. BRO

–       You are never without geography. BRO

–       Blind curves, Blow horn. BRO

–       3 enemies of road : liqueur, speed and overload. BRO

–       I am curveleous, be slow. BRO

–       Safety on the road, safe tea at home. BRO

–       Better late than never. BRO

–       Wake early, drive slowly, reach safely. BRO

–       Life is short, don’t make it shorter. BRO

–       Helmet saves life. BRO

–       Speed thrills but kills. BRO

–       If married, divorce speed. BRO

–       Better been late, than skilled. BRO

–       Use dipper at night.

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27 juillet.

Il est parfois des heures plus longues que d’autres. Gueule de bois et bouche pâteuse au réveil. Une douche et un dernier petit déjeuner à la german bakery de Manali pour faire passer. Puis bains chauds une dernière fois. Contrairement à hier, il y a foule ce matin. Packetage et descente à Manali par le short cut. Je vérifie au guichet puis prends place. Au revoir et bon dernier mois à toi, le breton que je ne reverrai pas revenir de la poste… Le bus part bien – trop – à l’heure… je suis à côté d’une petite famille : un homme, sa femme, leur bébé. Le bus est plein, je suis la seule occidentale. Un arrêt long à

au petit matin, de ma terrasse et de mon thé!

au petit matin, de ma terrasse et de mon thé!

Kullu, très long, sans que je comprenne pourquoi. Il fait chaud à mourir, je transpire tout ce que je peux. Guerre de fenêtre avec  mon voisin de derrière. Toilettes au dernier moment, ce sera 10 Rp, voleurs ! Nous croisons régulièrement des motos de 2 personnes avec des turbans oranges sur la tête, et des mini processions sur la route. Quelque chose se passe, mais quoi ? Arrêt gare routière pour achat de chips. Après la barre chocolatée, les biscuits et les pommes, je continue dans le bon équilibre alimentaire. J’ai changé pour un voisin attentif, respectueux et bienveillant, ce qui est loin de caractériser tous les indiens. C’est heureux. Les heures passent sans que les kilomètres ne défilent. Toujours ces bouchons de Tata inexpliqués, ces arrêts réguliers pour monter ou descendre quelqu’un … arrêt repas sur une aire d’ « autoroute ». Pas de thali mais un sandwich et 2 barres de chocolat. Il fait nuit depuis longtemps déjà. La chaleur est insoutenable, on se rapproche de Dehli. Je suis moite, collante et poussiéreuse à souhait. Plus de voisin direct, j’arrive à allonger mes jambes et à trouver des petites phases de sommeil. L’homme aux cheveux oranges et blancs a migré vers l’arrière.

carnet de voyage inde 10Je suis la seule occidentale donc, un peu encombrante, un peu indésirable. Nous approchons de Dehli, les grands axes, la chaleur, la saleté, les lumières, la densité en témoignent. Les kilomètres défilent, plus de crainte de pouvoir manquer mon avion. Les yeux me piquent mais je ne peux les fermer. Le sommeil est pesant mais je ne dois pas baisser la garde. Les images sont violentes mais si je dois en témoigner, il me faut les assumer. Qu’a t il pu se passer hier ? Que sont venus célébrer ces gens aux turbans oranges, dormeurs de promiscuité ou zombis errants dans la banlieue de Dehli ? Les terre pleins des autoroutes sont saupoudrés de dormeurs sans abris, posés là, tels que, au milieu des éveillés errants, des vaches ruminant les plastiques et les autres déchets en tout genre, d’une circulation encore dense, des chiens faméliques… Des statues aux couleurs criardes sont fleuries de colliers fanés.

pointes de couleurs

pointes de couleurs

L’encens fume encore, les corps sont statufiés, collés les uns aux autres, endormis. Dehli est proche, on la sent vivre, on en sent l’odeur de crasse, la moiteur saisonnière, l’agitation maladive. Le bus s’arrête. Plusieurs options pour rejoindre l’aéroport. L’une, la plus simple, le touk touk, passe par une négociation presque facile. Je vote pour, c’est bien aussi quand c’est simple. Un bus pour changer de terminal, puis l’enregistrement. Ça y est donc, l’épopée s’achève… Avant cela, il y aura eu le shampooing au dessus de la cuvette des toilettes. Là non plus, ne pas penser. Le confort est à 15 heures de vol, bagatelle !

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2 commentaires

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  1. Cloarcs / Mai 14 2013 15 h 47 min

    Les dessins sont toujours aussi extra !! j’adore celui de la moto…ça rappel des souvenirs 😉

  2. brigitte / Mai 16 2013 19 h 15 min

    Vos aquarelles sont magnifiques….

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