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23 avril 2013 / avec1o

CAMBODIA 2005

cambodge 2 sans spirale

maison de Stéphane copie sans spirale

sans c'est comme avec... le confort en moins!

sans c’est comme avec… le confort en moins!

30 juillet 2005

Je suis ici, pourquoi ? Au départ, c’était un pourquoi pas qui s’est transformé en j’y vais. Pourtant il n’y avait toujours pas de réponse au pourquoi :

–       la mission : peu voire mal définie

–       l’association : pas très présente, confiance pas aveugle mais presque

–       le Cambodge : je ne connais pas, à priori même ça ne m’attire pas, mauvaise première expérience asiatique

–       le khmer : langue impossible à lire, sûrement à apprendre, l’anglais, comme toute française qui ne l’a pas poussé plus loin que ce qu’on nous apprend à l’école, il ne me sert à rien vu que celui que je connais est théorique

–       le système d’ONG et des missions humanitaires : je ne le connais que par ce que j’en ai lu dans le routard de l’humanitaire quand j’ai seulement eu vent de la mission, ce qui veut dire que je n’y connais rien.

Alors il y a quand même des raisons, non ? Sûrement qu’il y avait un ras le bol du CHU brestois, de cette routine, de ces hiérarchies inutiles, de ces examens de passage pour les nouvelles, sûrement. Et puis 6 mois, pas plus. Mais 6 mois quand même, j’en prends conscience tout juste maintenant. Et puis chef de projet , un peu chef, alors ? Impossible en France, donc ça c’est un bon point. Enfin, ce qui fait tout basculer, ce qui donne tout l’importance à cette annonce, puis à cette projection et enfin à ce projet c’est que tout ça se passe près des enfants. Rééducation en néonatalogie, chirurgie pédiatrique… ce qui me plaît le plus, les bébés, les grands enfants, les moyens, tous…la fine équipe... Sophea, Ravuth et Vann

Etait-ce suffisant ? C’est le premier week end seule, 4 jours que je suis en autonomie de Karine. Elle m’a fait rencontrer pas mal de monde, tant locaux, qu’expats que touristes. Je perçois des choses, c’est assez flou encore. Ma première impression est que faire de l’humanitaire au Cambodge n’est pas comme faire de l’humanitaire ailleurs. J’annonce le chiffre de 180 ONG sur le sol khmer en espérant ne pas me tromper. En tous les cas une chose est sûre c’est le pays qui en compte le plus. Après avoir été colonisé puis sous dictature, il est de nouveau envahi par une multitude d’organisations et d’associations toutes de la meilleure volonté qui soit. Malgré tout, des remarques telles qu’ « au Cambodge les gens restent ou y reviennent car il n’y a qu’ici qu’on peut tout se permettre, il n’y a pas de limites » amènent à réfléchir. Ici tout s’achète, rien n’est question de capacités mais de dessous de table. Comment faire valoir des qualités humaines, des compétences techniques, savoir être, savoir faire ? Je m’éloigne un peu du sujet parce qu’au départ je voulais parler des étrangers, de leur rapport au Cambodge. J’ai pu rapidement rencontrer plusieurs catégories. En commençant par les touristes, ils passent rapidement à Phnom Penh qui présente en effet à vue de guide du routard, petit futé ou autre bouquin d’infos, peu d’intérêts plus de trois jours. Je m’imagine être comme ça quand je voyage mais c’est plus flagrant quand on observe sans être dans la situation. Ils sont là, et ça se comprend, pour en voir et en réussir le maximum, ils râlent quand il pleut, quand, après avoir discuté avec les autres routards ils n’ont pas choisi la bonne ville, pas la bonne compagnie, ou paient trop cher leur guest house. Les vacances doivent être rentabilisées. Je sais que j’ai été dans ce cas là, que je le serai encore mais pour le moment il m’est difficile de le comprendre, enfin dans l’immédiat j’entends, je n’ai pas trouvé suffisamment mes marques.apart face sud copie sans spirale  apart face ouest copie sans spirale

Pour ce qui est des expats, voilà ceux que j’ai rencontrés :

–       les temporaires, qui font leur taf mais profitent à fond d’être ici. Prétexte du travail ou occasion d’être bien ailleurs ?

–       les permanents qui se croient fondamentalement indispensables. J’ai pourtant dans l’idée que ce pays a besoin qu’on le laisse tranquille

–       les récidivistes de l’Asie du Sud Est et de ses ONG, comme si ils transportaient une instabilité dans une autre région du globe, celle-ci semblant quand même en être une particulièrement attirante étant donné le nombre impressionnant de fois que certains y sont venus.

Je fais partie des temporaires. Alors quoi, profitons en. Le truc c’est que je suis venue pour le travail, que vivre dans une capitale asiatique est loin de m’enchanter et que ma famille et mes amis sont à des milliers de kilomètres de moi. Une fois que j’aurai réussi à oublier tout ça, à le mettre un peu de côté, alors peut être que je m’autoriserai à ne pas passer à côté de certaines choses. C’est encore trop tôt. Et puis si ce n’est pas pour maintenant, on a toute une vie pour ça.

balance aux urgences PENTAX Image PENTAX Image

25 juillet 2005

Aujourd’hui c’était le deuxième contact direct avec la décharge, au cœur même de son activité car vendredi nous n’avions fait que l’apercevoir. Nous sommes arrivés en espèce de « camion », c’est l’infirmerie mobile. Il y a la climatisation, du moins un semblant. La route pour parvenir à la décharge est de terre, de nids de poule, de pierres. Vathanak maîtrise la conduite. On peut maintenant la voir, des hommes et des femmes la surplombent, nous on la contourne. Et puis Karine me dit : c’est là. Un « village » sur la gauche, des cabanes en bois, pour la plupart surélevées, sur pilotis. Des plastiques brûlent ou gisent par centaine par terre, ou flottent sur l’espèce de mare dégueulasse derrière les cabanes. Des roues sont entassées par dizaine. L’odeur est difficilement supportable, la chaleur et la moiteur sont suffocantes. Appareil photos en mains je sors accompagnée de Karine nous allons voir l’activité de la décharge. Des « peseurs » de déchets sont sous leur parasol, la balance est prête à supporter les kilos de détritus triés sur cette montagne d’ordures. D’après le directeur de PSE, elles sous pèsent de pratiquement 50%. Il pèse 75 kg, 45 kg seulement s’affichent à l’aiguille de la balance.  Même dans la misère la plus extrême on continue de profiter de ces ramasseurs d’ordures, certains pieds nus sur les immondices. Quelles maladies véhiculées par les mouches, les vers, les cochons, les fermentations d’ordures ?… En remontant sur la gauche on accède au cœur du ramassage des déchets. Un « bar », une « alimentation », 2 caisses de bois au milieu d’une odeur pestilentielle, dans la crasse la plus profonde. Les enfants sont quasiment nus, les adultes portent le krama autour de la tête et sur le visage pour se protéger du soleil et des fumées. Il fait une chaleur…

Copie de pieds et poings liésLe village est dépourvu d’eau, il est approvisionné par un transporteur de bidons de 30 litres. Ici l’eau courante coûte 600 Riels le mètre cube. Le vendeur l’apporte pour 500 Riels les 30 litres. Exploitation inhumaine des pauvres. Il faudrait 100 litres à une personne par jour pour assurer ses besoins d’hygiène, d’alimentation, d’hydratation. Ils n’en reçoivent que 30 litres pour 5 à 6 personnes. Les gens sont sales à l’extrême, ils vivent dans la crasse. En consultation Vathanak soigne des problèmes de maux de tête, diarrhées, fièvre, plaies, bronchites, neuropathies alcooliques, toux… Karine me parle des problèmes de malnutrition, l’anémie est archi fréquente. Un enfant dans les bras de sa mère est détecté comme bronchiteux chronique, il est ausculté, on entend des ronchis.frère et soeur

La kiné respiratoire est réalisée dans le camion. Il fait une chaleur à mourir. Karine l’a déjà vu, la maman connaît déjà,  pas besoin de lui ré expliquer. Il pleure, mes mains glissent sur lui, des gouttes perlent sur mes avants bras, je dégouline du visage. J’ai rarement autant transpiré. Il tousse gras, se dégage, avale. Vathanak distribue ses médicaments. Cet enfant aurait besoin d’être vu tous les jours mais pas de moyens. Quel constat déplorable de traitement symptomatique trop ponctuel. Même Vathanak en exprime une sorte de désillusion. Il n’a pas le droit de soigner les adultes, ils doivent normalement se rendre à l’hôpital. Mais comment refuser, ils sont dans un tel dénuement.

la paillote Sophea

Un vieux monsieur vient me chercher pour constater l’état de santé de sa femme. Il est maigre au possible, elle se traîne sur les genoux. Ma photo sera témoignage, je ne peux rien faire de plus. On ne peut rien faire de plus. Quelle horrible vision du monde actuel.

 

 

 

Consultations du Docteur Vuthy

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 Sorya : confection d’une orthèse de mise en position debout, en maintien de hanche en rotation interne pour lui permettre d’augmenter le poids sur le membre inférieur gauche : augmentation de la force musculaire.

Etude de radios d’une patiente de 17 ans. Problème depuis 2 ans au niveau du rachis avec étiquetage cyphose scoliose, mais la qualité osseuse est louche, les poumons pas clairs… Suspicion de tuberculose. Sur la radio on distingue nettement le cœur, la trachée et les 2 bronches. La colonne marque une rupture en T10 T11 avec une vertèbre blanche et un disque vertébral très flou.

 Petite fille de 12 ans : la main droite est passée dans une roue de presse de canne à sucre. Les 2ème , 3ème et 4ème doigts sont touchés. Perte de substance des interphalangiennes proximales du III  avec arthrodèse consécutive (plus d’articulation). Espèce de bouton de peau sur cette IPP du III, suspicion d’ostéite par le Dr.. mais il n’a pas le compte rendu opératoire donc ne se précise pas. Essai de rééducation de 6 semaines, il refera le point ensuite. La peau est orangée. Substance issue d’une racine. Se met sur la peau des jeunes filles au moment de la puberté contre le noircissement de la peau. Jeune fille vive souriante, belle, intelligente. Votey, droitière contrariée par cet accident.

Petite fille, avec bi genu valgum (majoré à gauche). Maladie de Lung ( ?), maladie de croissance. Comparaison de radios pour savoir si c’est pire ou non, auquel cas, intervention chirurgicale sur le noyau d’ossification (épiphysiolyse d’un côté car l’autre ne se développe pas).méningite

Problème de hanche. Fracture ancienne du col fémoral. Nécrose de la tête. La marche est subnormale. Petite douleur, début d’arthrose ? Pas de traitement immédiat. A revoir dans 2 ou 3 ans, surveillance seulement. Le docteur évoque l’évolution du pays et la possibilité pour elle de subir une arthroplastie par la suite. Elle peut marcher 100 mètres sans douleur. La semaine prochaine, un docteur espagnol vient pour traiter les problèmes de hanches dans tout le pays. Srey Mao Yorn qui me fait des bisous, me prend par les épaules, colle sa joue sur mon épaule, la fraîcheur de ses doigts sur la moiteur de mon corps.

Petite fille, problème veineux. Varices sur tout le membre inférieur droit, le pied ++. Le docteur Vuthy comprime son pied, le vide de son sang, impressionnant ! Cela se situe sur les veines externes surtout. C’est douloureux.

Evocation d’une chirurgie de plastie du pied mais pour ça, voir avec les spécialistes du vasculaire car elle n’a que la peau sur les os si l’on enlève le sans, il n’y a pas de chair. Il ne sait pas si c’est superficiel ou profond. La maladie a démarré quand elle était toute petite (congénital) par le talon d’abord, c’est remonté en grandissant.

Traumatisme de hanche bénin. Douleur sur le quadriceps exacerbée à la rotation interne. Rhume de hanche.

PENTAX Image Orthèse de membre inférieur droit articulée au genou. poliomyélite avec problème de kyste douloureux sur le coup de pied, sûrement du au frottement : excision, curetage pour nettoyer.PENTAX Image

PBVE bilatéral. Spina bifida oculta. Bras plus court à gauche qu’à droite. Pas de flexion des genoux. Marche sur le bord externe des deux pieds. Formation d’un cal d’appui. Deux possibilités : opération maintenant ou à la fin de la croissance : arthrodèse. Il n’y a pas de traitement dans l’immédiat, juste une surveillance. A revoir tous les ans. Question de quoi faire du genou du coup ?

 

 

25 septembre 2005

Battambang,

L’idée a été lancée par Sophie, l’idée de la forme du moins. Week end prolongé du 24 septembre. Je n’ai pas bien compris ce qui se passait, juste que les cambodgiens vont à la pagode offrir à manger aux bonzes pour leur salut et qu’ils récupèrent lundi le jour férié de ce samedi.pfum ben, boui boui absents copie sans spirale

Double précaution à la gare de Phnom Penh, juste pour être sûre que ce 24 septembre le train part bien. 6h20, c’est son heure de départ. Alors j’arrive à 5h55, je voulais voir, prendre le temps, et puis peut être pas très sûre d’avoir bien compris.

Direction le guichet, je paie le prix étranger 16440 Riels (16500), un petit tour aux toilettes en dehors de la gare (Stéphane m’a affirmé qu’il n’y en avait pas dans le train) et puis je vais à la rencontre de ce fameux train. Wagons en bois, avec sièges, certains sans, voitures de marchandises…. J’achète mon petit dèj., un pain, deux œufs durs, j’ai avec moi trois petites bananes. Ça devrait aller. Deux jeunes phnom penhois m’abordent en anglais. Ils montent à Battambang développer une association pour enfants défavorisés (encore une). C’est leur première fois en train, ils vont rester là bas environ trois mois au départ. Ils ont de bonnes têtes, je décide de leur faire confiance, prends mon appareil photos et leur laisse mon sac pour visiter notre moyen de transport. Il se compose d’une locomotive, de trois wagons de marchandises dont un n’est qu’un plateau sans toit, de trois wagons avec sièges, d’un dernier wagon avec sièges aussi mais plus délabrés et dans lequel sont aussi entreposés de gros chargements. Et tout au fond de ce dernier wagon, ô miracle, des toilettes ! Bon, c’est vrai, ça ferme à peine, c’est à la turque directement sur les rails les gens nous voient quand on passe à côté d’eux, et il y a des cafards… mais au moins je vais pouvoir boire et ça c’est plutôt une très bonne arbre d'ombrenouvelles. On va successivement passer par Toul Kork, pas loin de l’hôpital, par Pochentong  et puis après je ne connais plus mais les gens me parleront de la province de Kompong Chhnang et puis Pursat… jusqu’à l’arrivée finale (quelques 15h de train ( de 6h30 à 21h30) , un record pour moi, pour un train sans changement). Les premières images sont celles de la ville, sous son aspect pauvre, des maisons en bois qui longent la voie ferrée, une piste en terre qui la suit, des gens qui se lavent, attendent, mangent, sont à vélo, regardent le train passer, des femmes qui allaitent, des enfants qui jouent…. Déjà je me suis faite alpaguer par de jeunes étudiants en quête d’améliorer leur anglais (les pauvres, ils sont tombés sur moi !). Il faut dire que je suis la seule blanche du train. Les questions s’enchaînent : prénom, âge, profession, motivation d’être ici, durée du séjour, statut familial, impression de leur pays ? Et de me raconter leur vie à eux, leur école, leurs passe temps, leur amour de l’anglais…. Au bout du troisième, j’en ai marre, d’autant que le premier vient voir si son collègue a fini pour réenchaîner. Alors je m’invente une fatigue soudaine pour qu’on me laisse tranquille. Les paysages de rizière ont succédé aux tableaux citadins. C’est encore la période du repiquage du riz. Nous traversons des milliers d’hectares de ces champs de riz aux verts tendres et vifs, différents selon la maturité. Les gens qui y travaillent sont archi couverts, les pieds dans l’eau de ces rizières, parfois seuls, ou en couple, ou encore en groupe. Parfois les bœufs les aident à tourner la terre. Des petites fagots de plants de riz ponctuent ces étendues vertes homogènes. A 10h30 des vendeuses sont entrées dans le train avec brochettes de poulet, cuisses de grenouilles, bœuf, abats… ?, du riz, du prahok. Avant il y avait eu les cacahouètes. Et tout comme pour les arachides, puisqu’il y a, on achète, c’est que c’est l’heure et ce sera donc ça au menu. Moi je laisse filer, trop tôt pour mon estomac. Il me faudra donc attendre 14h30 de pouvoir retrouver une nourriture consistante à savoir 4 grenouilles farcies, un pain et deux patates genre patates douces mais violettes. Un délice. Et puis les heures filent, la montagne est apparue, enfin les collines, la végétation s’est tropicalisée, moi j’ai attaqué mon livre. Ma lecture est fréquemment interrompue par la visite non souhaitée de ces cambodgiens anglophiles. Les filles sont plus subtiles. J’en rencontre deux, Sona et Srej Tun qui me proposeront peut être un déjeuner à Phnom Penh ; Sona est enceinte de quatre mois, tout ça en khmer. Et puis trois petites jeunes de l’école des autres, toutes jouasses de mon mauvais khmer, qui prennent mon numéro de téléphone. Peut être….

le bokor sans spiraleL’alchimiste est fini, les rizières sont réapparues, le jour tombe. J’y pense… quelles heure est il en France ? coup de téléphone magique au milieu des lucioles qui accompagnent le train. Féerie lumineuse, elles concurrencent les étoiles, scintillements par dizaines dans cette nuit claire. Magie de vers luisants… jusqu’à notre arrivée à Battambang. Les deux dernières heures auront été les plus longues, la fatigue trop importante. On m’a fait changer de place, le train balançait comme jamais, j’avais mal au dos, presque froid, sommeil, mal aux fesses, et pourtant j’avais conscience d’avoir vécu une journée inoubliable. Maintenant la parole est aux photos.

 

30 août 2005

Ça fait un moment que je pense écrire dessus… les footings du matin. Bien entendu, dans mon sac, entre la paire de tongs et celle de chaussure tout terrain, il y avait mes runnings, sans aucune certitude cependant que j’allais pouvoir les utiliser à bon escient. Et puis j’avais deux tenues couvrantes, parce que j’allais en Asie. Là encore c’était peut être du poids en trop.

J’ai du tester le deuxième jour de mon arrivée au Cambodge, de bonne heure parce qu’on avait rendez vous de bonne heure avec Karine. Je suis allée explorer les alentours du stade olympique. Une demi heure, je n’ai pas pu faire plus. J’ai poursuivi le surlendemain, et puis une seconde d’inattention m’a été fatale, j’ai trébuché et me suis étalée de toute ma longueur au sol. Mâchoire serrée pour ne pas montrer que j’avais mal, je réalisais combien c’était stupide de ma part, les mains écorchées ainsi que le genou droit, en contact direct avec la saleté permanente, la maladie à l’hôpital… d’autant que je n’étais vraiment pas fière d’avoir ainsi baissé ma garde au passage de cet obstacle.

Et puis je suis allée errer dans les rues de Phnom Penh, essayer de découvrir des endroits arborés, des sols meubles, une circulation moindre. Une chose devenait certaine, après avoir bravé la chaleur de fin d’après midi, le réveil allait sonner très tôt mais il était impossible de courir dans la journée donc ce serait forcément avant le travail, au lever du soleil, soit à 5h30.PENTAX Image    PENTAX ImagePENTAX Image

Ainsi s’est organisé mon programme de course, j’avais entre temps appris l’existence du semi marathon de Siem reap entre les temples d’Angkor, début décembre :

carte officielle semi marathon

–       lundi : fractionné 1’ / 4’ x 8 sur la piste du stade (52’)

–       mardi : endurance, 6 grands tours de stade (58’)

–       mercredi : balade à Phnom Penh (55’)

–       jeudi : re-endurance : re- 6 grands tours de stade (58’)

–       vendredi : côtes enfin côtelettes, 3 grands tours de stade agrémentés de 2 montées de la rampe d’accès à l’étage supérieur et d’une série de marches, là encore pour accéder en haut du stade (42’)

 

–       samedi : balade longue dans Phnom Penh (1h)

–       dimanche : au gré du vent, re-programme de vendredi, footing accompagné, VIP, essai de piscine olympique (une fois, pas 2, ma tenue occidentale était profondément indécente, à refaire mais alors habillée, et puis ça n’est pas le sujet puisque ce sont les footings dont il s’agit) ou rien, c’est arrivé aussi, rarement mais c’est arrivé.

 

PENTAX Image PENTAX Image PENTAX Image

Si on parlait Cambodge ?

La langue :

–       tchombriersoue : bonjour poli

–       tchombréblie : au revoir poli

–       okoune : merci

–       mouille : un

–       pi : deux

–       bèye : trois

–       boune : quatrecarte d'étudiante

–       pram : cinq

–       sok sabaye : ça va ?

–       tcha : oui pour les filles (je ne sais plus pour les gars !!!)

–       até : non (il suffit de faire la marionnette avec la main droite pour que ça dise non, c’est pratique quand les moto doubts vous assaillent de partout, ça évite d’avoir à crier ou à répéter 20 fois la même chose)

–       laa na : c’est beau

–       chnaïgn na: c’est bon

La monnaie : le Riel. De mon temps 4000 Riels pour 1 dollar. La monnaie se change autour des marchés, ce sont généralement les chinois qui font ça. Il y a des sortes de petites vitrines extérieures, avec des panneaux jaunes dessus. Hyper facile. C’est là. Le Riel, comme en Birmanie sert pour les achats cambodgiens.  Pour les transports et les guests, c’est en dollar.nothing

Les motos doubts, ou moto taxis :ils portent en général des casquettes, ils sont à chaque coin de rue, ils parlent rarement anglais, ne comprennent pas tout mais ne vous le diront jamais, il vaut mieux connaître votre direction donc, sachant qu’en plus ils ne savent pas lire sur une carte. La solution alternative est le touk touk, qui peut transporter plus de monde à la fois. Toujours fixer le prix avant la course.

Ce qu’on y mange :

–       du pain : c’est une ancienne colonie française, il y en a donc partout. Il y a même parfois de bonnes pâtisseries

–       des sandwichs : vous verrez ça dans des petits étales ambulants, où il a de la charcuterie, des pousses de ciboulettes, des petits concombres. Le pain est non visible, il est au chaud en dessous. C’est très bon, une bonne solution d’en cas ou de restauration rapide, à tester

–       sur les marchés : les insectes, les œufs couvés, et puis plus soft, toutes les gourmandises au riz gluant et au lait de coco, en feuilles de bananier. A prendre aussi le petit déjeuner (non compris dans le prix des guests), avec notamment de très bonnes salades de pâtes blanches + nems +germes de soja + bœuf + cacahouètes… un délice

–       le fish amok, spécialité du Cambodge, très variable en fonction des restos

–       et puis après, grands classiques de la nourriture asiatique : riz et pâtes frits, soupes…

A Phnom Penh

–       le nouveau pho de paris : resto vietnamien avec choix des plats en photos, pour des repas à partager, avec dessert offert

–       coin des restos thais, avec une préférence pour le cadre et la qualité de la bouffe pour le Ban Taai

Quant à ce qui m’a plu, ou ce qui peut être intéressant de voir :

–       Phnom Penh :

  • Pour les curieux de l’histoire Pol Potienne, S21, le musée, et Killing fields pour en rajouter une couche. Perso le école des beaux arts copie sans spiralemusée m’a plus que chamboulée, les champs de la mort m’ont laissée plus neutre
  • Stade olympique le soir entre 16h30 et 18h.. tou tou you tou sur fond de coucher de soleil, atypiques images
  • Musée national et palais royal (attention, si vous y allez les épaules nus, il vous faudra acheter un tee shirt, même les écharpes ne suffisent pas, à prévoir donc), des grands classiques
  • Le musée toul tong pong, pour les souvenirs, le marché central (psah thmèy) pour son architecture et les souvenirs, le marché o russey pour les cambodgiens (bouffe et produits de première nécessité)
  • Un film au CCF le we ( samedi et dimanche 18h30 ?, plus bien sûre…)
  • (…)

–       Battambang : pour ses cours de cuisine (cf le lonely à « melting pot ») sur une matinée. Prenez la précaution d’appeler avant ou de passer, c’est souvent plein. Pour son cirque phare ponleu selpak, perdu au fond d’une petite route de campagne à la sortie de la ville. Les gens connaissent en général. Pas de représentation tous les jours mais ils ont un site internet avec la programmation. Ça vaut vraiment le coup, c’est d’une très très grande qualité. Possibilité aussi d’y aller dans la journée voir les jeunes répéter, ou les autres ateliers d’art (dessin, musique, danse…)

–       Kampot : le bokor, par les guests très facile, il loue des packs à la journée, vous serez dans un pick up avec 8 autres touristes certes, mais vous découvrirez un site bien particulier, un peu fantomatique, chargé en histoire. Il est peut être maintenant possible d’y dormir, ils étaient en train de construire un hôtel en 2007.

–      ile du lapin copie sans spirale Kep : en logeant à kampot, en moto louée. La route est jolie, Kep est une ville sinistrée, mais on peut y prendre un bain chaud, et manger de délicieux calamars grillés et autres spécialités de la mer au marché aux crabes !

–       Jolie route entre sihanoukville et kampot, se fait souvent en taxi.

–       Sihanoukville : pas grand chose, sinon le parc de Ream, à organiser avec la guest, possibilité je crois de faire des treks sur plusieurs jours et des sorties en bateau. A sihanoukville, possibilité de se baigner, de se faire épiler au fil sur la plage (j’ai testé, ça marche !) et de manger des fruits de mer. Mais l’eau, si elle est chaude, est nettement moins belle qu’à chaungta, encore moins qu’à nwe saung !pass angkor

envahissantes racines

–       Siem Reap : les temples ! à faire en vélo, pas moins de trois jours, à se perdre dans les petits chemins, à se poser. La ville ? touristique au plus haut point. Ne pas hésiter à ne pas aller en plein centre compte tenu de la fréquentation blanche et de la reproduction de nos besoins de consommation (c’est kao san en un peu moins pire). Il ya aussi les artisans d’angkor à aller voir, ils vous font la visite en français (fabrique de soie à 12km de la ville, atelier bois et pierre dans le centre)

–       Réserve de Prek Toal : cher, 60$, journée organisée par osmose (ils ont un site sur le net). On passe la journée sur un bateau, à se balader dans les villages flottants, à voir et déranger les oiseaux, à côtoyer les crocodiles

–       Kirirom : sur la route entre phnom penh et sihanoukville. Pas bien facile d’y accéder, sauf si vous êtes motard, en louant une moto à phnom penh, ça doit faire 2h30 de route, plus une demi heure à partir de la route principale. On se retrouve en forêt, pas grand chose à faire sinon des balades, je ne crois pas qu’il y ait des treks organisé, alors il faut explorer soi même, car à moins d’avoir chopé une carte détaillée de la région (je pense qu’il y a moyen dans les librairies de monivong à pnp, moi je ne l’avais pas fait), vous n’aurez pas de carte sur place. A savoir, les chambres sont à 20$, pas moyen de négocier là haut. Il y a moyen de manger à l’hotel, là encore, les prix sont un tout petit peu élevés

–       Mondolkiri : dans le nord est du pays. Une terre rouge, des enfants qui font voler des cerfs volants sur une ancienne piste d’aterrissage, des balades à pied à faire (peut être même des treks sur plusieurs jours avec les guests), des balades à dos d’éléphant, des cascades (à mon avis pas beaucoup d’eau en ce moment)… du repos

 

11 commentaires

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  1. Maud / Mai 1 2013 2 h 11 min

    Génial ! Tu m’étonnes que ça t’a pris du temps, c’est … long ! En tous cas, c’est super intéressant, c’est certain que nous allons essayer de venir te voir lors du prochain voyage.

  2. laurent jannet / Mai 1 2013 13 h 05 min

    C’est trés trés bien !

  3. laet / Mai 6 2013 16 h 26 min

    Enfin, il me tardait de te lire et de contempler tes croquis….quelque chose me dit que ce n’est que le début d’une autre grande aventure!

  4. pauline12 / Mai 7 2013 20 h 48 min

    j’adore tes photos on s’y croirait presque. Ça donne des frisons de voir ces petits bous de choux, ces paysages… Je te fais de gros bisous. A très vite

  5. Fabien FERRARI / Mai 16 2013 7 h 00 min

    Bravo! Et pourquoi pas un livre?

    • avec1o / Mai 16 2013 19 h 40 min

      Merci de cette confiance… Pourquoi pas en effet, peut être sur le futur grand voyage. En tous les cas, il me plaît de transmettre, il me plaît de partager, il me plaît d’avoir vos retours. Merci encore… Ne vous arrêtez pas là en tous les cas, il va y avoir encore des surprise. Lors de la prochaine destination, je rajoute une dimension sonore…

  6. Virianne / Mai 21 2013 22 h 41 min

    Genial Lorette.. Que d’emotions Et de souvenirs.. Tu Es vraiment douée Et je suis fiere de te connaitre

  7. avec1o / Mai 23 2013 17 h 07 min

    c’est que ton pays est beau Virianne… je te promets de tout faire pour qu’on se voie avant de partir

  8. Michael / Juin 2 2013 21 h 44 min

    Bonsoir Lorette,

    c est un blog superbe… plein de sincérité, d émotion et de …couleurs !
    j ai eu grand plaisir à le parcourir … quelles richesses … d expériences… !

    A très bientot
    Michael
    (le badiste arbreslois …rencontré sur le tournoi de Roanne … le 2/6/13 !-)

    • avec1o / Juin 2 2013 22 h 05 min

      Merci… tout reste à venir!
      au plaisir

  9. avec1o / Déc 6 2013 13 h 54 min

    Salut Xavier, qu’elle surprise d’avoir ce petit mot! Et quel plaisir!!
    T’inquiètes, il n’est pas prévu que j’arrête, il y a encore bien des choses à venir et donc à raconter… Notamment ce passage par Shanghai chez Dom et Marion!
    Et toi, et vous? Comment allez vous? N’hésite pas à m’en dire un peu plus, c’est avec plaisir que je te lirai.
    Je vous embrasse tous les 5 bien fort…
    Lorette

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